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Tunisie- Le non à Mehdi Jomâa : mauvaise foi ou bon sens ?
Publié dans Business News le 15 - 12 - 2013

Après des mois de discussions et de tergiversations, le dialogue national a accouché d'un nouveau chef du gouvernement. Une délivrance, par césarienne et un nouveau-né qui sera surveillé de très près. Mehdi Jomâa- c'est son nom- devra faire très vite des pas de géant, assurer la sécurité du pays et veiller à ce qu'il y ait des élections libres et transparentes.
Ennahdha, Ettakatol et le quartet applaudissent. L'opposition crie au scandale. La Tunisie a gagné un nouveau chef du gouvernement, mais n'a toujours pas réussi à établir un consensus. La pression sera moindre, mais la crise continue.
Il est technocrate, n'a pas d'appartenance nahdhaouie connue et n'ambitionne rien aux prochaines élections. Ce quinquagénaire aurait dû être le candidat parfait pour le poste de chef du gouvernement d'une Tunisie qui vit une crise politique aigüe depuis près d'un an. Mais voilà, en dépit de toutes ses qualités, Mehdi Jomâa n'a pas fait le consensus.
L'opposition, de nouveau unie sous la bannière du Front du Salut, a dit « non » à ce candidat de dernière minute sorti de sous le chapeau du couple Ennahdha-Ettakatol.
Un « non » de principe reflétant une mauvaise foi ordinaire, ou un « non » motivé reflétant une inquiétude sur l'avenir ?
Ministre de l'Industrie depuis 9 mois, Mehdi Jomâa, occupait le poste de directeur de Division Hutchinson à Aerospace, filiale du groupe français Total et partenaire des grands constructeurs. Âgé de 51 ans, Sahélien (originaire de Mahdia), M. Jomâa est un ingénieur diplômé de l'ENIT (1988) et titulaire d'un DEA en mécanique, calcul et modélisation des structures.
En théorie, rien ne le prédisposait à occuper un pareil poste de haute responsabilité. Aussitôt son nom dévoilé, l'opposition a réagi. Première surprise, Nidaa Tounes et Al Joumhouri qui étaient à couteaux tirés durant toute la semaine, adoptent une position commune et quittent la salle du dialogue en claquant la porte. Dans une déclaration à Business News, Iyad Dahmani dit qu'il « est impensable de nommer un ministre appartenant à un gouvernement dont on ne voulait plus et qui a prouvé son échec».
Issam Chebbi, d'Al Joumhouri, lui, a du mal à admettre ce « passage en force ». Après avoir défendu mordicus, et durant des semaines, la candidature de l'octogénaire Ahmed Mestiri, il précise que le rejet de Mehdi Jomâa, est le reflet du « refus de son parti d'être un faux témoin à une solution truquée, sous prétexte de faire réussir le dialogue national, quitte à faire échouer la transition démocratique ».
Même son de cloche du côté de Noureddine Ben Ticha et chez la quasi-totalité des militants de Nidaa Tounes.
La position des autres partenaires de l'UPT et du Front du Salut n'est pas éloignée. Ils refusent de prendre part à ce vote-mascarade pour désigner un nouveau chef.
Finalement, Mehdi Jomâa passe in extremis avec 9 voix sur un total de 18 présents et 11 participants au vote. Le quartet, composé de l'UGTT, de l'UTICA, de l'Ordre des avocats et de la LTDH, peut respirer. Le dialogue national, entamé depuis des mois, n'a pas échoué, en apparence. Rached Ghannouchi applaudit, la gauche crie au scandale et une partie de l'opposition (notamment l'Alliance démocratique) appelle à ce que l'on finisse avec cette situation de blocage qui s'éternise.
Sur les réseaux sociaux, c'est l'ébullition. On attend encore les réactions officielles des dirigeants, mais les avis divergent.
