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Tout le monde à « Barchalouna » !
Quais et abris dans les stations de métro et de bus
Publié dans Le Temps le 28 - 11 - 2008

*Microcosme typique des stations de Tunis, « Barchalouna » est une espèce de cour de miracles. Et ce n'est pas un problème inhérent au transport. La municipalité de Tunis est plutôt indifférente quand il s'agit d'assurer des conditions d'attente décentes aux contribuables.
Il y a des situations qu'on ne doit jamais prendre à la légère parce qu'à la longue, elles donnent malheureusement lieu à des drames qui marquent à tout jamais la victime et son entourage. La Transtu, nouveau nom pour ce qui était il y a quelque temps la SNT, doit méditer la première cette vérité simple et en même temps profonde. Ne pas retenir les leçons des tragédies qu'on a causées c'est la pire des négligences et la plus irresponsable des insouciances. Inutile d'invoquer le manque de moyens financiers, foin des hypocrites excuses qui viennent toujours trop tard, c'est ridicule également d'accuser la fatalité de tous les maux à l'origine desquels se trouvent les mains d'un chauffeur trop sûr de lui et qui l'est beaucoup moins de la machine qu'il conduit !
Parmi les situations déplorables que nous pouvons évoquer et dont les responsables des différentes sociétés de transport sont parfaitement conscients sans pour autant y remédier efficacement, il y a lieu de citer d'abord celle des quais et des abris réservés aux passagers du métro et des bus. Soit ils n'existent plus ou n'ont jamais existé, soit ils sont trop petits pour accueillir des centaines d'usagers en même temps, soit- et c'est là le plus grave dans l'affaire- ils ne sont pas assez ou pas du tout sécurisés ! La municipalité de Tunis ne prête pas de son côté attention à la mise à niveau de ces espaces. Les trottoirs sont très mal conçus et parfois n'existent pas. Par conséquent, les usagers se trouvent en pleine chaussée d'où le risque d'accidents.

De jour comme de nuit
Commençons par là, les stations de la Place Barcelone à Tunis. C'est fou ce que l'endroit accueille comme monde de jour comme de nuit ! De plus sur cette aire de quelques centaines de mètres carrés circulent des milliers de véhicules que conduisent des personnes toujours pressées de dépasser la voiture qui est devant et de donner des sueurs froides aux piétons qui leur barrent la route. Les chauffeurs des bus de la Transtu figurent en bonne place sur la très longue liste des amateurs de courses folles en plein centre-ville ; pas tous peut-être, mais une bonne majorité répond au profil de cascadeur !
Pour revenir à la Place Barcelone, nous savons tous qu'elle abrite à la fois les stations de plusieurs lignes de bus parmi les plus sollicitées, et celles des lignes de métro vers Ben Arous, El Mourouj, Denden, l'Ariana qui transportent quotidiennement et à toute heure des dizaines de milliers de personnes ! Les espaces réservés aux passagers y sont de plus en plus étroits puisque des dizaines de commerces et de guichets en ont grignoté les deux tiers. Aux heures de pointe, le risque d'être écrasé par un bus est quadruplé, notamment quand il pleut et que la bousculade bat son plein !
Du côté de la station de métro, le nombre de voies n'a pas bougé d'un pouce, mais les voitures qui les empruntent chaque jour se comptent par centaines désormais. La nouvelle ligne vers El Mourouj a résolu un problème d'encombrement à l'intérieur des wagons pour en créer un autre sur les quais de l'arrêt. Il faut voir la foule qui envahit les lieux notamment entre 17 heures et 21 heures ! Toute la population des quartiers du sud de la capitale se donne rendez-vous à...Barchalouna ! Dans de telles situations peut-on toujours garantir de s'en sortir indemne surtout qu'il suffit d'un coup d'épaule involontaire du voisin pour que vous vous trouviez nez à nez avec la voiture d'un métro de passage à cet instant fatal !
Messieurs de la Transtu, la station de Barcelone n'est malheureusement pas le stade de Camp Noue qui accueille par dizaines de milliers et dans le confort d'un salon de luxe, les supporters catalans. Alors anticipez les drames et les tragédies avant qu'ils ne se produisent, et qu'ils ne se reproduisent !

La nuit des temps !
Pensez également à résoudre les mêmes problèmes de sécurité et d'encombrement du côté de la station du boulevard Hédi Saidi. Là aussi, l'espace passager se rétrécit chaque jour un peu plus et les usagers du bus se trouvent toujours au milieu de la chaussée à attendre un car qui met du temps pour arriver et pour les transporter tous. Les bus surchargés et les stations mal conçues ou très exiguës contribuent en partie aux embouteillages fréquents en centre-ville et créent toutes les conditions pour des accidents meurtriers. Qu'attend la Transtu pour agir ? La société est-elle déficitaire au point de fermer les yeux devant ce qui se passe et de dire c'est la faute au budget, au citoyen, au plan mal fichu de la ville, à l'exode rural, au mauvais temps, à l'état de la chaussée ou à une « erreur humaine »!
Devant l'hôpital Charles Nicolle, la toute petite station mitoyenne des Urgences n'est pas non plus une fierté de la capitale, elle fait plutôt honte à des centaines de passagers qui, ne pouvant y trouver de place, se réfugient sous le pont d'en face bien que l'endroit pue toutes sortes de matières fécales. A l'apparition du bus qu'ils attendent, ils traversent le boulevard parfois imprudemment et s'exposent ainsi à un danger certain. Sur le trottoir gauche de la rue voisine qui mène à Mellassine, les élèves de l'ancien lycée technique cherchent la station dans une obscurité totale à partir de 18 heures ! Nous avons vécu de près la situation et avouons qu'elle nous a fait remonter à la...nuit des temps !
Nous avons vécu presque la même confusion et à la même heure devant la Faculté des Sciences humaines située sur le boulevard du 9 Avril : il faut prendre toutes ses précautions pour ne pas heurter un arbre ou un autre usager des mêmes lignes et pour rentrer sain et peut-être sauf chez soi !

Désastre en vue ?
La capitale n'a pas l'apanage de ces arrêts de bus à risque : Sousse et Sfax lui font de la concurrence dans ce domaine. A Sousse, par exemple, la station de Bab El Gharbi accueille sur seulement 50 mètres plus de 1000 taxis, et plus de mille bus par jour sans compter les voitures qui traversent la rue voisine par milliers aussi. Il va sans dire que les espaces pour passagers y sont presque insignifiants ; c'est pour cela d'ailleurs que ces derniers se voient poussés par on ne sait quel réflexe vers la chaussée d'en face au risque de leur vie bien évidemment !
Nos villes ne sont pas faites, il faut hélas en convenir, pour des trafics aussi denses ! C'est pour cette raison qu'il faut prendre des mesures qui en tiennent compte. Résoudre les problèmes de transport dans les villes surpeuplées ne doit pas se faire aux dépens de la sécurité des habitants. Sauvegarder une seule vie humaine mérite de sacrifier une nouvelle ligne de métro ou de bus pour laquelle le terrain n'est pas suffisamment balisé.
Dans quelques années, les grandes villes tunisiennes et principalement Tunis et Sfax seront impossibles à décongestionner et ce n'est pas la nouvelle ligne de métro vers la Manouba, avec tout ce qu'elle présente comme avantages, qui nous sauvera du désastre !


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