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La Tunisie est considérée comme un pays-modèle, dans la région
40 ans de relations tuniso-sud-coréennes : M. Son Se-Joo, ambassadeur de la République de Corée du Sud en Tunisie
Publié dans Le Temps le 14 - 02 - 2009

M. Son Se-Joo est dans la diplomatie depuis 29 ans. Il a fait le Gabon, la France, l'Egypte, New York (mission de l'ONU) et l'Irak.
Il est en Tunisie depuis deux ans et demi et ce n'est pas par hasard si le volume des échanges entre les deux pays a doublé, même s'il précise, que c'est d'abord une volonté commune aux deux pays qui intensifie cette coopération.
A l'occasion du 40ème anniversaire de l'établissement des relations (en 1969) entre les deux pays, il nous accorde cette interview. Et du coup, nous redécouvrons un pays très proche de la Tunisie et particulièrement ambitieux sur le site tunisien. En filigrane, une motivation stratégique: les investisseurs coréens considèrent que la situation géographique de la Tunisie en fait la rampe de lancement incontournable sur l'Afrique et sur l'Europe.

Le Temps: Excellence: Vous êtes en poste en Tunisie depuis plus de deux ans et demi. Où en est le volume des échanges en ce 40e anniversaire de l'établissement des relations entre les deux pays?
M. Son Se-Joo: Il me plaît en effet de rappeler que les relations entre les deux pays ont été édifiées sur des bases solides et elles ne cessent de se consolider, tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif. La parfaite illustration en est qu'en 2006 le volume des échanges entre la Tunisie et la Corée du Sud était de 100 millions de dollars. Aujourd'hui, ce volume est de 200 millions de dollars. Il a donc doublé et j'ai la conviction que ce chiffre croîtra encore davantage et, même, plus rapidement.
Ce chiffre englobe plusieurs secteurs. Il est néanmoins important de préciser que la qualité des échanges et surtout de la coopération entre nos deux pays s'inscrit dans une dynamique de progrès intégrant les grands sujets de développement durable.
Ainsi convient-il de signaler l'accord en 2007 sur la coopération environnementale dans la mesure où les changements climatiques constituent actuellement une donne fondamentale et une équation incontournable. Il y a eu, en Tunisie, la visite de notre ministre de l'Environnement et ainsi les structures des deux côtés ont mis au point un plan de surveillance de l'air pollué ce qui revient à améliorer la qualité de l'air. Deux experts coréens sont actuellement en Tunisie et travaillent de concert avec l'ANPE.
Par ailleurs, et dans le cadre de la coopération scientifique et technologique, M. Lazhar Bououny a été à Séoul et la deuxième commission mixte a scellé, entre autres, deux projets de technologies modernes: la biotechnologie et l'anotechnologie.
Le nombre de scientifiques et d'étudiants tunisiens en stage en Corée a lui aussi augmenté.
Les échanges se font même à une cadence appréciable: trois jeunes scientifiques coréens sont en stage actuellement à l'ISET à Gafsa.
Tout cela signifie que la Tunisie et la Corée vont de concert, dans le sens du développement durable, de la recherche et des technologies.
Et d'ailleurs, après la tenue du SMSI en Tunisie, la Corée a créé à la Cité des Sciences "le centre d'accès à l'informatique". C'est ouvert et on y apprend l'internet et l'on y dispense des cours réguliers.
Il n'empêche: il n'y a pas que la technologie et les secteurs économiques. Les échanges culturels se font régulièrement selon des mémorandums bien établis et, d'ailleurs, "la Troupe nationale des arts populaires" qui s'est produite à Séoul a eu un bon impact sur les Coréens. Et avec la célébration du 40ème anniversaire des relations entre les deux pays, les échanges culturels et artistiques vont s'intensifier.
•Comment expliquez-vous alors que les touristes Sud-Coréens soient moins nombreux à venir en Tunisie et, pourtant, la Tunisie développe le tourisme de santé, par ailleurs très prisé par vos concitoyens?
-Au contraire! Et il y en a même de plus en plus. En 2006, ils étaient à peu près au nombre de 1500. En 2008, le chiffre était de 3000.
Vous savez, les Coréens adorent voyager. D'habitude, leurs destinations préférées sont l'Asie du Sud, l'Amérique du Nord, l'Europe… Aujourd'hui, ils sont en quête de nouvelles découvertes. Ils aiment les ressources naturelles méditerranéennes, les vôtres bien sûr, les sites culturels et le désert, c'est-à-dire le Sahara. La Tunisie a donc des atouts qui séduisent les Coréens. Laissez-moi vous dire aussi que par les Coréens adorent Hannibal et Carthage. De fait , je ne cesse de révéler à mes concitoyens ces atouts et de les sensibiliser quant aux avantages à faire du tourisme en Tunisie. De son côté, la Tunisie a besoin de promouvoir encore plus les activités de sensibilisation touristique auprès du peuple coréen. Déjà, avril prochain, il y aura la semaine gastronomique tunisienne à Séoul. Ce sera une bonne campagne.
•Où en est, M. l'Ambassadeur, la KOICA de son aide au développement en Tunisie?
-Question importante en effet. Les activités de la KOICA se répartissent sur quatre axes. Le premier tient à l'envoi de stagiaires tunisiens à Séoul; le deuxième à la venue d'experts coréens en Tunisie; le troisième aux projets communs; et le quatrième aux activités des volontaires coréens en Tunisie.
