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Le mirage d'un Eldorado ...
Emigration au Canada
Publié dans Le Temps le 23 - 04 - 2008


Quand Rachid devient Richard ...
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Procédures d'émigration au Canada
Le Canada est désormais le nouvel Eldorado du monde pour les Tunisiens. Beaucoup d'immigrés tunisiens se sont installés dans ce pays où la neige et le froid ne sont plus un obstacle. C'est devenu le pays de rêve de tous nos utopistes et ambitieux.
Le Canada attire plus de 250000 immigrants chaque année et accueille prés de 2500 Tunisiens.
Les Nations Unies ont placé le Canada en tête des meilleurs endroits où il fait bon vivre! Cette évaluation des réalisations canadiennes est fondée sur le niveau d'instruction, l'espérance de vie, le revenu national et la qualité de vie en général.
C'est le deuxième plus grand pays du monde et le plus froid de tout l'hémisphère. Les flots d'immigrants tunisiens, essentiellement les étudiants, sont séduits par les atouts du système universitaire. Les diplômés sont fascinés par l'optimisation de la chance et par le mode de vie américanisé car on peut dire que le Canada est un peu comme l'Amérique française .
De plus, c'est un pays multiculturel. Il existe des minorités francophones dans toutes les provinces du Canada. Quant à la majorité francophone, elle vit au Québec; la destination rêvée des Tunisiens.
On a certainement remarqué les annonces publicitaires dans tous les journaux et magazines du pays avec des titres qui raisonnent comme un slogan. Et chaque semaine un nouveau bureau pour l'émigration ouvre ses portes.
Quand on dépose sa candidature, il faut compter trois ans pour détecter une chance et avoir un résultat final mais avant tout cela, chaque démarche qu'il faudra suivre, il faut payer des honoraires un peu salés allant jusqu'à 3000 dinars sachant que le dossier pourra être refusé alors que notre candidat s'est endetté auparavant pour pouvoir s'accrocher à une lueur d'espoir.
C'est ce qu'a souligné Imed un diplômé en Marketing :"J'ai déposé ma candidature depuis deux ans et j'attends désespérément la décision finale
Nous savons très bien qu'il y'a des conditions fondamentales qui doivent correspondre à notre profil sous forme de bonus tel que parler la langue française couramment, la langue anglaise est un avantage, l'expérience professionelle est de vigueur, ou bien avoir des proches qui vivent au Canada ce qui est un atout, etc. »
« Ces formalités sont draconiennes et les démarches à suivre sont multiples jusqu'à ce que le candidat se lasse et se vide les poches.
En revanche si un étudiant veut poursuivre ses études là-bas tout ce qui importe c'est l'argent et cette somme d'argent elle est colossale dépassant les 25.000 dollars canadiens comportant le loyer, les frais de scolarité et les dépenses au quotidien. En bref, il n'y a que les gosses de riches qui peuvent se permettre d'aller étudier là-bas » a affirmé Moez un nouveau bachelier qui est parti pour étudier le commerce international à Montréal.
En Tunisie, on considère les facultés canadiennes comme étant de prestigieuses écoles de renommée mondiale à l'instar de Harvard aux Etats Unis ou encore d'Oxford en Angleterre.
Cependant c'est devenu le pays où il faut y aller sans détour ni regret soit pour les ouvriers, les fonctionnaires ou même les élites.
Dans les années 70,80,et 90 nos grands parents et nos proches visaient l'Europe et émigraient en masse vers la France. Aujourd'hui c'est le Canada.
On parvient à un fait tout simple : c'est un pays anglophone et francophone à la fois, les jeunes tunisiens sont fascinés par le rêve canadien; concrétiser leur objectif et le vivre pleinement.
C'est un phénomène qui fait mouche et ce depuis 10 ans. Contrairement aux clichés stéréotypés, l'aventure dans laquelle se lancent ces émigrés relève du parcours du combattant.
En revanche derrière ce mythe urbain se cache une vérité moins reluisante.
L'envers du décor ! Quand Rachid devient Richard! Quand une obstétricienne devient une nounou et un ingénieur devient un ouvrier!

