2026 : Ramadan et Carême coïncident pour une convergence spirituelle    La Souveraineté à l'ère de l'Intelligence Artificielle: au-delà des serveurs, une architecture de choix    Aux frontières de l'harmonie perdue: cycles civilisationnels et destin des sociétés à la lumière de Ibn Khaldoun    Andropause: sortir du silence    OMS Tunisie et Alliance Tunisienne Contre le Tabac : 30 jours / 30 épisodes pour arrêter de fumer    Mövenpick Hôtel du Lac Tunis dévoile sa campagne spécial Ramadan 2026 : "لوتيل – Loutil", l'hôtel qui nous rassemble    Ramadan : 2 079 infractions économiques relevées en Tunisie    Alignement de six planètes le 28 février : un phénomène rare visible à Tunis    Vivez une expérience Samsung Galaxy Camera fluide pour une création de contenu facile    Météo en Tunisie: temps peu nuageux, températures stationnaires    Le Stade Tunisien demande les enregistrements du VAR    Ramadan : plus de 71 tonnes de produits alimentaires impropres à la consommation saisies    Lancement des examens du 2e trimestre : le calendrier complet    Le paradoxe de la primauté du matériel informatique dans la région MENA : pourquoi nous privilégions les boîtes sur l'intelligence    L'Espérance réclame des explications sur les décisions arbitrales    L'empreinte des siècles sur le Maghreb: Quel potentiel unitaire?    La Marsa en deuil : Décès du Dr Slim Meherzi, pédiatre de cœur et ancien maire    Un nouveau livre de Faouzia Farida Charfi : Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui    Ouvrage Les plus belles mosaïques de Tunisie : l'art ancestral de la mosaïque à l'honneur    11.000 tonnes sur le marché, mais l'huile subventionnée reste introuvable    Ramadan en Tunisie : rester proche malgré la distance grâce à Taptap Send    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    Annonce officielle des arbitres pour le derby tunisien    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Attijari bank célèbre la transmission et les liens intergénérationnels au sein de la diaspora avec une campagne baptisée "يعيش فينا رمضان" à l'occasion du Ramadan 2026    La Voix de Hind Rajab primé au gala Cinema for Peace à Berlin, Kaouther Ben Hania refuse la récompense    Abderrazek Kéfi, ancien ministre de l'Information, est décédé    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Ramadan en Tunisie: entre spiritualité et gourmandise (Album photos)    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Nos élèves sont-ils devenus dépendants du portable ?
Milieu scolaire
Publié dans Le Temps le 10 - 05 - 2008

Il n'y a pas chez nous de loi interdisant strictement l'usage du téléphone portable dans nos écoles, sauf en temps d'examen. Aujourd'hui plus de 80% des élèves de l'enseignement de base et secondaire sont en possession d'un portable. On ne peut pas les priver de cet appareil qui constitue pour la plupart un moyen de liaison efficace et rapide entre les enfants et leurs parents en cas d'urgence.
Mais ce qu'on peut reprocher chez ces élèves, c'est surtout l'usage qu'ils en font pendant les heures de cours.
Il n'y a pas chez nous de loi interdisant strictement l'usage du téléphone portable dans nos écoles, sauf en temps d'examen. Aujourd'hui plus de 80% des élèves de l'enseignement de base et secondaire sont en possession d'un portable. On ne peut pas les priver de cet appareil qui constitue pour la plupart un moyen de liaison efficace et rapide entre les enfants et leurs parents en cas d'urgence. Mais ce qu'on peut reprocher chez ces élèves, c'est surtout l'usage qu'ils en font pendant les heures de cours. Le téléphone mobile devient ainsi un jouet électronique entre les mains de nos élèves peu soucieux des risques qu'ils peuvent courir suite à une utilisation exagérée et souvent inutile de cet appareil. Dans des proportions moindres, les élèves du primaire sont aussi touchés par ce phénomène. Ces gamins veulent profiter à leur tour de la technologie moderne en possédant leur propre portable qu'ils reçoivent de leurs parents en guise de cadeau d'anniversaire ou en récompense à une réussite scolaire ! Il faut dire que ces petits enfants sont de vrais cracks dans la manipulation de leurs portables. Que dire alors des collégiens et des lycéens ! En effet, ces derniers l'utilisent à tort et à travers, partout à la récré et même dans les salles de classe pour se faire passer des SMS ou procéder à un téléchargement des photos, des séquences vidéo ou des chansons qu'ils échangent par Bluetooth.. Tout cela se passe à l'heure du cours, dans le dos du prof. Mais beaucoup sont pris en flagrant délit en train de prendre même des photos de leurs camarades ou de leur prof.
