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Le maillon faible !
Sciences - La technologie au service des sphères de production
Publié dans Le Temps le 14 - 01 - 2007

Entre un secteur en évolution (les industries mécaniques, électriques et électroniques), un autre en difficulté (le textile) et un troisième, prometteur (technologies de l'information et de la communication), la Tunisie cherche à diversifier son tissu économique et à se positionner dans d'autres secteurs à l'instar des services et la biotechnologie.
La biotechnologie occupe une place grandissante dans les pays industrialisés. Cette place est essentiellement due à l'importance qu'occupe celle-ci dans les domaines de l'agriculture, de l'alimentation et de la santé. Ceci ne fait que rendre plus urgente la nécessité pour les pays en voie de développement, pour lesquels ces domaines sont vitaux, de se doter des moyens nécessaires pour maîtriser cette technologie. Cette maîtrise passe par la communication scientifique et l'information de la société des avancées dans ces domaines de pointe.

Quels sont nos atouts ?
Pays déjà impliqué dans la biologie moléculaire depuis près de trente ans, les atouts habilitant la Tunisie à développer et à accueillir des investissements dans ce secteur sont multiples. A commencer par le soutien de l'Etat, mais aussi par un cadre légal clair, une législation en matière de brevets conforme aux engagements du pays dans le cadre de l'OMC et des autorités en charge des médicaments ayant une audience internationale, puisque la Tunisie forme les cadres arabes et africains dans ce domaine.
La Tunisie est également impliquée dans les essais cliniques internationaux, et elle participe à la définition des tendances dans les bio similaires qui sont les génériques des biotechnologies.
Autre atout essentiel, notre pays dispose dans cette spécialité de «ressources humaines compétentes» parce que plusieurs organismes ont depuis longtemps commencé à faire leurs premiers pas dans les biotechnologies. C'est le cas notamment du Laboratoire bioprocess au Centre de Biotechnologie de Sfax (CBS), de l'Institut Pasteur, de l'Institution de recherche et de l'enseignement supérieur agricoles (IRESA), de l'INRAT, de l'Institut des Sciences et Technologies de la Mer , de l'Institut des Régions Arides, du CITET, etc.
Enfin, la Tunisie compte près de 380 structures s'occupant de biotechnologies, dont 72 laboratoires, 2 centres de recherches et 2 incubateurs, existent dans le pays, auxquels ont été ajoutés d'autres centres dont celui de biotechnologie dans la Technopole de Sidi Thabet.
Fabriquant déjà quelques produits pharmaceutiques biotechnologiques -dont un anti-diabétique-, la Tunisie est aujourd'hui à la recherche d'investissements étrangers, et de partenariats technico-financiers en vue d'aller plus loin sur cette voie.

Tunisie-Etats-Unis : Coopération dans les recherches biotechnologiques
A cet effet, lors de sa dernière visite en Tunisie, M. Elyes Zarhouni, directeur des instituts américains de la santé (National Institute of Health), s'est entretenu avec les premiers responsables tunisiens de ce secteur. L'entretien a porté sur les moyens de renforcer la coopération bilatérale notamment dans les domaines de la recherche biotechnologique et médicale, la formation post-doctorale et l'échange d'expertises entre les deux pays.
Ils lui ont donné un aperçu du système national de la recherche scientifique et de l'innovation technologique, indiquant que 50% des chercheurs en Tunisie sont spécialisés dans la biotechnologie et les sciences biologiques et soulignant l'importance de la coopération tripartite entre l'institut américain de la santé, la Tunisie et les pays arabes et africains ou entre cet institut, la Tunisie et les entreprises économiques privées.
Par ailleurs, les deux parties ont convenu que le réseau des instituts américains de la santé se chargera de la mise en oeuvre d'un programme de stages au profit de chercheurs et médecins tunisiens du cycle post-doctoral.
Ils ont, également, convenu que la Tunisie puisse tirer profit de l'expertise américaine au sujet des normes référentielles pour la gestion des expérimentations médicales et des soins, outre les systèmes de gestion et d'évaluation des projets de recherche.
A noter que les instituts américains de la santé sont, de nos jours, parmi les principaux centres de recherche médicale dans le monde. Ils se composent de 27 instituts et centres de recherche indépendants, couvrant la majorité des spécialités médicales et sanitaires. Le réseau des instituts américains de la santé est doté d'un budget annuel évalué à plus de 36 milliards de dinars. Il accorde 50 mille bourses de recherche à 212 mille chercheurs et 2800 universités et institutions de recherche aux Etats-Unis et dans le monde.

