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On lit de moins en moins et on « bouffe » de plus en plus
Les librairies se transforment en « fast-food »
Publié dans Le Temps le 23 - 11 - 2007

Qu'il s'agisse d'un phénomène social, culturel ou économique, le fait de voir les « fast food » : les vendeurs de « Kaftaji », de « Mlawi », de « chawarma », et de « Chapati » se substituer aux librairies est un signe de transmutation radicale du comportement et des habitudes d'achat du Tunisien.
Il semble qu'il a tendance à manger plus et bouquiner moins. C'est ahurissant, mais c'est la pure réalité. En plus, l'avénement de l'Internet et la prolifération des librairies ambulantes constituent, entre autres des arguments valables à la quasi-dépérissement des librairies de livres neufs en Tunisie.
Trouver une librairie pour acheter un livre devient une tâche ardue. Vous êtes obligés d'aller au centre ville pour vous approvisionner et satisfaire vos besoins. En effet, Il devient de plus en plus difficile de trouver à proximité de chez vous une librairie. Attention, il convient ici de distinguer entre librairie et vente de fournitures scolaires (stylos, cahiers, etc.), pour la simple raison que les vendeurs de fournitures scolaires se trouvent un peu partout. Et, en plus du commerce des fournitures scolaires, ils exercent d'autres activités annexes dont la photocopie et le traitement de textes. Question de gagner plus d'argent. Il se trouve que ces activités sont beaucoup plus lucratives que la vente des livres. Par ailleurs, la prolifération des librairies ambulantes et des librairies d'occasion ont lésé les librairies de livres neufs.
Du fait, les librairies ont tendance à se volatiliser. Du jour au lendemain, le vendeur de fast-food prend la place du libraire. Parfois, le libraire, lui-même, change de métier pour devenir un gargotier ou un préparateur de sandwich. Cet état des lieux, est principalement dû à une transformation des préférences et des habitudes d'achat des ménages tunisiens.
Le Tunisien est capable de dépenser 20 dinars ou plus à l'achat d'un menu complet auprès d'un traiteur plutôt que d'acheter un bouquin. D'ailleurs, 70% de la structure des dépenses des ménages tunisiens sont des dépenses alimentaires. La « bouffe » supplante ainsi la lecture. Le livre devient un bien de luxe, il est classé parmi l'ordre des dernières priorités dans les dépenses des ménages tunisiens. L'envie de lire et même l'intérêt de la lecture suivent une courbe descendante aussi bien pour les âgés que pour les jeunes et c'est ce qui fait que le niveau intelectuel est en dégringolade.
Du point de vue bénéfice et rentabilité, il est clair que la bouffe remporte plus que la lecture. Le fast-food est un business très rentable en Tunisie. Malgré la concurrence, tout le monde gagne. Le gargotier, le restaurant trois fourchettes, le traiteur et les vendeurs ambulants, trouvent tous leur compte.
En fait, il est tout à fait normal qu'un porteur de projet choissise le créneau de la « bouffe » qui correspond aux spécificités de la demande sur le marché et qui lui fait gagner plus d'argent. C'est une question de perte et de profit plutôt qu'une question de déontologie, défendant l'intérêt de la lecture et du patrimoine intellectuel.
Mis à part le changement des habitudes d'achat des consommateurs, la recherche de profit et l'avidité de gagner plus, la propagation des nouvelles technologies de l'information et de la télécommunication dont l'Internet demeure l'une des raisons explicatives de la détoriation de l'activité du libraire. Pour suivre l'actualité, les gens ont de plus en plus tendance à naviguer sur Internet et à commander des livres à distance. L'ère du numérique et de l'e-business ainsi que les pressions du temps font en sorte que les nouveaux moyens de télécommunications supplantent le livre.
Comment peut-on alors préserver et défendre les intérêts des libraires ?
Yosr GUERFEL

*
Témoignage
Am Ali, un ex-libraire : « La désaffection de la lecture, le coût élevé de la gestion courante, la concurrence déloyale des articles chinois, etc ... nous ont poussé à changer de vocation. »
Am Ali avait une librairie connue dans tout le quartier. Il vendait les fournitures scolaires, les petites nouvelles pour les enfants ainsi que les romans et les livres de littérature. L'ère des satellites et de la mondialisation l'ont poussé à changer de vocation. Il explique en ces termes les raisons de son volte-face : « La nouvelle génération ne s'intéresse plus à la lecture. Seuls, quelques vieux résistent. J'ai un loyer à payer et deux ouvriers à faire vivre. Le budget alloué à la lecture n'est même pas 10 % du budget des sandwichs et des cafés. Or, les bénéfices sur ces produits sont plusieurs fois supérieurs à ceux des fournitures scolaires. J'ai résisté pendant un moment. Ensuite, j'ai abdiqué. J'ai une famille à faire vivre. ».
A la question se rapportant à l'existence d'autres librairies qui tiennent encore le coup, il répond : « Ce qui dérange le plus, c'est le coût élevé de la gestion courante. Avec le loyer du local, les paies des ouvriers et les charges patronales, nous étions déjà au bord de l'asphyxie. Avec la concurrence déloyale des produits chinois, les petits libraires n'arrivent plus à tenir le coup. Car, leur clientèle est la même que celle du marché de Sidi Boumendil et des autres marchés populaires. Donc, ces commerces ont été poussés à mettre la clé sous la porte. Pour les grandes librairies, ce n'est pas la même question, ils ont une autre clientèle qui achète la haute gamme importée. Ils subissent moindrement la concurrence. ».
Am Ali s'est arrêté sur une autre problématique : « A l'ère de la mondialisation et des satellites, les jeunes ne lisent plus. En plus, le budget alloué à la bouffe des jeunes est appréciable ; il est largement supérieur à celui de la lecture qui est négligeable. En termes commerciaux, il est plus intéressant d'investir dans le créneau des gargotes que dans la papeterie. »


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