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La pollution atmosphérique augmente-t-elle la gravite du Covid 19 ?
Publié dans Leaders le 25 - 11 - 2021

Par Larbi Bouguerra - La question des déchets de Sfax ne doit pas être prise à la légère. Ni au Kram où les ordures s'accumulent depuis trois jours ni à l'Ariana où on a annoncé des problèmes à la décharge de Borj Chaker.
On ne doit notamment parler de «valorisation» qu'avec circonspection car il faut au préalable convaincre les ménages de faire le tri: verre, plastiques, déchets organiques… Pas de baguette magique en l'occurrence ! Ne nous gargarisons pas de mots ! «Mal nommer les choses, c'est ajouter aux malheurs du monde» disait Albert Camus.
Les habitants, à Sfax, se sont amèrement plaints des odeurs nauséabondes des déchets accumulés sur la voie publique et des nombreux feux qui ont pris dans les ordures, d'où encore plus d'odeurs – chimiques notamment générées par les plastiques chauffés - et de particules de diverses tailles dans l'air de la métropole.
Pollution atmosphérique: un grand tueur !
Une étude scientifique publiée par le magazine indien «Down to Earth» (New Delhi) et The Guardian (Londres) prouve que 90 % de la population mondiale respire un air insalubre et cette étude d'insister : «La pollution atmosphérique est le plus grand tueur environnemental de la planète.»
Les scientifiques qui étudient les rapports entre la pollution atmosphérique et un autre tueur mondial - le Covid-19 - ont dû rechercher des corrélations entre la maladie et des niveaux de pollution plus élevés. Ils ont trouvé des liens significatifs, mais les critiques se sont inquiétés du fait que les données disponibles, qui établissent des moyennes entre des groupes de personnes, pouvaient cacher d'autres facteurs qui seraient la véritable raison du lien de cause à effet.
Une nouvelle étude réalisée cette semaine représente, en fait, un grand pas en avant.
Premièrement, elle a utilisé des données individuelles détaillées de près de 10 000 personnes en Catalogne et, deuxièmement, elle a effectué des tests sanguins pour détecter les anticorps du coronavirus chez environ la moitié d'entre elles. Ces tests sont particulièrement importants car ils ont permis d'identifier des personnes qui avaient été infectées mais ne présentaient pas de symptômes. Ce groupe aurait pu passer inaperçu dans des études antérieures.
Pollution de l'air et Covid-19
Les conclusions de cette étude, la plus solide à ce jour, sont frappantes : les personnes exposées à des niveaux de pollution par les petites particules modérément supérieures à la moyenne au cours des deux années précédant la pandémie étaient 51 % plus susceptibles de souffrir d'un Covid-19 sévère qui les a conduits à l'hôpital. Pour ceux qui respiraient des niveaux plus élevés de dioxyde d'azote, produit principalement par les véhicules diesel, l'augmentation du risque était de 26 %. Cela pourrait s'expliquer par le fait que l'air pollué avait déjà endommagé le système immunitaire des personnes concernées ou augmenté le niveau des maladies cardiaques et pulmonaires connues pour être un facteur de risque de Covid-19 grave. Les scientifiques ne peuvent pas prouver l'existence d'un lien de cause à effet car, là encore, on ne peut pas faire d'expériences nocives sur les gens.
Grâce aux tests sanguins cependant, les chercheurs ont pu montrer que la pollution atmosphérique n'augmentait pas de manière significative le risque d'être simplement infecté par le coronavirus. Il est probable que d'autres facteurs tels que les contacts sociaux, le port du masque et le nettoyage des mains soient plus importants.
Deux autres études ont utilisé les données individuelles, mais pas de tests sanguins, et ont trouvé des liens significatifs entre la pollution par les petites particules et les décès dus au Covid-19 à Mexico et le taux d'hospitalisation aux Etats-Unis. Des liens similaires entre la pollution et la maladie ont déjà été établis avec d'autres maladies respiratoires telles que la grippe et la pneumonie.
Manolis Kogevinas, de l'Institut de santé mondiale de Barcelone et auteur principal de la nouvelle étude, a déclaré que ces travaux corroborent les études antérieures moins solides.
Il se peut que des facteurs inconnus influencent encore les résultats, mais Kogevinas a précisé : "Nous avons contrôlé tout ce à quoi nous pouvions penser." Cela comprenait l'âge, les antécédents médicaux, les privations et la densité de population du quartier.
Une urgence de sante publique
L'essentiel est là : Le Covid-19 rejoint désormais de nombreuses autres maladies pour lesquelles il existe des preuves solides que la pollution atmosphérique est un facteur contributif, même si un lien de causalité ne peut être prouvé pour des raisons d'éthique médicale.
Plus on fait de recherches sur la pollution, plus on constate de dommages. En 2019, une étude mondiale a conclu que l'air pollué pouvait endommager chacun de nos organes et pratiquement chacune des cellules du corps humain.
La nature diffuse de la pollution atmosphérique et la difficulté de prouver les liens de causalité ne sont pas une raison pour ne pas saisir à bras le corps ce que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle une "urgence de santé publique".
Réduire la pollution atmosphérique signifie également réduire les émissions de carbone à l'origine du dérèglement climatique, les arguments en faveur de l'action sont on ne peut plus clairs. Il faudrait que notre pays accorde à cette question une priorité importante… en dépit de nos difficultés multiformes actuelles.
Faire le lien entre l'air pollué et Covid-19 est important, car cela montre comment notre environnement pollué a affaibli la capacité de la population mondiale à lutter contre la pandémie.
Les ministres concernés et nos édiles à Sfax, au Kram ou à l'Ariana et ailleurs dans le pays entendront-ils enfin la recommandation de l'OMS en matière de qualité de l'air en accordant à l'élimination raisonnée des ordures l'intérêt qu'elle mérite ?


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