D'autres sont surpris alors qu'ils sont absorbés par l'un de ces jeux programmés dans le portable ! Et ce qui est pire est que le portable sonne souvent en cours alors qu'il doit être coupé avant l'entrée en classe ! « Cela arrive souvent, nous confie un prof, alors qu'on est en plein cours, on entend un portable sonner dans un cartable ou dans une poche, c'est la mère du gosse qui lui téléphone pour savoir si ça ce passe bien ! Le déroulement de la leçon est alors perturbé ! » C'est devenu quotidien de voir des portables saisis par le prof et remis à l'administration : l'élève concerné est alors puni, le portable est récupéré ensuite par ses parents mais finit par se trouver de nouveau entre les mains de l'enfant, qui refait bientôt son délit. Et ainsi de suite... Les dépassements dangereux liés au portable sont nombreux. La pratique la plus grave est celle appelée « happy slapping », sûrement importée de l'extérieur, de par son nom étranger, (de l'anglais slap = gifle), un jeu idiot qui consiste à filmer avec son portable une agression physique perpétrée sur un élève et à la diffuser ensuite sur des blogs ou à l'envoyer vers d'autres portables, histoire de se marrer ! Et puis, c'est une sorte de défi dans lequel se lancent certains élèves pour montrer à leurs camarades ce dont ils sont capables !
Ajoutons à cela le vol des portables dans les écoles qui devient un phénomène inquiétant. Plusieurs cas de vol sont déclarés par des élèves victimes à l'administration de l'établissement qui procède à une enquête souvent sans résultat, faute de preuves ou de témoins. Pourtant, l'administration ne cesse de rappeler aux élèves de ne pas porter d'objets de valeur à l'école (bijoux, fournitures scolaires de luxe...). Le portable passe ainsi pour un objet de valeur, du moment que certains élèves disposent de portables dernier cri dont le prix est très élevé ! D'autres élèves distraits et maladroits peuvent rentrer le soir sans leur portable parce qu'ils l'ont tout simplement oublié à l'école ou laissé tomber dans la rue, le bus ou le train ! Faut-il blâmer les parents pour avoir acheté aussi cher un portable à leur rejeton qui, généralement, n'en apprécie pas la valeur et risque de le perdre à tout moment, d'une manière ou d'une autre. Car, il faut dire que la plupart des élèves possédant un portable (surtout ceux du primaire et du collège) peuvent se faire racketter à tout moment, puisqu'ils s'en servent à tous les coins de rue ! Les cas de rackets sont malheureusement très fréquents ! Et dire que des téléphones portables conçus spécialement pour des gamins en très bas âge (3 à 8 ans) sont de plus en plus mis en vente sur le marché. Ils sont si simplifiés qu'on peut les assimiler à un jouet. Où sont donc les associations de défense de l'environnement et celle du consommateur ? Ces associations doivent dénoncer publiquement la dangerosité de ces portables mis en permanence à la disposition des jeunes enfants, ne serait-ce que du côté sanitaire, étant donné que leur cerveau est en plein développement et qu'il est établi scientifiquement que l'enfant absorbe 60% d'ondes électromagnétiques de plus qu'un adulte ! Le rôle de ces associations consiste à susciter certaines précautions chez les parents concernant l'achat de téléphones portables pour leurs enfants, en les mettant en garde contre les risques auxquels ils les exposent en leur présentant à l'occasion de leur anniversaire ce « maudit » cadeau !
Aux dires des jeunes contactés dans des collèges et lycées, le téléphone portable est devenu un outil indispensable dont ils ne peuvent se passer ; ils y tiennent comme à la pupille de leurs yeux. D'ailleurs, certains trouvent que l'administration scolaire n'a pas le droit d'interdire l'utilisation du portable dans l'établissement prétextant que certains cas urgents nécessitent le recours au portable pour prévenir immédiatement les parents : « Il y a des cas urgents qui n'attendent pas et nous sommes obligés d'utiliser le portable, par exemple : refus de se faire octroyer un billet de retard, une exclusion éventuelle du cours, un accident scolaire quelconque, un appel urgent de la part d'un parent... » D'autres vous tiennent le même discours en termes plus provocateurs : « Il n'y a pas de raisons sérieuses pour l'interdiction du portable à l'école. Le fait que certains perçoivent d'un mauvais œil l'utilisation du portable par la majorité des élèves dans l'enceinte scolaire relève d'une certaine attitude conservatrice des adultes envers les technologies modernes, alors qu'ils l'utilisent eux-mêmes, combien de fois le portable d'un prof sonne en plein cours et souvent il n'hésite pas à répondre à l'appel ! » D'autres élèves plus raisonnables vous déclarent : « Personne ne peut nier l'utilité du portable pour les élèves quand il s'agit d'un problème sérieux qui nécessite le contact des parents. Mais pendant les cours, il faut qu'ils sachent qu'ils sont fautifs sur ce point, la salle de classe est faite pour étudier et non pour téléphoner. L'administration doit obliger les élèves à éteindre leurs portables avant l'entrée en cours sous peine de sanctions très sévères ! » Et pourtant, la plupart des élèves n'éteignent pas leurs appareils et se contentent de les mettre sur le mode silencieux, ce qui leur permet de consulter chaque appel et peut-être d'y répondre au moins en envoyant discrètement un message ! En agissant de la sorte, nos élèves sont-ils devenus dépendants du téléphone portable ? Cependant, le choix final appartient en premier lieu aux parents, car ce sont eux qui payent la facture. A eux de voir s'ils souhaitent ou non doter leurs enfants de téléphone portable et surtout à quel âge. A l'état où nous sommes arrivés, le bon sens est de conseiller à nos chérubins d'en faire une utilisation modérée.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.