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«la révolution tunisienne, l'étincelle locale sous le microscope des sciences humaines»
Publication
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 01 - 2015

Voilà pourquoi Sidi Bouzid et Kasserine se sont rebellées
Dans la foulée de la révolution du 17 décembre-14 janvier se sont posées les questions suivantes : qui va écrire l'histoire de cette révolution, quelles sont les conditions objectives qui ont poussé les jeunes de Sidi Bouzid et de Kasserine à crier le fameux «Dégage» à Ben Ali, à sa clique et à son parti, comment ont-ils été rejoints par les jeunes des autres villes pour aboutir à la journée historique du vendredi 14 janvier couronnée par la fuite du président déchu, quelles sont les appartenances sociales des jeunes qui ont défié la police de Ben Ali pour investir la rue et y rester jusqu'au départ du dictateur, pourquoi le RCD, considéré comme le rempart du régime Ben Ali, n'a-t-il pas mobilisé ses troupes pour arrêter le mouvement de contestation dès son déclenchement et pourquoi les notabilités rcdistes de Sidi Bouzid ont-elles boudé le secrétaire général du Rassemblement quand il est allé demander leur aide pour au moins canaliser les mécontents parmi les jeunes dont certains appartenaient bel et bien au RCD dissous ?
Ces questions ont été traitées dans un ouvrage publié récemment par le Centre arabe de recherche et d'étude des politiques (basé au Qatar) sous la plume d'un groupe de chercheurs tunisiens qui ont étudié l'ensemble de ces problématiques sous la direction du Pr Mouldi Lahmar.
Des vérités à méditer
Intitulé «La révolution tunisienne, l'étincelle locale sous le microscope des sciences politiques», l'ouvrage en question, riche de 365 pages, propose sept études qui vont des «pratiques culturelles et leur rôle dans le déclenchement de la révolution à Sidi Bouzid et Kasserine (Ahmed Khouaja) au «feu qui a anéanti Bouazizi: une approche psychanalytique (Samia Smida) en passant par «la chute des équations des échanges dans un marché politique local truqué» (Mouldi Lahmar), «la génération de la révolution: une lecture socio-démographique des transformations de la situation des jeunes à Sidi Bouzid et Kasserine» (Mohamed Ali Ben Zina).
Et le lecteur de ces études de découvrir bien des vérités de terrain qui contrastent avec tout ce qui a été déjà écrit sur la révolution et ces vérités vont heurter beaucoup d'esprits qui vont voir leurs certitudes voler en éclats.
Mouldi Lahmar est parvenu, ainsi, à découvrir dans son étude «la chute des équations d'échange dans un faux marché politique local» que les rcdistes ont été parmi ceux qui ont participé au mouvement de contestation qui a submergé Sidi Bouzid.
A Sidi Bouzid, ils étaient 25% parmi les contestataires à appartenir au RCD alors qu'à Kasserine, ils ont atteint 33%.
De son côté, Samia Smida a essayé dans son étude «le feu qui a anéanti Bouazizi : une approche psychanalytique» d'expliquer les significations de l'acte d'immolation auquel a procédé le symbole de la révolution. Après avoir passé en revue la symbolique de son nom (Tarek), le choix de la date de son acte, le lieu et la date où s'est produite l'immolation (un vendredi, jour de la grande prière, tout près de la grande mosquée), la chercheuse se pose la grande question : Bouazizi était-il prédestiné à cet acte de sacrifice et savait-il dans son inconscient qu'il était condamné à s'immoler pour que disparaisse la dictature de Ben Ali?
Dans les quatre recherches truffées de chiffres et de diagrammes, on trouve que les conditions objectives étaient réunies pour qu'éclate la révolution dans les régions de Sidi Bouzid et Kasserine et les régimes Bourguiba et Ben Ali n'ont fait qu'accentuer plus de cinquante ans les inégalités héritées de l'ère coloniale dans les domaines de l'infrastructure de base, de l'urbanisation, des commodités culturelles, de l'intégration des femmes dans le circuit économique, etc.
Et les comparaisons avec les indicateurs de développement social et économique dans la région du Sahel et dans la capitale font froid dans le dos dans la mesure où elles révèlent deux mondes qui attendaient l'heure pour s'affronter et se déchirer. Cette heure a bien sonné le 17 décembre 2010 quand un vendeur ambulant a décidé de se sacrifier pour que les autres se réveillent de leur torpeur et renouent avec les traditions contestataires de leurs ancêtres.
Et quand les autres ont pris le relais, la flamme a touché toutes les couches de la population, y compris les rcdistes considérés comme les enfants gâtés du régime. Mais Ben Ali et sa clique n'ont pas réussi, cette fois, à les monter contre leurs frères et cousins.


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