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Ceci n'est pas un aquarium
Sur nos écrans : Bidoun 2
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 03 - 2015

Si le cinéma avait une odeur, on dirait que ce film tente de se dégager de manière olfactive des images du passé.
Avec ce film, Jilani Saadi semble vouloir sortir des gonds du cinéma tunisien dans tous les sens du terme, à savoir économiques (le film est tourné avec des moyens propres) et esthétiques, et se pose des questions sur ce qui a conduit ce métier à ce qu'il est devenu aujourd'hui. Et si le cinéma avait une odeur, on dirait que ce film tente de se dégager de manière olfactive des images du passé. Le réalisateur tente vraiment de sortir de sa peau et de se «détatouer» en nous le prouvant déjà physiquement, en apparaissant dans son film presque méconnaissable, extrêmement amaigri, différent du Jilani Saadi rond, dodu et plein d'embonpoint qu'on avait connu.
Est-ce une revanche qu'il prend sur son corps et une punition qu'il s'inflige d'avoir fait de mauvais choix esthétiques auparavant? On sait que son dernier film Winou baba ne lui avait pas apporté le «retour» qu'il attendait, semble-t-il. Mais quelle que soit la réponse, le résultat est là. Il y a une volonté certaine de changer de cap et d'innover, de faire dans la recherche en quelque sorte, en faisant passer le cinéma par le laboratoire et le scalpel.
C'est très bénéfique parfois et ne serait-ce que pour cela, il faut voir Bidoun 2; parce qu'il propose une nouvelle façon de considérer le cinéma, à plusieurs égards d'ailleurs, ne serait-ce que pour voir qu'on peut faire du cinéma sans imiter les autres. C'est un choix esthétique qu'on aime ou qu'on déteste, mais c'est un choix qui ne nous laisse pas indifférent.
Et comme tout le monde le sait, le fait de se dire «c'est bizarre!» a un effet très constructeur.
Dans une interview accordée à La Presse de Tunisie le 15/ 12 /2014, Jilani Saadi disait : «Je ne veux pas rester dans la prison formelle, là où sont logés beaucoup de cinéastes. Je laisse les gens vivre l'histoire de Bidoun 2 comme ils le veulent. Je fais du cinéma particulier, je vous le concède, mais je suis là pour faire mon propre cinéma. Je ne copie pas les autres.»
Oui, mais que nous raconte Bidoun 2 ?
En voici le synopsis: «Tunisie 2013, une société en pleine ébullition pendant la rédaction de sa nouvelle Constitution. Deux jeunes errants, Aïda et Abdou, se rencontrent une nuit par hasard. Leurs routes vont se croiser et se décroiser jusqu'à partager leur mal-être.»
Dire ce que Bidoun 2 raconte peut paraître ordinaire, mais le film déconstruit le récit. Il y a une histoire et des personnages qui le portent, à savoir les personnages campés par Sarah Hannachi, Majd Mastoura et Mariem Sayah. Mais le récit est réorganisé de manière à donner la part belle à l'énergie des personnages et à leurs sensations. C'est à croire que le récit n'est qu'un prétexte pour permettre à cette énergie pleine d'angoisse d'exister de manière absolue.
Un film où les personnages sont les vrais maîtres à bord, ce sont eux qui manipulent le récit et même le réalisateur. D'ailleurs, Jilani Saadi qui s'accorde un rôle dans son film (habillé de mauve) se retrouve physiquement comme une loque entre les mains de ses personnages. Dans ce sens, nous pouvons affirmer qu'il y a réflexion sur le rôle du réalisateur de cinéma aujourd'hui et même un clin d'œil certain... Voici un axe qui risque d'être très intéressant à suivre dans le film et c'est peut- être une manière «vicieuse» de faire passer un point de vue. Un point de vue qui, même sur le plan technique, est porteur de sens, puisque tout le film est tourné en caméra «go pro», une caméra qui fait fi des perspectives et qui nous présente une image bombée. Une caméra utilisée généralement pour les séquences en mouvement, pour filmer les sportifs, les cyclistes et les cascadeurs.
La bande sonore du film est aussi à prendre en considération, puisque le moment historique que vit la Tunisie n'est véhiculé que par la bande-son. De Houmani à une musique country pop américaine en passant par des chansons de Belgacem Bouguenna, ce capharnaüm sonore sur les images de ces personnages en mal d'être semble décrire les musiques internes d'une identité sans contours précis et qui peut déboucher, à n'importe quel moment, sur quelque chose de grotesque et de difforme. Mais qui est derrière cet aquarium où on se bat et se débat ?


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