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Le bourricot de «l'Ifriqia» est de retour
Publié dans Le Temps le 31 - 10 - 2020

Où est passé la lutte des hommes de lettres et de culture face à l'inertie d'un gouvernement qui n'est pas capable jusque-là d'appréhender le rôle de la culture en dehors de celui des amuseurs du peuple, pitres d'une société qu'on veut à tout prix maintenir dans l'ignorance bien loin de l'éveil de l'esprit .
Le peuple pourrait ainsi se nourrir et se divertir et se tenir, surtout, loin du jeu de la politique et de ses enjeux. Que reste-t-il de la culture sinon du folklore ou un passé à glorifier au détriment d'un présent où la culture dite populaire prend les devants. De la misère culturelle pour tous, en ces temps où la résistance intellectuelle ne donne plus signe de vie.
N'est-ce pas bien l'histoire d'un bourricot qui n'a pas peur d'exprimer son idiotie en ordonnant de fermer théâtres, cadenasser toute vie culturelle et d'interdire aux singes de faire la grimace ? Dans « Une si douce dictature » notre Ben Brik national a bien parlé de l'histoire du bourricot, une espèce d'âne tunisien, qui dans des temps révolus, au début du siècle dernier, était toujours à la peine « sa vie même les chiens n'en veulent pas ». Aujourd'hui, le bourricot typiquement tunisien a pris sa revanche sur la vie et la société. Il n'a pas peur de déverser son idiotie en ces temps où chacun y apporte du sien pour instaurer notre exception ‘' idiocratique'', notre idéal idiocratique qui fait bien des émules. Mais il ne faut pas se leurrer, car le phénomène est parait-il universel, puisque depuis 1976 déjà, un professeur d'histoire économique de l'Université de Californie, un certain Cipolla , a décrit les lois fondamentales de ce qui était pour lui « la plus grande menace pour l'humanité: la stupidité ». Dans un livre qu'il a publié la même année il a fait remarquer que «Les personnes stupides sont dangereuses et créent des dommages avant tout parce que les gens raisonnables ont du mal à imaginer et à comprendre des comportements aberrants. Une personne intelligente peut comprendre la logique d'un voyou. Une rationalité détestable, mais une rationalité... Vous pouvez l'imaginer et vous défendre... Avec une personne stupide, c'est absolument impossible. Une personne stupide va vous harceler sans aucune raison, pour aucun avantage, sans aucun plan et aucune stratégie... Vous n'avez aucune façon rationnelle de savoir quand, où, comment et pourquoi une créature stupide va attaquer. Quand vous êtes confronté à un individu stupide vous êtes complètement à sa merci...». La définition de Marco Cipolla n'a jamais été aussi d'actualité et aussi pertinente pour qualifier notre quotidien de Tunisiens géré par des stupides de tous genres.
« Au lendemain de l'indépendance, en 1956 » disait Ben Brik, le « développement rural a failli être fatal à cette espèce devenue presque inutile. En 1980, on comptait à peine 140 000 ânes en Tunisie, pourtant considérée comme une puissance asine au Maghreb... » écrivait-t-il pour nous donner matière à réflexion sur l'évolution anesque en Tunisie.
M.B.G.


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