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Moungi Bawendi: Les leçons de vie d'un Nobel de chimie
Publié dans Leaders le 04 - 06 - 2024

«C'était spectaculaire !», résumait-il, en rentrant à Boston, sa visite « magique » de trois jours, fin mai en Tunisie. Célébré par la République, la diplomatie et la communauté scientifique, Moungi Bawendi, 63 ans, Prix Nobel de chimie 2023 (avec l'Américain Louis Brus et le Russe Alexei Ekimov, pour la découverte et la synthèse de points quantiques), était dans la modestie, le partage et les retrouvailles de ses racines familiales. L'émerveillement et l'émotion aussi.
Silhouette élancée, cheveux grisonnants et une voix suave, il a conquis tous ceux qu'il a rencontrés. D'emblée, il a suscité un sentiment fort de fierté nationale et inspiré les jeunes pour aller plus de l'avant. Reçu par le président Kaïs Saïed, le professeur Bawendi a été fait Grand officier dans l'Ordre de la République. Une haute distinction à laquelle il a été très sensible.
Invité par le ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l'étranger, Moungi Bawendi était ravi de retrouver la Tunisie, de rencontrer des chercheurs, des jeunes, des diplomates et des membres de sa famille. Chacune des trois conférences qu'il a données a été sera un grand moment de partage. Le contenu était adapté à l'auditoire, poussant les notions scientifiques et les explications, à l'Enit et à la faculté de Médecine de Sousse qui célèbre son 50e anniversaire, rappelant en outre le souvenir de ses grands-parents, à l'Académie diplomatique. Chaque intervention s'est terminée par ce qu'il estime être des leçons de vie, cinq grandes recommandations qui ont rapidement été reprises sur les réseaux sociaux.
Fidèle à ses origines
Après des études primaires à Tunis, Moungi Bawendi partira avec ses parents à Nice, en France, puis à West Lafayette, dans l'Indiana, aux Etats-Unis d'Amérique. Son père, l'éminent mathématicien Mohamed Salah Baoundi, marié à Hélène Bobard, s'y était résolu après avoir enseigné à la faculté des Sciences de Tunis. Il était le fils du Cheikh Abdelaziz Baouendi, un érudit, fondateur des «Dictées coraniques», mort très jeune en 1940. Sa veuve, Nozha Annabi (décédée en 1996), ira s'installer avec ses enfants auprès de sa famille qui habitait à Bab Souika. Aîné de la fratrie, Mohamed Salah Baouendi brillera au cours de ses études au collège Sadiki, ainsi que pendant ses études supérieures en France, montrant ainsi la voie aux siens. Chaque fois qu'il revient en Tunisie - la dernière fois il y a quinze ans -, Moungi Bawendi ira se recueillir sur la tombe de ses grands-parents.
Un étranger, un outsider
Quand il a débarqué aux Etats-Unis, à l'âge de 10 ans, il ne parlait pas un seul mot d'anglais et avait du mal à se faire comprendre par les enfants des voisins avec qui il voulait jouer. Mais rapidement, il finira par maîtriser la langue. «Dès ces années-là, j'ai commencé à me sentir comme un étranger, perdu, dans cette ville de Purdue, un outsider», dira-t-il. «N'appartenant à aucun club, à aucun groupe, qui m'apporteraient leur soutien, ce sentiment d'étranger ne m'a jamais quitté.» Il apprendra cependant à «jouer collectif», travailler ensemble, transcender les cloisonnements, établir des discussions et échanger.
Aller jusqu'au bout de sa passion
Pour Moungi Bawendi, il faut avoir la passion d'aimer ce qu'on fait. Si on le fait, c'est qu'il est important et on doit se concentrer totalement, en allant jusqu'au bout. Cela exige de la curiosité et de la patience, ainsi que beaucoup de persévérance. Le rôle joué par les professeurs dans la vie des élèves est déterminant, souligne-t-il. Il cite le cas de son professeur de chimie au collège. Il avait détecté sa passion pour cette discipline et l'a fortement encouragé, lui permettant d'obtenir d'excellentes notes.
Apprendre à travailler et réussir les examens
Inspirer les jeunes
Optimiste, inspirant, motivant, Moungi Bawendi livre humblement cinq grandes recommandations:
• Restez curieux: sur tous les sujets, sans jamais vous limiter à votre spécialité
• Continuez à apprendre: sans vous arrêter, dans différents domaines,
• Soyez flexible: quand cela ne marche pas, changez d'orientation
• N'abandonnez pas: ne jamais s'avouer vaincu et s'accrocher
• Profitez de la vie: j'aurais tant aimé l'apprendre plus tôt !
Lorsqu'il devait faire son choix pour ses études supérieures, il était admis dans plusieurs prestigieuses universités, dont Harvard. Se renseignant auprès d'amis et de collègues, ses parents lui recommanderont d'aller à Harvard. La première année, 1978, fut difficile pour lui, parmi des étudiants venant de grands lycées et de grandes villes, bien préparés. « Lorsque j'ai raté mes examens de chimie lors de ma première année à Harvard, en obtenant 20 sur 100, la plus mauvaise note de la classe, je me suis dit : "Ô mon Dieu, c'est la fin pour moi. Je connaissais la matière, mais je ne savais pas comment m'entraîner pour les examens. Dans les examens, le plus difficile ce ne sont pas les questions auxquelles on doit répondre, mais comment répondre juste, et très vite. Il faut apprendre comment étudier, comment passer des examens. J'ai finalement appris à le faire.» Il obtiendra son diplôme de Harvard en 1983.
Moungi Bawendi ira préparer un doctorat à l'Université de Chicago (1983-1988), puis obtiendra une bourse de recherche aux Laboratoires de Bell à Murray Hill (1988-1990). «Il y avait, souligne-t-il, d'abondantes ressources mais assez peu de mains pour effectuer les expériences. Mais on pouvait parler avec chacun de n'importe quel sujet, pas nécessairement scientifique. C'était la culture de l'échange et de la discussion en toute liberté.»
C'est le résultat final qui compte
C'était pour Moungi Bawendi une expérience unique qui se poursuivra lorsqu'il rejoindra en 1990 le Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge. «Au MIT, c'était très spécial, dira-t-il. Beaucoup d'ingénieurs et de chercheurs qui sont installés ensemble dans des bâtiments communs sans affectation par spécialités. Certains centres de recherche combinent ensemble plusieurs disciplines, ancrant une culture de la science et incitant à collaborer tous ensemble. Les chefs de département font confiance aux chercheurs et leur accordent des budgets sans exiger d'eux auparavant des projets bien ficelés. C'est le résultat final qui compte». Faut-il émigrer pour s'engager dans la recherche scientifique et réussir, demande une étudiante de l'ENIT au professeur Bawendi ? «Pas nécessairement, lui répondra-t-il, surtout au début. Les expériences et manipulations sont simples à ce stade et n'ont pas besoin de beaucoup de ressources. Au MIT, on était dans des laboratoires simples et on a pu faire les meilleures découvertes. C'est après, en se fixant des objectifs plus ambitieux, qu'on aura besoin de plus de ressources, à la mesure des étapes à atteindre. Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'émigrer pour réussir. On peut y parvenir avec les moyens du bord et rester en Tunisie, puis envisager d'autres perspectives.»
De véritables leçons de vie. Moungi Bawendi a laissé une forte impression. Il a promis de revenir bientôt pour une autre visite.
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