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Impact des sondages d'opinion sur les élections
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 11 - 2014


Par Ezzeddine MBAREK*
Certains politiciens et même les gens ordinaires crient en disant que les résultats préélectoraux peuvent influencer le scrutin et réorienter l'opinion publique et demandent purement et simplement de les interdire et de faire taire les instituts de sondage au moins pour une période raisonnable avant le jour du scrutin (un mois par exemple). Certaines autres personnes ne croient même pas aux sondages d'opinion et aux statistiques alors que c'est une pratique courante dans les pays démocratiques. Cette technique encore peu utilisée en Tunisie, surtout pour prédire des résultats électoraux, cherche actuellement à trouver une place sur la scène politique d'après-révolution. Il est encore très tôt d'évaluer cette nouvelle aventure sur la base d'une courte expérience qui s'avère prometteuse eu égard aux dernières estimations relatives aux élections législatives. Cette technique non encore bien comprise par les politiciens et les électeurs pose tout de même le problème de la neutralité en ce sens qu'elle pourrait influencer l'opinion publique. En outre, elle pourrait aussi faire l'objet de manipulations politiques pour le compte de certains partis ou de puissances étrangères ou être sous l'emprise des influences, surtout pour une démocratie naissante en période de transition. Quant à la crédibilité des résultats prédits par les sondages d'opinion, on la juge par comparaison avec les résultats réels après scrutin quoiqu'il soit permis en statistique d'accepter une marge d'erreur ne dépassant pas en général le seuil de 5 %.
Les sondages
Ce sont des techniques statistiques utilisées pour collecter des données sur un sujet particulier, et ce, à partir d'un échantillon dont la taille est très faible par rapport à celle de la population de référence. Le gain en temps et en argent est considérable sans pour autant perdre beaucoup au niveau de la précision quant aux résultats réalisés. L'extrapolation des résultats au niveau de la population mère est possible si on a bien choisi l'échantillon. Les deux méthodes exigées pour arriver au but souhaité sont :
- Méthodes aléatoires : qui nécessitent l'existence d'une base de sondage pour pouvoir sélectionner les individus à enquêter comme le sondage aléatoire simple, le sondage stratifié, etc.
- Méthodes empiriques : qui sont guidées selon un choix raisonné. La méthode la plus utilisée s'appelle la méthode des quotas. Elle se base sur des proportions en effectifs compte tenu de certains critères ou variables comme le sexe, l'âge, la CSP, etc. C'est un échantillon représentatif de la population à travers des quotas à respecter au moment de l'enquête. C'est la méthode la plus utilisée en sondage d'opinion : coût faible (ne nécessitant pas un plan de sondage), très pratique (grande liberté pour le choix des répondants), etc.
L'opinion publique
En politique, l'opinion publique, c'est-à-dire l'attitude de la population et en particulier les électeurs potentiels, constitue une donnée fondamentale pour les politologues et les gouvernants.
C'est une notion assez vague et peu saisissable d'une manière quantitative puisqu'elle entre dans le domaine du comportement et de l'intention. C'est en quelque sorte une agrégation des attitudes individuelles envers un sujet proposé à un moment donné. Cette opinion publique varie constamment d'un moment à l'autre sous l'effet de plusieurs phénomènes et contraintes. Les sondages comme les médias peuvent l'influencer et l'orienter et la manipuler via un jeu de rapports de force mis en place dans la société (certains auteurs pensent en ces termes).
Les sondages d'opinion
Ce sont les sondages de type plutôt empiriques en suivant la méthode des quotas auprès d'un échantillon de faible taille (quelques milliers) et en prenant comme critères pour les quotas : le sexe, l'âge, la catégorie socio-professionnelle (CSP), le revenu moyen, le milieu (urbain, rural). Ils sont utilisés pour mesurer l'opinion ou l'attitude de la population relative à un sujet donné comme le résultat attendu d'un scrutin électoral par exemple. Dans les pays démocratiques comme les Etats-Unis d'Amérique ou l'Europe, cette pratique est très courante malgré les vives discussions et commentaires dans les médias. Les premiers sondages représentatifs remontaient déjà à 1935 aux USA publiés par l'institut fondé par George Horace Gallup. En France, Jean Stœtzel a créé en 1938 l'Institut français de l'opinion publique (Ifop). La création des instituts de sondage d'opinion est corrélée avec l'avènement de la démocratie et de la liberté d'expression. En effet, c'est dans cette ambiance que les gens ordinaires peuvent donner leurs avis sur les affaires publiques et influencer les décisions des gouvernants. Certains pensent en ce sens que les sondages d'opinion et en particulier les sondages d'affaires publiques renforcent la démocratie.
