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Dossier: La Tunisie face à la mer
Publié dans Leaders le 13 - 07 - 2021

La Tunisie est-elle si riche pour se permettre de tourner le dos à la mer et se priver de son immense potentiel ? Pays maritime depuis l'origine des temps, elle délaisse un fabuleux gisement de profitabilité qui lui aurait porté secours en ces temps de disette. Pourquoi ? Tout simplement faute d'une vision stratégique d'ensemble, de politiques publiques, d'exercice de l'autorité de l'Etat en mer, de mécanismes appropriés et de coordination efficiente. Si les économistes s'employaient à évaluer le montant du manque à gagner et celui du potentiel en puissance, les pouvoirs publics seraient édifiés sur leur lourde erreur stratégique.
Sommaire
• Face à la mer
• Interview : Une vision nouvelle
• Portrait : Asma Sehiri Laabidi : L'Amirale
• La Tunisie marine
• Une commission et un secrétariat général
• La saison bleue
Dossier établi par Taoufik Habaieb
Photos : Mohamed Hammi
Au lieu de constituer un trésor d'opportunités pour le pays, la mer est devenue pour lui une source de risques et de dangers. Migration clandestine à partir de nos rivages vers l'Europe, au grand dam de nos voisins du Nord, mais aussi et surtout avec des centaines de noyades en mer chaque année, convoitise de grandes puissances, notamment la Chine, pour prendre pied dans nos ports, infiltration de pêcheurs étrangers dans notre zone, raclage des fonds marins et érosion du littoral: les multiples alertes ne connaissent qu'un semblant d'écho auprès des gouvernants. Alors que le potentiel est fort rémunérateur.
Une position géographique providentielle au carrefour du monde, 1 570 km de littoral, 96 mille km2 d'espaces maritimes, 41 ports de pêche, 9 ports de commerce d'où transitent 98% des échanges extérieurs du pays, des richesses halieutiques, des réserves énergétiques et des plages à faire rêver : et pourtant, tout ou presque est à l'abandon.
Négatif, affiche le tableau de bord
Qui s'occupe de la mer ? Tous, c'est-à-dire personne, hormis la marine nationale, la marine marchande, la garde nationale et quelques rares autres services. Les départements ministériels concernés sont nombreux: Défense, Intérieur, Affaires étrangères, Développement régional, Agriculture, Transport, Equipement, Energie, Tourisme, Environnement, Commerce, Recherche scientifique, Formation professionnelle, Industrie… Chacun, dans son cloître, s'y emploie, avec une vision étroite— parfois étriquée—, peu de ressources et très peu de synergie avec les autres parties prenantes. L'essoufflement du modèle de développement à partir de l'an 2000, puis l'instabilité politique depuis 2011, finiront par reléguer la mer aux dernières préoccupations des gouvernants. Vingt ans après, les conséquences sont là ! Toutes nos avancées sont en recul. De la recherche en biologie marine au tourisme nautique, en passant par la construction navale, l'aménagement de nouveaux ports et des ports de pêche : négatif, affiche le tableau de bord… censé être confectionné et mis à jour.
Tous à bord?
Dans un sursaut de prise de conscience, le gouvernement relance dès 2015 le projet d'un mécanisme de coordination. Le chef du gouvernement, Habib Essid, connaît bien le dossier pour avoir été secrétaire d'Etat à la Pêche et à l'Environnement. Son successeur, Youssef Chahed, avait mis le pied à l'étrier en tant que secrétaire d'Etat à la Pêche, puis aux Affaires locales dans l'équipe Essid. Le vent était en poupe. Il aura pourtant fallu attendre 2019 pour qu'une commission ministérielle présidée par le chef du gouvernement soit créée (décret gouvernemental n°2019-144 du 18 février 2019) et qu'un secrétariat général aux Affaires maritimes (SGAM) soit institué dans la foulée. La bonne étoile voudra qu'une ministre du gouvernement Elyès Fakhfakh, imprégnée du dossier, compétente et dynamique, Asma Sehiri Laabidi, soit nommée en décembre dernier à la tête de ce secrétariat général par Hichem Mechichi.
La commission est chargée de fixer la stratégie nationale dans le domaine maritime, et de statuer sur les questions liées aux espaces maritimes sous souveraineté ou sous juridiction tunisienne. Elle connaît également toutes les questions qui lui sont soumises par le secrétariat général des Affaires maritimes. Tout reposera alors sur les épaules de Mme Sehiri Laabidi et de son équipe, pour le moment réduite à cinq personnes.
Marcher sur la mer
Les auteurs du décret gouvernemental de février 2019 ont brassé très large. La charge confiée au SGAM est aussi lourde et large que complexe: un bâton magique ! Comme si on lui demandait de marcher sur la mer. Il y a d'abord la coordination entre les différentes structures intervenantes en mer ou intéressées par les affaires maritimes dans quasiment tous les domaines. Mais aussi le suivi de la mise en œuvre des engagements de l'Etat tunisien dans le domaine maritime, et l'élaboration des études et stratégies appropriées, à commencer par la stratégie nationale de la mer.
A peine hissée aux commandes, Asma Sehiri Laabidi est vent debout. Point de vaisseau d'amirauté à sa disposition, juste quelques bureaux et cinq serviteurs de l'Etat. Elle sait qu'elle doit se démener très vite sur tous les fronts: gouvernance maritime, action de l'Etat en mer, surpêche, recherche et secours en mer, érosion du littoral, mise à jour de la législation et de la réglementation…Longtemps conseillère juridique du gouvernement sous six locataires successifs rien que depuis 2012, et ayant été membre du comité sur le droit maritime et largement contribué à l'élaboration du décret de 2019, elle était déjà préparée pour la fonction. Mais, c'est surtout en tant qu'auditeur à l'Institut de défense nationale (34e promotion) qu'elle a le plus réalisé, à travers la Navale, la richesse du grand bleu tunisien. Pour avoir choisi cette mission, «par passion et par sens du devoir», comme elle l'a confié à Leaders, elle est déterminée à y réussir. Toutes voiles déployées et moteur en turbo…si tous y contribuent.


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