Des pages FB anonymes proches de la gauche publient des textes et images annonçant que Mehdi Jomâa n'est autre que le frère de Ghazi Jomâa, chef de cabinet de Rafik Abdessalem, ancien ministre des Affaires étrangères et gendre de Rached Ghannouchi. Il est également le frère de Wahbi Jomâa, membre du bureau d'Ettakatol. Il serait également à la fois le gendre de Mohamed Ben Salem (dirigeant d'Ennahdha et ministre de l'Agriculture) et beau-frère de Slim Ben Hmidène (dirigeant du CPR et ministre des Domaines de l'Etat). Parentés confirmées par la militante des droits de l'Homme et actuelle Nidaa Tounes, Saïda Garrach.
La journaliste Om Zied rappelle que Mehdi Jomâa est un activiste nahdhaoui depuis ses années étudiant à l'Ecole des ingénieurs. Suffisant à ses yeux pour qu'il soit discrédité.
Le militant Nidaa (ex Joumhouri et ex Ettakatol) Karim Baklouti Barketallah surenchérit : « Ennahdha nous a montré comment elle peut légaliser ce qui est illégal en mettant un ministre de son gouvernement décrié à la tête d'un nouveau gouvernement en reproduisant une troïka 3 avec l'appui d'un quartet usé et sous grande pression. (…)En partant de Mestiri pour arriver au véritable joker Jomâa, Ennahdha a donné une véritable leçon de stratégie guerrière. On ne peut leur faire confiance. Ils ont réussi à fissurer notre mur, mais pas le casser. On se douche à l'eau froide et on continue !»
Le journaliste et écrivain Mehdi Kattou analyse en ironisant : « Alors on est heureux de voir arriver à la tête du gouvernement celui qui a été le premier responsable de la baisse de production de phosphate de moitié ? Celui qui a vu l'effectif de l'entreprise en question tripler ? Celui qui a été l'instigateur et l'architecte de l'exploration du gaz de schiste ?! En termes de méritocratie on fait vraiment fort ! »
Taïeb Laâguili, de l'association IRVA, fait un verdict sans appel : «Game over pour l'opposition, pour les martyrs de la révolution, pour les blessés de la révolution, pour le pays. Ennahdha sera de nouveau le parti vainqueur des prochaines élections. Quel gâchis ! »
Ces rejets catégoriques chez la gauche ne sont pas partagés par tout le monde. Plusieurs militants demeurent silencieux. Ils sont sceptiques quant à la position à prendre. Après tout, Mehdi Jomâa n'est pas « vieux » et il n'y a pas de raison vraiment valable pour le refuser. Il a la latitude pour conduire le pays jusqu'aux prochaines élections et mérite, malgré tout, le bénéfice du doute. De là à dire que la gauche lui oppose un procès d'intention, il n'y a qu'un pas.
Ce pragmatisme est rappelé par le militant d'El Massar Khaled Abdeljaoued : « Regardez bien ceux qui gesticulent en propageant des mensonges sur Mehdi Jomâa... Faites des captures d'écrans !
Sinon, notre futur chef du gouvernement est le moins proche des grands lobbies qui se partagent ce pays comme un gâteau.
Il est peut-être nahdhaoui (à démontrer) mais pas copain avec la branche pourrie! Il est peut être d'Ettakatol (à démontrer), mais pas pote avec leur dealer (sous-entendu Khayam Turki)...
Il est peut-être CPR, mais pas copain avec leur ingénieur réseaux (sous entendu Nasr Ali Chakroun).
En tous cas, il n'est certainement pas copain avec le maçon (sous entendu Kamel Letaïef). Ni avec le vendeur de Chocotom (sous-entendu Rached Ghannouchi).
Ah, on me dit dans l'oreillette qu'il aime bien le gaz! Restons vigilants! »
Le message de Khaled Abdeljaoued à tous ses amis de la gauche est on ne peut plus clair : «Le processus de transition continue... Mehdi Jomâa n'est pas le meilleur pour conduire le gouvernement dans cette phase. J'aurais préféré d'autres... Mais ce n'est pas le pire de la liste "proposée" »
En clair, « cessez de rouspéter et unissez-vous. La bataille continue ».
S'il était vivant, Bourguiba, adepte de la politique des étapes, aurait peut-être dit : « Vous vous êtes débarrassés de Laârayedh et des CPR. Prenez donc ce Jomâa et continuez à vous battre pour d'autres acquis, au lieu de rejeter ce qu'on vous donne ! »


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