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Nécessité de multiplier les banques de sperme en Tunisie
Infécondité masculine
Publié dans Le Temps le 14 - 10 - 2008

4 à 5 % des couples ne pourront pas avoir d'enfants au cours de leur vie. Mais on a parfois l'impression trompeuse que l'infertilité est plus répandue qu'autrefois, car les couples qui ont du mal à être parents demandent plus souvent et plus rapidement conseil à un médecin.
Il y a quelques décennies, la plupart des problèmes de fertilité étaient considérés comme étant dus à la femme. Mais la part de la responsabilité masculine dans l'infertilité s'est accrue au fil des années. Aujourd'hui, on considère qu'une hypo fécondité masculine est présente dans la moitié environ des couples infertiles. Pr. Patrick Thonneau docteur en médecine, président de la société d'andrologie de langue française et représentant de l'Institut de Recherche pour le développement en Tunisie vient de présider du 9 au 11 octobre le XXVème congrès de la société d'andrologie de langue française à Yasmine Hammamet. Il nous livre ses impressions sur les raisons de l'infécondité masculine et son traitement


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Le Temps : Quelles sont les raisons de l'infécondité masculine ?
Pr. Patrick Thonneau : Avant on pensait que l'infécondité était toujours liée à la femme. On s'est rendu compte depuis une vingtaine d'années que l'homme était responsable à peu près de la moitié des couples inféconds. D'où l'importance d'explorer pourquoi l'homme a des difficultés à avoir un enfant et lui proposer un traitement. L'infection est parmi les causes importantes de l'infécondité notamment les infections sexuellement transmises ou bien véhiculées par la femme qu'il importe de les traiter car ces infections vont entraîner une maladie chronique, vont rétrécir les petits canaux qui permettent aux spermes de s'écouler et vont entraîner des stérilités quasi définitives. Parmi les autres causes d'infécondité chez l'homme il y a les antécédents de testicules mal descendus à la naissance (cryptorchidie). Il faut que les pédiatres apprennent à diagnostiquer cette pathologie et proposer un traitement médical ou chirurgical pour faire descendre le testicule dans les bourses. Si ces jeunes enfants ne sont pas opérés, ils vont avoir des difficultés pour avoir des enfants lorsqu'ils sont adultes. Il y a aussi des causes génétiques et familiales.

L'environnement n'a pas d'impact sur cette infécondité ?
Les congressistes ont beaucoup parlé de l'environnement. Est que les pesticides ou les conditions de vie ont un impact sur l'environnement ? Il y a des doutes, il y a des hypothèses. Mais pour le moment, il n'y a pas de conclusions possibles. On s'interroge sur le milieu agricole par exemple. Les agriculteurs qui sont beaucoup exposés à certains types de pesticides pourraient avoir plusieurs difficultés à faire des enfants. C'est le cas aussi du travail de certains ouvriers dans les industries. Pour le moment, on n'a pas de certitudes. On ne peut pas proposer des règles et des conduites. C'est plutôt du domaine de la recherche.

Quel est le traitement à suivre ?
Prévenir et faire un diagnostic précis. En Tunisie, il y a très peu de services de gynécologie et d'andrologie qui sont concernés par l'homme. Il y a quelques bonnes équipes. C'est pour cela nous avons effectué durant ce congrès des séances de formation où nous avons appris aux médecins à faire de l'andrologie, interroger les hommes, les examiner et leur proposer un traitement antibiothérapie ou un traitement inflammatoire. Parfois, on a recours à la chirurgie. Assez souvent, on a besoin de récupérer des spermatozoïdes avec un pharmacien biologiste et proposer une fécondation in vitro, une manière de résoudre l'infécondité masculine. En Tunisie, cette spécialité est très développée. Il faudrait aussi réfléchir à multiplier le nombre des banques du sperme car parfois lorsqu'on va opérer ces hommes on va trouver un peu de spermes mais les conditions ne sont pas propices pour que ce sperme soit utilisé le jour même. On est obligé de le jeter. D'où la nécessité d'avoir une banque de sperme, de récupérer le sperme de ce Monsieur de le congeler pour lui permettre de l'utiliser dans un an ou deux ans. Autre exemple, des jeunes hommes vont présenter un cancer. Ils n'ont pas envie de faire des enfants. Ils vont peut-être devenir définitivement stériles. Là il faudrait proposer à ces jeunes adultes de faire du sperme et de le déposer dans une banque et dans dix ans lorsqu'ils ont envie ils ont leur sperme et pourront avoir des enfants qui sont d'eux. En Tunisie, les banques de sperme commencent à se développer. Mais on doit les multiplier.


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