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Confusions savamment –montées-
Télévision
Publié dans Le Temps le 26 - 03 - 2009

* Information, délation, -voyeurisme- : la dynamique des concepts nouveaux soulèvent des tempêtes et des interrogations et, surtout, en football -télévisé-. Mais bientôt, chacun observera ses limites...
Le présent article est dédié à tous ceux qui, n'ayant rien d'autre à faire de leurs matinées, les passent dans les différentes salles des tribunaux pour suivre le plus possible de procès. Voyeurs patentés dont le vice ne tombe manifestement pas sous le coup de la loi et qui ne sont interdits d'indiscrétion que dans le cas des affaires jugées à huis clos, ces citoyens nous semblent actuellement constituer une espèce menacée, et comme tout ce qui est en voie de disparition, nous font de la peine !
Car les curieux de ce genre n'ont désormais plus besoin d'aller jusque dans les palais de justice pour satisfaire leur goût pervers : c'est la cour qui viendra chez eux et ils n'auront qu'à allumer le chauffage et à siroter dans leurs fauteuils ou sur leurs canapés un bon thé à la menthe et aux pignons tout en regardant la télé se transformer en tribunal de première instance et en cour d'assises ou de cassation ! Avec des émissions aussi diversifiées en apparence que « El haq maak », « El moussamah karim », « Andi Mankolek » on s'efforce de régler des différends et des litiges familiaux ou professionnels en recourant à des procédures plus ou moins apparentés à celles des hommes de loi. Pour les assister et donner plus de crédit à leur « Cour », les animateurs invitent des juristes et des avocats ou bien appuient les déclarations des plaignants qu'ils interrogent par diverses pièces à conviction que l'on s'évertue à montrer en gros plan ! Bon, ces derniers jours ce sont les concepteurs de ces émissions et certains de leurs consultants qui ont été sur le banc des accusés, mais ça ne change pas beaucoup la donne pour les spectateurs friands de procès et de « faits divers » en direct ou en différé : c'est au contraire une affaire de plus à suivre jusqu'au verdict final !

Impartialité
Mais là n'est pas l'essentiel de notre propos bien que le sujet que nous allons aborder ne sorte pas vraiment de la polémique autour des nouvelles vocations que se donne la télévision chez nous et ailleurs. L'autre soir, et au cours d'une émission sportive très suivie sur la chaîne nationale Tunisie 7, on souleva de nouveau la question des enregistrements télévisés utilisés par certaines instances de la fédération de football à des fins disciplinaires. Tout le monde, y compris le responsable de ladite fédération, était d'accord pour proposer la renonciation à ce recours pendant les saisons à venir. Les arguments avancés touchaient plutôt à l'iniquité de la procédure qui, selon les intervenants, favorisaient des équipes et en lésaient d'autres. Mais personne ne se demanda s'il était normal que des retransmissions télévisées de matches servent de preuve pour confondre l'auteur d'un « délit » sportif. Dans les pays où une pratique similaire est courante, les commissions chargées de superviser les rencontres sportives n'attendent pas que les chaînes de télévision veuillent bien leur fournir les enregistrements des matches en question. Ils comptent sur leurs propres moyens techniques très sophistiqués du reste et sur des techniciens impartiaux pour obtenir une vidéocassette fiable. Or chacun sait que chez nous la télévision n'est pas toujours loyale quand il s'agit de préférences sportives ; certes elle se soigne ces derniers temps, mais de temps en temps elle pique sa crise habituelle de chauvinisme et de partialité. Et pour dire les choses avec honnêteté, aujourd'hui nous n'avons pas une télévision partiale en matière de sport, mais des émissions et des animateurs dont la neutralité est sujette à caution.

Délation ?
Le même soir, sur Hannibal TV cette fois, on commentait les rencontres de la même journée et dans certains enregistrements, le caméraman braquait son appareil sur une partie du public pour filmer des scènes ou des gestes antisportifs. On avait même le sentiment tant l'objectif de la caméra les zoomait que le technicien cherchait à identifier un à un les spectateurs en faute. De là à le prendre pour un « indic », pour une « balance », pour un délateur, il n'y avait qu'un pas que d'autres auraient allègrement franchi ! Aujourd'hui, on filme dans tel stade les fumigènes et la tribune d'où ils sont partis, dans tel autre des projectiles moins phosphorescents mais tout aussi accablants, dans un troisième terrain l'indiscrétion du caméraman cherche sa victime parmi les joueurs ou les responsables des clubs. Il ne s'agit guère d'une « caméra cachée » à la fin de laquelle on présente des excuses à la personne piégée et dont le but premier est d'amuser les téléspectateurs ! Non c'est plus sérieux, c'est plus grave, puisque cela coûte des millions aux clubs dont les supporters, les joueurs ou les dirigeants se seraient montrés indisciplinés lors d'un match. Le prix à payer peut être encore plus élevé si l'équipe sanctionnée perd un match ou un championnat à cause des mesures prises après visionnage des retransmissions télévisées. Mais le plus grave, c'est que la télévision soit partie prenante dans l'affaire alors que nous ne lui connaissions pas de fonction « policière » par le passé. Le problème n'est donc pas de savoir si le caméraman ou le monteur ou l'animateur ou qui que ce soit d'autre sont bien ou mal intentionnés. C'est la nouvelle vocation de « mouchardes » que risquent de prendre les chaînes nationales et privées. Informer, c'est bon, dénoncer des travers c'est encore mieux ; mais de là à jouer ouvertement l'indicateur, ce n'est pas -déontologiquement parlant- ce que doit se permettre une télévision. Surtout quand l'intention de dénoncer est évidente à travers l'image retransmise. Ailleurs, les visages filmés seraient cachés derrière une bande et les voix truquées même quand il s'agit de vrais délinquants ou criminels.

Gare à la confusion !
En tout cas la focalisation, dans une rencontre sportive, sur ce qui se passe sur les gradins ou sur le banc des remplaçants ou encore dans les vestiaires plus que sur les 22 acteurs du terrain a fait que souvent les « fautes » de ces derniers ne sont pas toutes filmées, laissant le spectateur sur sa faim concernant la validité d'un pénalty, d'un carton jaune ou rouge, d'un hors-jeu sifflé à la 94ème minute etc. On ne doit pas tout autoriser au nom du devoir d'informer. Mais il est vrai que le risque existe que l'on confonde la mission du journaliste avec celle de...l'informateur !


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