Décès du Dr Badri Mimouna après une répétition théâtrale    Facturation électronique : l'application est-elle prête pour toutes les entreprises ?    Tarifs préférentiels pour les Tunisiens de l'étranger : quelles mesures pour cet été ?    Les taekwondoistes tunisiens dominent le classement de la Coupe arabe juniors avec 8 médailles    La Cité des sciences à Tunis organise le festival des sciences à Thyna du 15 au 17 février 2026    Météo en Tunisie : chutes de pluies éparses sur les régions côtières    Du marketing au gaming: une nouvelle façon de séduire    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    Quand la charlatanerie remplace le traitement médical de l'épilepsie en Tunisie    Bonne nouvelle avant Ramadan : le poisson moins cher sur les étals tunisiens    Remplissage des barrages Tunisiens : Siliana respire avec Remil plein à 100 %, l'agriculture relancée    L'Institut français de Sousse propose une exposition voyage dans les mythes inspirée du conte "Siqal, l'antre de l'ogresse"    La SONEDE généralise le paiement électronique des factures d'eau    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Tunisie: Gestion des villes et conseils municipaux    Concert de Bad Bunny à la finale du Super Bowl 2026 : plein de symboles gloire à la culture Latino    Mondher Msakni: L'orfèvre    Pr. Najoua Essoukri Ben Amara - Open Badges : la nouvelle frontière de la reconnaissance des compétences    1 213 logements à livrer dès 2027 : location-accession et vente à crédit    Météo en Tunisie : pluies éparses, temporairement orageuses et localement intenses sur les côtes    Officiel : l'EST met fin à la collaboration avec Maher Kanzari    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    L'Espérance contre Stade malien: Où regarder la rencontre en direct ?    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Le pamplemousse ou pomélo en Tunisie : un trésor nutritionnel et culinaire souvent ignoré    La Tunisie à Ajaccio et à Bordeaux    Elaa Saïdi décroche le bronze à Radès !    Le roman de Nizar Chakroun finaliste du Booker arabe à Manama remporte le prix Naguib Mahfouz au Caire    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Les téléviseurs et moniteurs OLED Samsung 2026 compatibles NVIDIA® G-SYNCTM pour des performances gaming d'élite    Un Tunisien à la tête du GISR : Mohamed Ali Chihi nommé Executive Director    Candidats à l'installation au Canada: trois jours pour tout savoir, dès ce lundi à Tunis    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    L'Université de Sousse obtient l'accréditation internationale « Université entrepreneuriale » du NCEE    Tokyo : Les Tunisiens peuvent enfin renouveler leurs passeports facilement depuis l'ambassade !    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Taekwondo : la Tunisie remporte trois nouvelles médailles aux Emirats arabes unis    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Tunisie : nomination ou élection des présidents d'université ?    Jalila Baccar, Fadhel Jaibi et Taoufik Jbali: mille mots pour saluer de grands artistes    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    Mohamed Harbi: Un grand frère disparu    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La partition du Soudan ou la balkanisation annoncée du monde arabe
Publié dans Leaders le 07 - 01 - 2011

Dans quelques jours, le Soudan dans ses frontières actuelles aura (très probablement) cessé d'exister. Par voie de referendum qui s'étendra sur six jours à partir de dimanche, les habitants du sud (chrétien et animiste) devront se prononcer pour la séparation avec le nord arabe et musulman.
Pour analyser cette énième tragédie arabe, on a le choix entre deux démarches, soit opter comme d'habitude pour la théorie du complot qui présente l'avantage de désigner le coupable, en l'occurrence, les puissances étrangères et l'église, nous exonérant, de tout effort de réflexion et surtout d'autocritique. Il suffit de réunir quelques indices, et il n'en manque pas, en faveur de cette thèse comme l'intention très vite proclamée des futurs dirigeants sudistes d'établir à des relations diplomatiques avec Israël dès la proclamation du nouvel Etat, le soutien des églises anglicanes à la rébellion, etc. Cette démarche aussi séduisante soit-elle, fait l'impasse sur la part de responsabilité soudanaise et surtout arabe qui a été au moins aussi déterminante que les interférences des grandes puissances inévitables dans une région dont l'importance stratégique n'échappe à personne.

Pendant longtemps, le pouvoir soudanais avait tourné obstinément le dos aux revendications sudistes d'autonomie interne et refusé toute médiation arabe ou internationale, assimilée par les autorités de Khartoum à une ingérence dans les affaires intérieures soudanaises. L'Egypte aurait pu ou dû jouer un rôle dans la résolution du conflit d'autant plus que rien de ce qui concerne le bassin du Nil ne lui est indifférent. Elle a préféré faire plaisir au gouvernement central, tout comme les pays arabes qui avaient d'autres priorités, en se contentant de voter à chaque Sommet arabe, une résolution d'appui à Khartoum.

Pourtant, la durée du conflit (un demi siècle !) qui autorisait à penser qu'on était en présence d'un authentique mouvement national s'appuyant sur une large base sociale, les différences culturelles et ethniques entre le nord et le sud, la qualité des dirigeants sudistes et notamment John Garang et l'appui dont bénéficiait la création d'un Etat à majorité chrétienne en occident aurait dû inciter les dirigeants successifs de Khartoum à composer avec la rébellion pendant qu'il était encore temps d'autant plus que leurs revendications se limitaient à une simple autonomie interne. Il a fallu attendre la veille du scrutin, pour que ‘Omar El Béchir propose enfin cette autonomie au sud avec un partage équitable des ressources énergétiques. Réponse des Sudistes, comme on aurait pu s'y attendre : c'est trop peu et trop tard.

On peut aussi comprendre l'amertume du Soudan, lui dont le représentant au Forum arabo-nippon de Tunis nous rappelait fièrement, il y a quelques semaines, que son pays était le plus vaste pays d'Afrique avec ses 2,5 millions de km2, ses 85 millions de terres agricoles dont la plupart sont en friche, de se voir amputer du tiers de son territoire et notamment de la région la plus riche en ressources énergétiques et en eau.

Mais, ce qu'il faut craindre par dessus-tout, c'est l'effet domino de cette sécession. Le Darfour , une autre région soudanaise, moins riche que le sud Soudan, mais tout aussi vaste (près de 600 mille km2) pourrait également proclamer son indépendance, auquel cas, ce serait le dépècement pur et simple de ce pays. En Irak, le Kurdistan est indépendant de fait, alors que le Yémen a fort à affaire avec ses minorités ethniques et surtout ses Sudistes nostalgiques du Yémen démocratique. Et rien ne dit que dans d'autres contrées du monde arabe, d'autres communautés ethniques ou religieuses ne se radicalisent à leur tour et ne transforment en mouvements séparatistes.

Faute d'avoir su assimiler les leçons de l'Histoire, le Monde arabe n'est décidément pas au bout de ses peines.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.