A titre d'exemple, en 2008 plus de 200 stagiaires tunisiens ont séjourné en Corée. Au niveau des projets communs, l'élevage des coquillages (huitres) à Bizerte etc. Il y a bien sûr les projets environnementaux et, élément tout aussi significatif, projet en matière d'emploi en coopération avec l'ANPE tendant à établir un système électronique pour gérer les demandes et les offres d'emploi. dans cet esprit, un autobus équipé de systèmes électroniques performants sillonnera le désert (le sahara) pour prendre contact et introduire les sans-emploi de cette région dans ses bases de données.
Quant aux volontaires coréens en Tunisie, ils étaient au nombre de 10 en 2006. Ils sont actuellement 27. Et cela augmentera. On table sur 40 volontaires, pour fin 2009, et ils viennent pour former des Tunisiens dans les domaines de l'électronique, la céramique, l'architecture, la cuisine, la formation professionnelle d'une façon générale, en plus l'aide aux personnes handicapées et le sport comme le Taek Wan Doo.
L'action de la KOICA s'inscrit finalement dans cette exigence de développement durable.
•Il est de plus en plus question d'intensification des investissements coréens en Tunisie. On parle de plus vastes localisations Sud-Coréennes et un plus vaste réseautage LG Electronics, Yura Corporation et Hyundaï Rotem. Pour les Coréens, la Tunisie représente, par ailleurs, une porte d'accès à l'Afrique et à l'Europe. Qu'en est-il?
-A mon arrivée à Tunis, il y a de cela deux ans et demi, on m'a demandé de faire venir des investisseurs Sud-Coréens. Pour la Tunisie les IDE représentent la priorité des priorités. Vous avez déjà l'accord de libre-échange avec l'Europe, l'Accord d'Agadir et votre pays offre des incitations importantes: bonne infrastructure, ressources humaines développées et qualifiées. Compte tenu de ces atouts, Yura Corporation s'est installé à Kairouan. Il y a un mois, je me suis rendu à Kairouan: c'est parfait!
•Et combien emploie de Tunisiens Yura Corporation?
-1250 personnes. Mais encore! L'année dernière LG a créé un centre de recherche en matière de communication sur portable. Au début, il y avait 15 experts tunisiens dans cette réalisation. Aujourd'hui, ils sont au nombre de 30.
Pour répondre au deuxième volet de votre question, oui, la situation géographique de la Tunisie est stratégique aux yeux des investisseurs coréens surtout que l'Afrique devient un marché très intéressant. Oui, comme vous dites, la Tunisie est une excellente rampe de lancement.
•La Tunisie bénéficiera de l'expérience coréenne en matière de "e-procurement" pour améliorer son système public d'achats. En quoi cela consiste-t-il au fait?
-Novembre dernier, lors de la visite de M. Nouri Jouini en Corée, un mémorandum d'entente sur l'achat électronique: "e-procurement" a été signé.
Cela consiste dans l'amélioration de la transparence, l'efficacité et la rapidité des offres d'achats publics.
Notre Office National d'Achat Public (l'office coréen) lance des appels d'offres sur Internet directement en contact avec les compagnies.
En fait, c'est la machine qui parle et le peuple coréen, les décideurs, font confiance au gouvernement à travers ce système. La Tunisie est intéressée par l'implantation de ce système. Au mois de juin, une délégation de hauts cadres tunisiens a été voir en Corée comment fonctionne l'Office National de l'Achat Public: ils ont été impressionnés. Et au mois de mai prochain, deux experts seront en Tunisie pour révéler le mode de fonctionnement de ce système. Ils donneront des cours à l'ENA. En fait, cela s'inscrit dans l'ambition tunisienne d'installer partout l'administration électronique.
•On sait qu'une société sud-coréenne est fortement intéressée par le conditionnement de l'huile d'olive tunisienne: cela tâtonne, et pourquoi?
-C'est encore à l'étude. Sachez que les Coréens, " culturellement" habitués à l'huile de Soja commencent à apprécier l'huile d'olive. Mais pour eux il n'y a d'huile d'olive que celles espagnole et italienne. Il faudra que les Tunisiens fassent un effort de promotion dans ce sens. Quant à moi, chaque fois qu'il vient un concitoyen en Tunisie, je lui offre une bouteille d'huile d'olive tunisienne.
•Quelles perspectives, Excellence, pour l'avenir de la coopération entre les deux pays?
-D'abord, la Tunisie et la Corée ont de grands similitudes. L'une et l'autre n'ont pas de grandes ressources naturelles. Mais elles sont riches en ressources humaines. La croissance rapide de la Corée a été possible grâce aux ressources humaines. De son côté, depuis dix ans, la Tunisie maintient un rythme soutenu de sa croissance, grâce à la stabilité politique, aux équilibres socio-économiques sous la conduite prévoyante de son Excellence le Président Ben Ali. Aujourd'hui, la Tunisie est considérée comme un pays modèle dans la région.
La coopération entre les deux pays en sera renforcée.
Par ailleurs, le 40e anniversaire des relations tuniso-coréennes rapprochera encore plus nos deux peuples avec un enrichissement culturel mutuel.
Il y aura un concours de langue coréenne en février, une participation du spectacle moderne coréen au festival de Carthage, septembre une exposition des arts contemporains et, décembre, le concert de la musique.
Quarante ans de relations: c'est l'âge de la matûrité. L'âge de la symbiose . Au-delà de l'économie, je constate que les Tunisiens suivent avec intérêt les feuilletons à succès sud-coréens sur les chaînes tunisiennes Cette adhésion dénote d'une grande ouverture culturelle et c'est là aussi un atout important.
Interview réalisée par Raouf KHALSI


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