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Ces préjugés réducteurs
Femmes au foyer
Publié dans Le Temps le 22 - 08 - 2008

Malgré l'émancipation de la femme tunisienne, il y a encore chez nous des milliers de femmes qui restent au foyer, non par obligation mais suite à un choix personnel. Dépendantes financièrement de leurs maris, ces femmes au foyer ne sont pas pour autant à plaindre. Bien au contraire, il faut les estimer et les vénérer pour la tâche ô combien noble qu'elles sont en train d'accomplir:
l'éducation des enfants et l'occupation des affaires domestiques. Le fait qu'une femme ne veut (ou ne peut) pas travailler à l'extérieur et qu'elle n'a pas de revenus personnels, peut-on le considérer comme un facteur de stabilité, d'équilibre et de bonheur du foyer ou, au contraire, un signe de soumission et d'infériorité par rapport à son mari ?
Pour ce qui est de la dépendance de ces femmes au foyer, le mot est peut-être trop fort pour l'attribuer à quelqu'un qui se met au service des siens et de son foyer. De plus, dans la vie, toute personne, quelle que soit sa situation, est dépendante de l'autre : les femmes qui travaillent en dehors du foyer ne sont-elles pas dépendantes d'autres personnes dans leur travail ; qui de son patron, qui de ses clients, qui de ses fournisseurs, qui de ses associés... ? Cette dépendance professionnelle est peut-être plus contraignante, voire plus gênante, de par son aspect formel et officiel, pour la femme au travail. alors qu'une femme au foyer, qui prend soin de ses enfants et de leur éducation et s'occupe des affaires domestiques, s'y adonne de plein gré et à cœur joie, sans contrainte aucune si ce n'est le devoir maternel.

Ni ignorantes, ni analphabètes
De plus, les femmes qui ont choisi de garder le foyer ne sont ni ignorantes ni analphabètes ; elles ont été toutes été à l'école, ont un certain niveau instructif et certaines ont eu des diplômes supérieurs. Elles ont préféré s'occuper de leur maison, de leur famille en permettant à leurs conjoints de se consacrer pleinement à leur travail, consacrant ainsi un principe économique élémentaire, à savoir, la division de travail. Ces femmes qui ont préféré travailler à l'intérieur qu'à l'extérieur éprouvent une certaine satisfaction en regardant leurs enfants grandir sous leurs yeux, bien étudier grâce à leur assistance et réussir brillamment dans leurs études. L'expérience a montré que l'absence des deux conjoints pendant toute la journée pourrait avoir des conséquences néfastes sur leurs enfants, livrés à eux-mêmes durant toute leur scolarisation. Il faut bien quelqu'un pour les encadrer, les contrôler, les diriger dans ce monde plein de tentations et de mauvaises surprises. Il n'est pas à démontrer que l'échec scolaire de la plupart des enfants est dû essentiellement à la démission totale des parents, absorbés, chacun de son côté, par le travail et le souci de gagner plus, au point de négliger les affaires de leur progéniture.
C'est donc un choix qu'on doit respecter, tout comme celui des femmes qui ont préféré de travailler en dehors du foyer. Qu'elle soit au foyer ou à l'extérieur, la femme contribue par son travail au développement du pays et au progrès de la société ; l'économie du pays a besoin de toutes les ressources humaines et de toutes les compétences masculines et féminines pour son essor. Cependant, quand une femme décide de rester au foyer, jugeant que la situation professionnelle et financière de son mari est assez suffisante pour vivre à l'abri du besoin ou même aisément, il faut la saluer pour son choix, car les tâches ménagères et l'éducation des enfants sont l'apanage de la femme, de la mère au foyer.

Le travail à mi-temps
Le système du travail à mi-temps, institutionnalisé depuis quelque temps en Tunisie, est à encourager. C'est une solution adéquate aux mamans qui veulent consacrer une partie de leur temps à la garde et l'éducation de leurs propres enfants. C'est l'avenir des enfants qui est en jeu. Un cruel dilemme auquel sont confrontés beaucoup de mères de famille : il faut choisir entre une éducation saine, solide et équilibrée des enfants qui les prémunit contre toute déviation dans la vie, quitte à vivre modestement avec le salaire unique du mari ; ou bien tenir à son travail en confiant ses rejetons dès la naissance aux crèches et aux garderies qui décideront de leur sort et qui, d'ailleurs, ne peuvent en aucune manière compenser l'absence de la mère. La présence permanente de la mère auprès de ses enfants est un principe évident inscrit dans la nature humaine. D'ailleurs, des études récentes prouvent que les troubles de comportement chez les enfants qui passent toute la journée en garderie sont de plus en plus fréquents.
Il parait qu'aujourd'hui la femme, qu'elle soit au foyer ou qu'elle exerce une activité professionnelle, souffre d'épuisement et de stress. Ainsi, les mères au foyer peuvent avoir l'impression d'être improductives, donc insignifiantes, économiquement parlant. De même, elles souffrent souvent d'un manque de reconnaissance de la part de leur mari ou de la société, malgré l'effort qu'elles font pour sauvegarder la famille. Quant aux femmes qui travaillent en dehors du foyer, elles dépensent beaucoup d'énergie et de temps pour concilier entre les tâches professionnelles et les tâches domestiques, mais elles sont souvent déçues en découvrant que les résultats escomptés ne sont pas toujours atteints !
Hechmi Khalladi

Témoignages
** Fatma, 35 ans : « Je suis femme au foyer et je m'occupe de mes trois enfants. Cela a été un choix personnel et mon mari était d'accord. Avant la naissance du premier enfant, je travaillais, et depuis, j'ai pris la décision de rester à la maison ! »
**Olfa, 40 ans : « Je trouve cela normal, j'ai pourtant un diplôme en informatique. J'ai préféré me consacrer à l'éducation de mes enfants tant qu'ils sont encore petits ; et je ne le regrette pas. Bien sûr, je dépends financièrement de mon mari, tant qu'il gagne bien sa vie, où est le problème ? »
**Leila, 45 ans : « Quoi de plus beau que de s'occuper de sa maison et de ses enfants dans ce monde ! Les femmes qui travaillent à l'extérieur rentrent très fatiguées, très stressées et sont obligées de faire le ménage le soir pendant que je regarde la télé ! »
**Houda, 30 ans : « Soumission ? Dépendance ? Il n'y a rien de tout cela. Surtout quand il s'agit d'un choix personnel. Et puis, être au foyer, ce n'est pas un oiseau dans une cage ! J'ai ma voiture, je sors pour faire des courses, pour ramener les enfants de l'école, rendre visite à des amies... Il n'y a pas seulement les travaux ménagers ! »
Témoignages recueillis par H.K


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