Les ressources génétiques agricoles : un des fondements de la sécurité alimentaire
Devant la régression continue de ces ressources à l'échelle mondiale, la communauté internationale s'emploie à mettre en oeuvre des mécanismes et des programmes permettant la préservation du patrimoine génétique et son exploitation d'une manière équitable.
A cet égard, le ministère de l'Environnement et du Développement durable a mis au point des programmes et des mesures pratiques consistant notamment en la création de 12 parcs de plantes visant à préserver les ressources génétiques agricoles dans plusieurs régions du pays, en collaboration avec les ministères concernés et en fonction des spécificités régionales: Le grenadier à Gabès, l'olivier et l'amandier à Sfax, le palmier à Deguèch (Tozeur), le pistachier à Sidi Bouzid, l'églantier à Zaghouan, l'abricotier à Testour (Béja), les agrumes dans le gouvernorat de Nabeul, les rosiers à Sousse, les plantes médicinales à Monastir, les vignes et les plantes naturelles à l'Institut national des recherches agronomiques.
L'action se poursuit aussi pour mettre en place la Banque nationale des gènes en charge de la collecte des ressources génétiques, de leur valorisation et de leur commercialisation.
Pour mieux maîtriser les connaissances dans ce domaine, il a été procédé depuis septembre 2006 à la réalisation d'une étude moyennant une enveloppe de 125 mille dinars concernant les ressources génétiques agricoles et à l'élaboration d'un plan d'action pour préserver et valoriser ces ressources en accordant la priorité aux espèces menacées d'extinction ayant une valeur environnementale et économique élevée.
Il a été également procédé à l'actualisation de l'étude et du programme national d'action relative à la biodiversité, de manière à satisfaire les priorités nationales en la matière, tout en respectant les orientations de la convention sur la biodiversité.
Pour se prémunir des répercussions négatives sur les ressources génétiques agricoles locales causées par les organismes génétiquement modifiés (OGM) et les espèces envahissantes, l'on procède actuellement à mettre en œuvre un projet portant sur ''le renforcement des capacités nationales pour appliquer le protocole de Carthagène et le cadre juridique national sur la sécurité biologique'', projet financé partiellement par un don du fonds de l'environnement mondial, d'un coût global estimé à 1,3 million de dinars.
Ce projet contribuera à renforcer les laboratoires et les institutions nationales visant à contrôler et à gérer les OGM afin d'assurer la protection de l'homme et de l'environnement.
Par ailleurs, les efforts déployés dans ce domaine ont été axés sur le développement des utilisations biotechnologiques dans la culture des zones arides et des oasis, en vue de valoriser, d'exploiter au mieux les ressources de ces zones et de nouer un partenariat international afin de développer au mieux les zones arides et réduire l'impact de la sécheresse sur l'avenir de ces régions et de leurs habitants.
Compte tenu de l'étendue des surfaces qu'elles couvrent ainsi que leur rôle économique, les principales réalisations accomplies en matière d'aménagement des zones arides ont porté sur l'aménagement de 36 mille hectares d'oasis, le développement des cultures sous-serre, la promotion des cultures irriguées ainsi que l'amélioration de la récupération des eaux de pluies.
Il s'agit, également, d'encourager les exportations des produits agricoles, de promouvoir l'agriculture biologique et de créer un pôle technologique à Médenine, afin de valoriser au mieux les ressources de la région.

Défis à l'avenir
A l'avenir et pour réussir ce secteur et atteindre les objectifs escomptés, la Tunisie doit édifier ses propres capacités à maîtriser les technologies mondiales et les adapter à ses propres besoins car tout pays qui ne parvient pas à utiliser efficacement la technologie risque fort de voir son niveau de développement reculer et de se retrouver en marge de l'économie mondiale.
Avec 1% du PIB dépensé en 2004, le budget accordé à la recherche scientifique est passé de 90 millions d'euros en 2000, à 114 millions d'euros en 2001 et 122 millions d'euros en 2002 signalant ainsi l'importance extrême qu'accorde la Tunisie à la recherche. A l'horizon 2009, ce budget sera porté à 1,5% du PIB.
Rappelons que la Tunisie dispose d'un réseau de recherche appréciable à travers les 7 universités et les 30 établissements publics de recherche dépendants des divers ministères en particulier de la recherche (8), de l'agriculture (4) et de la santé (5).
Actuellement, le pays compte 395 unités de recherche dont 11 unités spécialisées et 109 laboratoires de recherche reconnus par le ministère de la recherche avec une augmentation de 22% par an de ces structures, regroupant 9151 chercheurs et enseignants chercheurs.


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