D'autres pensent que les sondages d'opinion augmentent le pouvoir de la classe dirigeante à travers le maintien de l'illusion et du mensonge que le peuple est aux commandes. La question fondamentale se pose alors au niveau de l'honnêteté des gouvernants et de leur attitude réceptive pour rectifier les politiques contestées ou gouverner autrement.
Les sondages préélectoraux
Ce sont des sondages d'opinion qui sont réalisés au moment des campagnes relatives aux élections législatives, présidentielle et municipales. La question fondamentale posée est la suivante : les sondages d'opinion préélectoraux ont-ils un impact positif ou négatif sur le résultat attendu des élections? Encore une fois, les discussions qui sont très vives sur ce sujet sont partagées entre deux tendances.
Certains pensent qu'ils ont un effet négatif sur la participation des électeurs aux votes puisque les résultats sont connus d'avance et on ne peut rien changer (le sondage constitue un référendum), surtout si les écarts sont importants. Par contre, si les écarts sont serrés, la participation des électeurs aux votes sera grande (mobilisation intense). Les sondages électoraux inciteraient également les électeurs indécis à voter pour le candidat qui est en avance dans les sondages (effet bandwagon), ce qui pourrait nuire à la démocratie. Pour François Pétry (2011) comme pour d'autres auteurs : «D'une manière générale, les effets mobilisateurs et démobilisateurs de la lecture des sondages s'annulent mutuellement de telle sorte que l'effet net est faible». De ce fait et surtout pour les démocraties stables et enracinées, la participation électorale semble peu affectée par les sondages préélectoraux. De même, des recherches faites au Canada ont montré que l'effet bandwagon est rarement observé, ce qui ne justifie pas l'interdiction de la publication des résultats des sondages d'opinion avant le scrutin.
Les sondages d'opinion et la démocratie naissante
Les grands vrais dangers qui guettent la démocratie naissante ou émergente, comme le cas de la Tunisie, sont les groupes d'influence et le manque de confiance entre le peuple (surtout les jeunes) et les partis politiques et les gouvernants.
Les groupes d'influence qui disposent d'énormes potentiels d'argent et de moyens de pression peuvent orienter significativement l'opinion publique et les résultats du scrutin attendu en manipulant les médias en place et en mettant des pressions sur les instituts de sondage pour qu'ils posent des questions ciblées et publient des résultats dictés, biaisés et montés de toutes pièces. La technique des sondages d'opinion a démontré sa fiabilité quant aux résultats des intentions de vote dans les pays démocratiques et pour une longue période comme le montre G. Gallup dans un article intitulé ‘'Sondages d'opinion et démocratie'' (1939), surtout en se basant sur un échantillon représentatif et bien mené. La marge d'erreur observée est relativement faible, ne dépassant pas les 5 %.
Il est alors admis que les sondages d'opinion préélectoraux n'ont qu'une faible influence sur les résultats des votes. Les résultats des votes sont plutôt influencés par d'autres phénomènes comme les groupes d'influence, l'argent, l'abstention massive, le manque de confiance envers les partis politiques, etc. La manipulation des électeurs potentiels est une monnaie courante dans l'ère des démocraties naissantes en l'absence des institutions crédibles qui peuvent mettre en place des règles de jeux transparentes et en présence des moyens de pression sur les individus en période de crise, de forte pauvreté et un grand chômage. Les problèmes politiques, sociaux et économiques post-révolutionnaires influenceront sans aucun doute les résultats dans une période de transition vers une démocratie naissante. Alors que les sondages d'opinion techniquement neutres ne peuvent que renforcer la démocratie naissante à travers la participation des gens ordinaires et s'il y a manipulation c'est à cause des interventions des effets externes comme les partis politiques ou les groupes d'influence.
* (Economiste)


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