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Frappantes différences entre les actuelles manifestations palestiniennes et israéliennes
Publié dans Leaders le 27 - 08 - 2020

De Gideon Levy - Les gens manifestent contre l'injustice et pour la justice dans le village de Kafr Qaddum en Cisjordanie et devant la résidence du Premier ministre sise rue Balfour à Jérusalem. [Le premier ministre Benjamin Netanyahou est inculpé de fraude, de corruption et d'abus de confiance. Il doit comparaître devant le tribunal en septembre]. Dans ces deux endroits- Kafr Qaddum et Balfour- les manifestants se sentent investis d'une mission.
Il est bien plus agréable et cool de manifester rue Balfour mais bien plus dangereux de le faire à Kafr Qaddum. Il y a plus de sacrifices à faire Kafr Qaddum et plus d'assurance rue Balfour. Les manifestations de la rue Balfour bénéficient d'une couverture médiatique exhaustive ; celles de Qaddum sont complètement exclues des médias israéliens.
À Qaddum, les manifestants se battent pour la liberté ; rue Balfour, il y a un sentiment de liberté. Rue Balfour, les manifestants sont des citoyens ; à Qaddum, ce sont des sujets sans droits. Rue Balfour, les plus privilégiés manifestent ; à Qaddum, ce sont les plus opprimés qui manifestent.
Deux poids, deux mesures
Les deux types de manifestants sont cependant soumis au même gouvernement. Ces deux types manifestations sont légitimes. Le gouvernement qui tente de les réprimer n'est pas une démocratie mais une tyrannie.
Il n'y a pas de symétrie entre Qaddum et la rue Balfour, sauf dans leur légitimité commune. Rue Balfour, on ne s'intéresse pas à ce qui se passe à Qaddum, et à Qaddum, on ne s'intéresse pas à ce qui se passe rue Balfour.
Rue Balfour, les Israéliens se battent contre un premier ministre corrompu, Benjamin Netanyahou ; à Qaddum, les Palestiniens se battent contre le régime [qui les opprime et les discrimine]. Les protestations de la rue Balfour sont légitimes aux yeux de la plupart des Israéliens ; celles de Kaddoum ne le sont pas. Et si rue Balfour nous tient à cœur, Qaddoum se trouve derrière des montagnes de ténèbres, de déni et de répression. Rue Balfour, les gens "manifestent" ; à Kaddoum, ils "troublent la paix", ou peut-être même sont-ils des "terroristes".
Rue Balfour, c'est la politique, à Qaddum, c'est la terreur. Les gens qui jettent des pierres et brûlent des pneus pour protester contre l'armée et les colonies [illégales] n'ont aucune légitimité à être là. Rue Balfour, les policiers qui utilisent leurs poings et des détentions qui durent des heures sont considérés comme des violences graves et inacceptables ; à Qaddum, les autorités sont autorisées à commettre tous les abus.
Elles tirent sur les manifestants avec des balles réelles et des balles en acier enrobées d'éponge. Elles lancent des bombes lacrymogènes en quantités effrayantes comme elles lancent des grenades assourdissantes et tirent sur les manifestants, y compris les enfants, en visant bien la tête [pour tuer ou handicaper à vie]. Deux fois au cours des deux derniers mois, j'ai rendu visite à des enfants qui sont devenus des légumes à Qaddum après que des soldats leur aient logé une balle dans la tête, de loin, sans la moindre raison.
Les soldats israéliens, des terroristes !
Mercredi 26 août 2020, Haaretz a publié un rapport étonnant, incroyable révélant que les soldats israéliens ont commencé à poser des bombes à Qaddum. Ces bombes étaient destinées aux manifestants palestiniens. L'unité de reconnaissance de la brigade Nahal de l'armée israélienne est donc une organisation terroriste à tous points de vue, et ses soldats ne sont que de vulgaires terroristes qui posent des bombes destinées à tuer des civils innocents.
Cela n'intéresse pas les manifestants de la rue Balfour à Jérusalem ; ils sont occupés par leurs propres problèmes. Mais les manifestants de la rue Balfour devraient s'intéresser à Qaddum, car la violence policière rue Balfour est née au milieu des oliveraies de Qaddum.
D'abord ils ont pris Qaddum, ensuite ils prendront la rue Balfour.
Le fait est que la plupart des Israéliens considèrent la violence contre les manifestants de Qaddum comme légitime, convaincus qu'ils sont que les soldats qui tuent à Qaddum les protègent. Or c'est ce qui légitime la violence plus légère utilisée contre les manifestants de la rue Balfour, même si cette dernière n'a pas encore acquis une légitimité complète. Cela doit donc être dit clairement : quiconque n'est pas intéressé par Qaddum et a avalé la propagande proposée par l'armée israélienne et les journalistes militaires qui la propagent, reçoit maintenant des coups de poing américains en uniforme rue Balfour. Et si les protestations rue Balfour persistent, leur répression deviendra plus violente, comme à Qaddum.
Il devrait y avoir une solidarité entre les manifestants de la rue Balfour et ceux de Qaddum, mais ce n'est pas le cas. Les manifestants de la rue Balfour, devant le domicile de Netanyahou sont sionistes et fiers de l'être ; les manifestants de Qaddum sont antisionistes et il ne peut en être autrement.
L'essentiel est de comprendre le lien entre ces deux foyers de protestation et la nécessité de reconnaître la légitimité des deux.
Qaddum étouffe depuis 17 ans, depuis qu'Israël a bloqué la route principale qui le relie à Naplouse, la capitale du district, pour étendre la colonie illégale de Kedumim. La route de Naplouse a été allongée de 14 kilomètres afin que Daniella Weiss [Activiste ultra-orthodoxe d'origine américaine enragée et maire de la colonie de Kedumim connue pour sa grande violence] et ses amis puissent construire de plus en plus de colonies….. Si les protestations contre cette injustice ne sont pas légitimes, aucune protestation dans le monde ne l'est.
Mais Israël ne l'admet pas. La plupart des Israéliens pensent que les Palestiniens de Kaddoum n'ont pas le droit de protester du tout.
Rue Balfour, les gens manifestent contre un premier ministre accusé de crimes. À Kaddoum, ils manifestent contre l'un des régimes les plus tyranniques du monde, un régime qui commet des crimes de guerre comme la pose de bombes contre des civils désarmés- hommes, femmes et enfants- [qui y vivent et la construction de colonies sur des terres palestiniennes volées et dont on a arraché les oliviers].
Mourad Shatawi, chef du comité populaire de Qaddum, m'a envoyé un rapport vendredi dernier, comme il le fait chaque vendredi : "Deux personnes blessées par des balles en métal, et je me suis cassé la jambe." Si les manifestants de la rue Balfour sont sérieux, ils doivent commencer à s'intéresser à Qaddum.
Haaretz, 27 août 2020.
Traduit de l'anglais avec des éclairages par Mohamed Larbi Bouguerra


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