Difficile depuis le 11 septembre
Depuis le 11 Septembre , les conditions de vie sont devenues infernales pour les Arabes musulmans y compris pour les Tunisiens.
C'est la cas d'Aziza, 45 ans, obstétricienne qui a émigré avec son mari et ses enfants. Elle voulait offrir une meilleure éducation à ses enfants et croyait qu'elle allait exercer son métier voire accèder à une échelle supérieure. Mais son diplôme n'a pas été reconnu par l'Etat et elle s'est retrouvée en chômage. "Tout s'était écroulé" dit -elle. « Je croyais que j'allais bien gagner ma vie et mener une vie de luxe. J'ai souffert de dépression pendant un an, j'ai pris énormément de poids. Quant à mon mari qui est ingénieur en électricité il fut obligé de travailler comme ouvrier dans une usine et suivre en parallèle une formation de 6 mois. Je ne pouvais pas faire machine arrière. Nous avons cherché à remédier et nous avons décidé d'aller de l'avant pour mes enfants. Après un an, j'ai trouvé un boulot comme nurse dans un jardin d'enfant pour un salaire de 1500 dollars.
Rachid devient Richard. Rachid a changé de nom pour pouvoir intégrer et décrocher un travail digne. « Déraciné, désorienté, Je n'ai pas eu alternative et j'ai opté pour la solution le plus simple et la plus dégradante ».
Catherine Handfield une journaliste québequoise a affirmé que: "Persuadées que cela pouvait faciliter leur intégration dans la société québécoise, plus de 450 personnes d'origine arabe ont demandé au directeur de l'état civil de changer de nom depuis septembre 2001."
"L'Etat les voulait, il les a eus. La politique d'immigration québécoise des années 90 visait les francophones qualifiés. Quelque 60 000 Arabes sont arrivés au cours de cette décennie. Mais 20 ans plus tard, le portrait est peu reluisant, particulièrement chez les musulmans".
Rachid Elhajj est de ceux-là. En 2004, il a fait des démarches dans l'espoir de pouvoir faire inscrire un jour «Richard Spencer» sur son passeport. Rachid a poursuivi des études en télécommunications à Montréal. «Tout le monde peut aller à l'université au Québec, dit-il. Mais quand vient le temps de trouver un emploi, c'est autre chose.»
Les histoires de ce cas se succèdent et se ressemblent.
Meryem AYADI

Procédures d'émigration au Canada
Pour de plus amples informations sur l'émigration au Canada, nous avons reçu de l'ambassade les précisions suivantes :
L'immigration vers le Canada s'effectue individuellement. Elle n'est donc pas régie par des contrats entre pays. Celui ou celle qui a les compétences recherchées a toutes les chances d'être sélectionné par les services spécialisés. À cet égard, chaque année, plus de 250 000 nouveaux arrivants s'établissent dans l'ensemble du pays, ce qui équivaut à un peu moins de 1% de la population canadienne. En ce qui a trait à la Tunisie, de janvier 2006 à octobre 2007, 1200 citoyens de notre pays se sont installés au Canada en tant que travailleurs qualifiés et près de 400 en regroupement familial pour un total de 1600 individus qui ont été reçus comme immigrants et résidents. De plus, chaque année, plus de 600 étudiants et travailleurs temporaires partent pour le Canada et 2500 tunisiens visitent également ce pays.
Pour mieux faire connaître ses programmes d'immigration, l'ambassade de Canada a organisé en novembre dernier avec le concours de l'Agence Tunisienne de Coopération Technique (ATCT) une journée porte ouverte au cours de laquelle elle a fait connaître le programme canadien d'immigration francophone, un programme qui, en plus de l'immigration vers le Québec, vise la promotion de l'immigration de francophones au sein de communautés de langue française dans les autres provinces canadiennes. Près de 800 professionnels tunisiens dans les domaines de la Santé, de l'Education et de l'Ingénierie ont participé à cette journée qui a connu un franc succès.
D'ailleurs, elle compte poursuivre sur cette voie dans l'espoir que les programmes d'immigration vers ce pays soient mieux connus en Tunisie! Pour de plus amples renseignements sur l'immigration au Canada, les lecteurs peuvent consulter le site internet au www.tunis.gc.ca
Par ailleurs il est à préciser que la coopération technique sous forme de contrats entre Etats telle qu'elle existe entre la Tunisie et certains pays africains et moyen-orientaux selon laquelle la Tunisie fournit, souvent par le biais de l'ATCT, des Tunisiens formés dans diverses disciplines est un mécanisme qui n'est pas utilisé par le Canada car la démarche migratoire vers le Canada est une démarche individuelle.
Le Canada n'a pas, depuis le 11 septembre 2001, changé ses procédures ni son approche mais encore connaît-il toujours des pénuries grandissantes dans certains domaines et le gouvernement canadien y remédie par le biais de ses programmes d'immigration qui reposent sur des critères de sélection (et non des quotas) pour atteindre les cibles qu'il se fixe à chaque année. Ces critères de sélection s'appliquent individuellement et de la même façon peu importe la nationalité du requérant.


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