Nouvelair lance sa «Vente Flash»: –30 % vers le Royaume-Uni, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne et l'Algérie    Elyes Ghariani - De la retenue à la puissance: le tournant stratégique allemand    Tunis-Carthage se prépare à accueillir le monde : focus sur l'extension 2030    Météo du 8e jour de Ramadan    L'Ambassadeur du Japon s'éclate au Marché Central... et succombe au délice de la boutargue tunisienne !    Economie tunisienne : chute record de la dette extérieure et hausse des réserves en devises    Prix international UNESCO-Russie Mendeleïev en sciences fondamentales : les candidatures sont ouvertes    L'Organisation internationale de la Francophonie lance 2 appels à projets d'un montant de 250 000 euros pour soutenir la mobilité des artistes    Louvre : Christophe Leribault nommé après le vol    Les mathématiques en Tunisie: un potentiel en perte de vitesse et une réforme inévitable    Dar Sebastian relance la manifestation 'Au Claire de la Lune' spécial Ramadan 2026 du 2 au 8 mars (Programme)    Espérance : qui manquera face à Métlaoui ?    Météo en Tunisie : ciel peu nuageux, mer peu agitée    Régime 100 % végétarien (végétalien): avantages, limites et comment le faire correctement    L'artichaut en Tunisie: une filière qui a besoin de se renouveler (Album photos)    Tremblement de terre léger ce mercredi matin à Gabès    Kaïs Saïed en visite : zéro tolérance face aux abus et à la corruption    Gabriem : Le jardin secret d'Omar S'habou    Journée nationale de l'habit traditionnel tunisien : la 13e édition du défilé "Kharja tunisienne" fixée pour le 16 mars 2026    Ramadan 2026 : la Cinémathèque Tunisienne célèbre Nacer Khemir et le cinéma tunisien    LG présente ses solutions premium et intelligentes au KBIS 2026    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    Commissions bancaires en Tunisie... Entre 200 et 300 dinars par an pour le compte courant    Kamel Laabidi: conviction et désenchantement    Service national 2026...Qui est concerné par la première session ?    Météo Tunisie : ciel dégagé et hausse des températures ce mardi    Aux frontières de l'harmonie perdue: cycles civilisationnels et destin des sociétés à la lumière de Ibn Khaldoun    La Souveraineté à l'ère de l'Intelligence Artificielle: au-delà des serveurs, une architecture de choix    Météo en Tunisie: temps peu nuageux, températures stationnaires    Le Stade Tunisien demande les enregistrements du VAR    L'Espérance réclame des explications sur les décisions arbitrales    La Marsa en deuil : Décès du Dr Slim Meherzi, pédiatre de cœur et ancien maire    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le gouvernement Jomaa à l'épreuve de lui-même
Publié dans Leaders le 07 - 05 - 2014

Jamais un gouvernement, hormis peut être le premier constitué après l'Indépendance, n'avait été accueilli avec autant d'enthousiasme, de soulagement et d'espoir que celui de Mehdi Jomaa. Jamais un gouvernement n'avait été absout d'office de ses «péchés originels». Il s'est passé, dans l'opinion publique, la classe politique et la presse, le même phénomène qui se passa jadis au moment de l'éviction de Habib Bourguiba par Ben Ali et que l'on peut résumer ainsi: «qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse» avec tout ce qui accompagne cette attitude d'assentiment délirant et d'absence totale de recul et de sens critique. Bien sûr, les circonstances et les hommes ne sont pas exactement les mêmes, mais on sait tous ce qui est advenu du chèque en blanc généreusement accordé en son temps à Ben Ali par presque tous, islamistes compris. Les malentendus de départ, qu'ils soient intentionnels ou non, ne peuvent générer que la frustration et la déception excessive.
Les faits sont les faits, aussi têtus que peuvent l'être certains Tunisiens. L'«indépendance» du gouvernement de Mehdi Jomaa n'est qu'une fiction savamment vendue aux incrédules et bénie par les cyniques. Quant au fait qu'il soit composé de technocrates compétents dans la gestion des affaires publiques, l'appréciation mérite quelques développements.
D'excellents spécialistes dans leur domaine constituent une fierté et un enrichissement pour un pays, mais cela ne fait pas d'eux, automatiquement, des technocrates capables de gouverner, encore moins en temps de crise. La technocratie se distingue par le fait qu'elle constitue un système politique où prédominent les spécialistes et les experts dans la prise de décision. Oui, mais entre aider à prendre la décision et prendre la décision soi-même, il y a une nuance d'autant plus criarde que la prise de décision ne peut relever en l'espèce que d'un savoir fragmentaire et non articulé, les intéressés n'ayant pas été formatés pour se confronter avec des réalités socio-économiques et politiques complexes et interdépendantes ou pour prendre des décisions difficiles et tranchantes. C'est ce qu'on peut appeler une incompatibilité «culturelle» indépassable. Pendant vingt-trois ans, Ben Ali a recruté ses ministres parmi des technocrates qui étaient compétents pour la plupart. Qu'en est-il sorti en fin de compte? La domestication de l'Etat, le blocage du processus de développement, la généralisation de la corruption et de la prédation économique, l'aggravation des injustices sociales et régionales et l'incapacité à réformer et à préparer l'avenir.
Malgré tout, aucun être sensé ne doit souhaiter l'échec du gouvernement de Mehdi Jomaa. Il est cependant grand temps que ce gouvernement, pour son salut propre et le nôtre, prenne conscience qu'il est, de fait, celui de la République et qu'il doit agir en conséquence. Pour l'heure et en attendant des résultats concrets concernant l'application de la feuille de route, le problème le plus préoccupant est que ce gouvernement ne fait pas front, avec la fermeté et la résolution qu'il faut, aux «séditieux», aux «séparatistes», au laisser aller dans les services publics, à l'évasion sociale, fiscale et douanière et à l'incivilité en général. Un gouvernement qui n'agit pas pour recouvrir l'autorité et la respectabilité de l'Etat et pour faire appliquer les lois en vigueur est un gouvernement voué à l'échec. C'est vrai en temps «normal», ça l'est davantage en un temps troublé.
Habib Touhami
Tags : Mehdi Jomaa Habib Bourguiba Ben Ali Tunisie


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.