On nous sort la même histoire à la veille de chaque grande manifestation. ça frise l'indécence... Comme chaque sélectionneur qui débarque chez nous, Leekens était animé de bonnes intentions. Il se faisait presque tout petit, était ouvert à tout et à tous et accepté même d'avaler quelques couleuvres. Comme celle d'un directeur technique national qui voulait marcher sur ses plates-bandes et un premier adjoint imposé, qui lui a fait de l'ombre lors des deux rencontres amicales face à la Belgique et la Corée du Sud. Depuis, les médias tunisiens ont donné un sérieux coup de main au Belge, en fustigeant le système et les hommes qui le faisaient et en poussant à la porte ceux coupables de la détérioration des résultats et de l'image de notre équipe nationale. Enfin, pas tous, puisque quelques décideurs sont encore là, ont la vie dure et, pour continuer à tirer les ficelles, essaient de garder les mêmes pratiques. En tout cas, Leekens a vite oublié toutes ses promesses et toutes ses bonnes intentions, et opéré une vigoureuse marche arrière. Sur le plan du jeu tout d'abord, avec un onze tunisien redevenu roi de la prudence, un groupe super fermé avec —de nouveau— des incontournables, beaucoup de langue de bois au cours des conférences de presse et, comme d'habitude, beaucoup de méfiance et de défiance vis-à-vis des journalistes. Ce qui le sauve pour le moment? Les résultats. La manière? Il n'y pense même pas. Marche arrière disions-nous. A l'approche de la CAN et de la liste des partants pour la Guinée équatoriale, le groupe (restreint et élargi) devrait être à deux, trois éléments près. Et pour cause, le sélectionneur national ayant décrété des rassemblements périodiques pour les joueurs locaux. Mais en réalité, de rassemblements, il n'y en a eu qu'un seul, comme pour dire à certains joueurs locaux qu'ils n'ont aucune chance d'accéder en équipe nationale. Tapis rouge En revanche, on fait comme de coutume le farcing auprès de Zakaria Laâbidi (OL), Seifeddine El Khwey (Tows) Akram Aribi (Bologna), Adam Chennoufi, (Suède), Mohamed Arbi (Ajaccio), Ilyès Skhiri (Montpellier) et Mohamed Gouiaâ (Hambourg). Qu'on s'entende bien sur quelque chose: il s'agit là de compatriotes, mais faut-il encore qu'ils soient très bons dans leurs clubs et qu'ils aient prouvé quelque chose en équipe nationale. Pas par le seul fait qu'ils évoluent à l'étranger. Il faut aussi qu'ils aient envie et qu'ils le disent, pas qu'on aille les chercher et les prier pour qu'ils évoluent en équipe nationale. Comme cela a été le cas pour certains qui ont carrément dit non (Wassim Ben Yedder de Toulouse) ou qui sont repartis aussitôt débarqués (Sabri Lamouchi). En d'autres terres, personne en sélection ne doit être privilégié, aux dépens d'autres locaux qui rêvent d'équipe nationale et qui se battent pour y accéder. Car, à l'arrivée, cela crée une accumulation de problèmes, des clans et une mauvaise ambiance. Le pire qui puisse arriver à un groupe. Et qui, malheureusement, est déjà arrivé. Avec les résultats qu'on sait!.