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Le Tunisien entre stress et «tanbir1» !
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 05 - 2015


Par Pr Rym GHACHEM ATTIA (*)
Tous les jours j'entends: « J'ai une boule dans la gorge, j'ai une sensation d'oppression thoracique, j'ai des palpitations, cela ne peut plus durer ».
Pourquoi cette tension et ce sentiment d'angoisse ont-ils augmenté chez nous ? Le Tunisien semble plus stressé et plus vulnérable. La violence a augmenté, qu'elle soit dirigée contre soi ou envers les autres!
Certes, toute période de transition entraîne un changement voire souvent un bouleversement de repères et de références; ce qui induit aussi des troubles existentiels de personnalité. Des enfants se donnent la mort de plus en plus jeunes, chose jamais vue auparavant. Pourquoi?
Nous sommes effectivement passés d'une société où la primauté concerne avant tout l'ordre avec le respect de la « discipline » et souvent la « peur » du pouvoir à une société de « compétition » où les vulnérables à divers points de vue, ceux qui ne rentrent pas dans le moule sont exclus, rejetés, et surtout se sentent dévalorisés... Le sentiment de «hogra», qui veut dire mépris et dédain, signifie que « nous ne sommes pas écoutés!»... «nous n'avons pas de répondants!» ... «ils ne font rien pour nous».... « le pouvoir ne nous écoute pas!», nous n'avons pas de protecteur; avec le sentiment du père perdu !
Certes, nous avons eu un père, un bon père, pendant 31 ans, puis un faux père et nous avons cherché par la suite un grand père, puisqu'il n'y avait pas de père disponible. A un grand père, on demande beaucoup comme le font les petits enfants gâtés! Certes, les besoins sont immenses et justifiés; mais en échange, on ne pense pas à ce que nous pouvons donner et à la nécessité de s'atteler à travailler pour le pays.
Des mois après les élections, où en sommes-nous de nos espérances ! Déçus, oui, nous le sommes mais si c'était à refaire, on ferait le même choix!
Pourquoi ? Il vaut mieux qu'on cohabite en ayant la majorité « relative » que le contraire.
Oui, il est actuellement illusoire de croire qu'on peut gérer un pays comme le notre sans serrer la poigne... on attendait un miracle! On pensait que le Tunisien allait travailler doublement. Le Tunisien n'a pas une psychologie qui lui est propre, le Tunisien « exporté » se tue au travail et brille en général. Mais aujourd'hui il est dans la transgression.
Il est impossible de faire abstraction de près de la moitié de la population qui vit dans la difficulté dans toutes les sphères !Une bonne frange de gens vit par la « débrouillardise » et la transgression.
Où est l'erreur ?
Les réseaux sociaux et les médias «trop muselés auparavant» sont un lieu de déchaînement général avec ses failles et ses forces. Les cris qui en sortent sont le plus souvent un genre de catharsis et sont «depressogènes». On ne sait plus qui est expert ? Qui est le charlatan? Qui est de bonne foi? Chaque faction a son site et les problèmes sont abordés d'une manière superficielle en « surfant» sur le buzz.
On est trop critique, rien ne nous plaît; est-ce cela la démocratie ? Car en démocratie, on ne peut censurer! Et pour interdire, il faut une raison! Alors que pourrait-on interdire? Et au nom de quoi? Actuellement, on semble perdre de plus en plus la fonction du réel, le sens du relatif et la nécessité de respecter la bienséance comme l'exigeaient les règles de l'art classique au XVIIe siècle !
Reprenons pied et regardons ce beau pays, cette mer, ce soleil, cette place que géographiquement la Tunisie a dans le monde et dans l'histoire. Cessons d'être dans la consommation pour se consoler de certaines frustrations narcissiques. Oui, frustrations non constructives. Il ne s'agit pas de l'opposition qui critique mais ce sont des personnes qui ne sont pas au pouvoir qui se sentent capables de mieux gouverner et de critiquer mais sans construire. Oui, après 50 ans d'infantilisation, on s'est libéré, mais en se sentant dans le supposé « savoir » de tout. Et reprenons le travail sans « tanbir»
Chef du service
de psychiatrie «B»-
Hôpital Razi- Manouba - Tunisie
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1- Le «tanbir» est une expression typiquement tunisienne, il s'agit du comportement des gens mécontents qui ne cesse de critiquer — de façon négative — tout ce que font les autres et surtout les diverses institutions


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