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Quand un ministre déclare la guerre aux moustiques
Publié dans Leaders le 30 - 06 - 2014


«Va-t-en, chétif insecte, excrément de la terre»
(La Fontaine)
Tout comme le lion de la fable «Le lion et le moucheron» du brave Jean de la Fontaine, Son Excellence M. le Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Equipement prend les moustiques pour quantité négligeable et a décidé de «s'en débarrasser définitivement» (Mosaïque FM lundi 23 juin 2014).
Le brave homme !
Il devrait relire l'œuvre du fabuliste car, au final,
«Le malheureux lion se déchire lui-même…
L'insecte du combat se retire avec gloire»
Comme notre brave Secrétaire d'Etat devrait se renseigner sur ce qui se passe dans les pays tropicaux qui sont loin de crier victoire contre l'anophèle (paludisme) ou les vecteurs de la maladie du sommeil et de l'onchocercose (cécité des rivières) qui leur infligent d'énormes dégâts. Pour ne rien dire du moustique-tigre, vecteur du chikungunya dont on parle tant à l'heure actuelle!
Trêve de plaisanterie!
Cette déclaration de guerre de M. Majdoub nous remplit d'effroi car, la plupart du temps, dans notre pays, lutter contre les insectes signifie sortir la grosse artillerie chimique toxique des épandages et des pulvérisations. Ces «armes chimiques» polluent alors tout le milieu et entrent partout, subrepticement, sans effraction, puisqu'autorisées par la puissance publique. Elles s'incrustent chez l'asthmatique, le vieillard cacochyme, la femme enceinte, la mère qui allaite et finissent sur les plats, dans la cuisine. Les noms des produits utilisés ne sont jamais immédiatement portés à la connaissance du public - utiles pour le médecin, en cas d'empoisonnement ou de malaises-et nous ne savons jamais comment ils ont été choisis ni par qui.
La transparence doit être une règle absolue sur ce point car, des produits interdits dans le pays d'origine sont exportés sans état d'âme vers les pays du sud. Un produit cancérigène pour le Suisse ou l'Allemand devient miraculeusement inoffensif pour le Mauritanien, le Malien ou le Tunisien. Le pire est que l'épandage effréné- que demande hélas souvent la population- est de nature à créer des insectes résistants contre lesquels la panoplie chimique devient inopérante. Poisons de destruction massive, les insecticides tuent le moustique mais n'épargne ni l'abeille – sans laquelle adieu aux fruits et au miel- ni les prédateurs naturels des diptères. Les moustiques (et les diptères en général) ont apparu sur le globe quelques millions d'années avant l'homme. Ils ont connu la sécheresse, les inondations, le froid, la chaleur, le volcanisme…et s'en sont toujours tirés grâce à leur plasticité génétique. Les dinosaures ont disparus mais pas les insectes! L'arsenal chimique ne les fera pas disparaître. C'est peine perdu. Bien au contraire, il créera de super-moustiques !
Mais pulvériser ces toxiques convient aux politiciens et autres responsables municipaux. Ils donnent l'impression d'agir. Ils répondent, ce faisant, aux vœux d'une population non informée des dangers de ces produits toxiques et c'est beaucoup plus facile que d'agir sur les vraies causes – environnementales notamment- des pullulements d'insectes. Il y a aussi la pression du lobby des multinationales de la chimie et leur publicité tapageuse.
En fait, ces épandages polluent tout le milieu et nous devons nous soucier de leur devenir dans notre environnement où ils peuvent s'accumuler pour des durées plus ou moins longues et avec des effets sur les bactéries du sol et sur des auxiliaires. Sans oublier que certains produits sont solubles et vont se retrouver dans l'eau ! Ne les appelons donc pas «dawa» comme le prône une publicité digne du roman d'Orwell « 1984 » mais nommons les correctement : «toxique» ou «poison» (sam)! Bien entendu, il vaut mieux connaître, préventivement, l'appellation technique de leur classe: organochlorés, organophosphorés, carbamates, pyréthrinoïdes, formamidines, ou néonicotinoïdes et savoir si ces produits sont utilisés dans le pays où ils sont synthétisés.
Ce qui compte, c'est de ne pas favoriser l'apparition de ces nuisibles et de maintenir leur population au niveau le plus bas possible en prenant soin de l'environnement.
Tant que l'eau et surtout l'eau stagnante est présente, ils seront là car de l'eau dans un pot quelconque (bouteilles en plastique, pots divers, pneus usagés…) peut héberger plusieurs milliers de larves. Des ouèds en pleine ville, non couverts, comme dans certaines parties des délégations autour de Tunis ou des égouts à ciel ouvert sont des gîtes rêvés pour les diptères. Tant que les poubelles et les containers non couverts seront là, les mouches, les moustiques et les cafards nous tiendront compagnie, jour et nuit, nolens, volens. Tant que les ordures orneront nos rues et nos campagnes, ils piqueront, perturberont le sommeil des petits et des grands et transmettront des maladies.
Rappelons pour finir cette plaisanterie qui courrait dans les milieux de l'entomologie américaine il y a de cela quelques années: « Celui qui arrivera à éradiquer les cafards des cuisines des restaurants de New York deviendra milliardaire !» car, pour se débarrasser des cafards, il faut éliminer de ces lieux l'humidité et la nourriture abondante que ces insectes trouvent dans les poubelles des cuisines.
Mais, M. le Secrétaire d'Etat, ne perdons pas espoir – même s'il est hors de question d'éliminer les moustiques comme vous le dites un peu vite- car la Fontaine termine ainsi sa fable: après avoir vaincu à plates coutures le lion, le moucheron fait une mauvaise rencontre:
«L'embuscade d'une araignée :
Il y rencontre sa fin».
«Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute» : pour couper la route aux moustiques, il faut agir d'abord sur notre environnement et en prendre soin, veiller à sa propreté, disposer correctement de nos déchets, éviter l'eau stagnante, responsabiliser nos concitoyens, utiliser des moustiquaires et …en agriculture, recourir aux prédateurs naturels plutôt qu'aux poisons chimiques.
Bon courage!
Mohamed Larbi Bouguerra


Tags : Mohamed Larbi Bouguerra La Fontaine Mounir Majdoub


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