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Mohamed Adel Chehida: les codes et les comportements ont-ils changé après la révolution? Appel à l'apaisement
Publié dans Leaders le 05 - 11 - 2019

Premier jour de stage d'externat en septembre 1989 à hôpital Charles Nicolle, service de chirurgie B. On savait que le stage était du, mais on se battait pour y être. Salle de staff lumineuse grande table rectangulaire, photo du regretté Professeur Zouheir Essafi accrochée au mur, salle archicomble beaucoup d'agitation des internes et des résidents avec des dossiers cliniques et de radiographie des patients opérés en urgence la veille. Ils se préparaient à la présentation. Les assistants arrivaient un à un. Huit heures pile entre le Prof Mzabi, le silence absolu règne. Le staff commence par la présentation cas par cas. Attentif, le professeur Mzabi contrôlait tout même l'orthographe, interrogeant de de temps en temps ses résidents et internes en posant des questions entrecoupées d'explications avec une extrême gentillesse pour nous jeunes externes éblouis. Le même rituel se déroulait tous les jours à la même heure dans les autres services à la Rabta en cardiologie chez le Prof Ben Ismail ou à la Marsa chez le Prof Larabi. Ces maitres nous considéraient comme leurs enfants. Ce sont eux qui nous ont appris notre métier et nous ont conseillé dans nos carrières.
Aujourd'hui j'observe de l'étranger ce qui se passe en Tunisie avec beaucoup de tristesse. Un étudiant en quatrième année de médecine a été renvoyé par le conseil de discipline à cause d'un post sur Facebook où il critiquait l'administration de la faculté pour la fermeture de la bibliothèque et l'absence de climatisation, en les qualifiant «d'ignorants- bhama». Le conseil lui aurait infligé pour cela un renvoi de quatre mois. Juste ou injuste ce n'est pas à moi de juger car je ne possède pas toutes les informations. La première question qui me vient à l'esprit est qu'auraient fait nos maitres face une telle situation ? Je crois deviner la réponse.
Revenons maintenant à la réaction des étudiants en général sur plusieurs sujets. Depuis la révolution la parole s'est libérée. En bonne logique, les étudiants ont soutenu leur camarade contre ce qu'ils estimaient être une injustice. Ils exigent de bonnes conditions pour bien étudier, c'est tout à fait légitime. Ceci dit, il y a beaucoup d'amalgames dans cette affaire. La liberté de parole n'est pas synonyme d'indiscipline mais de responsabilité. Avant de mourir, le célèbre écrivain italien Andrea Camilleri a dit: «rappelez-vous que les paroles sortent comme de balles d'un fusil pour blesser». Ce ne sont pas des balles mais des boulets de canons que nous voyons depuis la révolution. Le phénomène de foule et les libertes acquises n'autorisent pas le dénigrement ni l'insulte d'où qu'elles viennent.
Indépendamment de la décision du conseil scientifique de la faculté de médecine qui semble exagérée dans cette affaire, en dehors des mots inacceptables envers ses ainés, je trouve qu'il est grand temps de s'arrêter et de faire le point sur nos méthodes de résolution des problèmes. Un responsable n'est pas forcément un voleur ni un corrompu. Il ne doit pas être pris pour cible par la foule à chaque différend. Il peut se tromper mais s'en prendre à lui personnellement n'est pas constructif. Un étudiant en médecine est un médecin en devenir, le sanctionner de façon extrême laissera des traces indélébiles. Il faut trouver le juste milieu. Je crois savoir qu'un comité d'éthique a été mis en place dans notre faculté, il pourrait jouer un rôle plus important dans ce genre de situations qui peuvent se reproduire sous d'autres formes.
J'appelle l'étudiant à faire preuve d'humilité et de présenter ses excuses pour les paroles inacceptables qu'il a pu utiliser en même temps les ainés devraient faire preuve d'indulgence.
La faculté de médecine de Tunis est un fleuron de notre système de formation, elle reçoit les meilleurs bacheliers de la république, sachons être dignes par respect de la mémoire de nos ainés et pour que notre institution soit toujours citée en exemple.


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