Besoin de solidarité et de soutien pour satisfaire des revendications qu'on qualifie de légitimes. Les étudiants membres de l'UGET, de la Ligue des jeunes juristes et de l'Union des forces jeunes ( UFJ ) ont organisé, ressèment, devant le Théâtre municipal à l'avenue Bourguiba, un sit-in en guise de protestation contre l'arrestation de leur camarade Kaïs Bouzouzia, membre du bureau exécutif de l'UGET et membre de l'UFJ mais aussi contre le renvoi de deux étudiants à la faculté de droit et membres de l'UFJ, Mohamed Guannar et Haïthem Hammami. Selon les dires d'Ali Bouzouzia, frère de Kaïs, l'arrestation vient à la suite de plaintes portées par les professeurs enseignants au Campus El Manar à l'encontre de Kaïs. Ce dernier est accusé d'avoir offensé les membres du Conseil scientifique de la faculté de droit de Tunis ainsi que l'ancien ministre de la Justice et d'avoir menacé de mort certains professeurs à ladite faculté. «Ce sont des plaintes non fondées. Les accusateurs n'ont aucune preuve et aucun témoin à même de justifier leurs accusations. Mon frère est syndicaliste et défenseur des droits des étudiants. Il ne recourt nullement à la violence pour transmettre ses idées. Son arrestation traduit nettement la volonté confirmée des politiciens de vouloir opprimer l'activisme syndical. D'ailleurs, cela nous rappelle bien les manœuvres malsaines du RCD», indique Ali Bouzouzia. Notons que Kaïs Bouzouzia détient une licence en économie et finances. Il a été incarcéré en 2009 pour son activisme syndical puis libéré grâce à une amnistie générale. Ce jeune travaille comme inspecteur dans le domaine de la santé. N'étant plus étudiant, il poursuit tout de même son activisme au sein de l'UGET et de l'UFJ. Fatma Gobji et Imen Trabelsi sont, toutes deux, membres de l'UGET, de l'UFJ et de la Ligue des jeunes juristes. D'après elles, les actions d'oppression ont été déclenchées suite à la grève opérée en mars dernier dans le but d'interpeller les autorités concernées quant aux inconvénients du système LMD ainsi qu'aux abus qui affectent la faculté de droit. «Nous avons organisé, le 3 mars, un sit-in devant le ministère de l'Enseignement supérieur, puis un deuxième, le 11 mars, devant le Théâtre municipal et nous avons interrompu les examens le 13 mars. Notre objectif n'est autre que d'appeler les parties concernées à repenser le système LMD dont les répercussions sur le parcours estudiantin et sur l'enseignement supérieur sont plus que fâcheuses. Nous avons interrompu la grève afin de participer, en bons citoyens et en bons étudiants, au Forum social mondial. Aujourd'hui, et face à notre insistance, les professeurs et les politiciens passent la vitesse supérieure. Ils ont décidé d'étouffer la voix syndicale. Ils ont porté plainte contre Kaïs Bouzouzia et menacent deux camarades, à savoir Haïthem Hammami et Mohamed Guannar, d'un renvoi définitif et catégorique de toutes les facultés tunisiennes, ce que nous condamnons en tant que syndicalistes et en tant qu'étudiants tunisiens dans une Tunisie postrévolutionnaire», explique longuement Fatma. Et d'ajouter que les membres de l'UFJ ont été accusés d'avoir assiégé la faculté, samedi 4 avril, et empêché le doyen de quitter les lieux, ce qu'elle nie complètement. «Et pour preuve, nous avons été invités, ce jour-là, à participer à une activité culturelle à la Foire internationale du Livre. Nous avons des témoins de notre présence à cette activité culturelle», renchérit-elle. «Renvoyez-nous !» Les deux jeunes femmes membres de l'UGET, de l'UFJ et de la Ligue des jeunes juristes mettent à l'index l'intention des responsables des parties concernées de vouloir étouffer l'activisme syndical et de reprendre les vilaines pratiques d'oppression du régime déchu, dont la réinstauration des postes de police dans les établissements d'enseignement supérieur. Elles indiquent, en outre, que les étudiants solidaires avec Kaïs Bouzouzia, Haïthem Hammami et Mohamed Guannar s'apprêtent à lancer une campagne intitulée «renvoyez-nous !» en signe d'indignation face aux pratiques d'oppression opérées à l'encontre de leurs camarades. De son côté, Fatma Gobji entamera, demain, une grève de la faim.