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A besoins spécifiques, logistique spécifique
L'intégration des enfants handicapés dans les établissements scolaires publics
Publié dans Le Temps le 02 - 04 - 2009


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8350 élèves handicapés dont 6318 au primaire ont été intégrés dans les classes ordinaires
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Un pas de plus vers la réalisation des droits de l'enfant... Ces handicapés aspirent à une scolarité normale mais, on déplore encore le manque de moyens et d'encadrement
Depuis quelques années, en Tunisie, les enfants handicapés ont droit à l'accès aux écoles publiques en vue d'une intégration scolaire favorisant une vie scolaire dans un milieu ordinaire ; ce qui a fait la joie de pas mal de parents d'enfants handicapés et d'associations de personnes handicapées qui considèrent cette initiative prise par les autorités comme un geste louable permettant de bannir toutes sortes de discriminations. Ainsi, nos enfants ont tous droit à l'éducation publique sur un même pied d'égalité, sans aucune distinction, qu'ils soient normaux ou qu'ils présentent un handicap ou des difficultés quelconques sur les plans physique, intellectuel et affectif, ou encore au niveau du comportement, de l'élocution, de la vue, de l'ouïe ou du langage. Dans quelle mesure cette intégration peut-elle être bénéfique à l'enfant handicapé et à ses parents ? En quoi peut-elle servir les écoles spécialisées, conçues essentiellement pour ces enfants handicapés ? Les écoles publiques appelées à intégrer ces handicapés, sont-elles assez équipées pour mieux les encadrer, sachant qu'ils nécessitent souvent un soin particulier et une infrastructure plus ou moins adaptée à leur état ?
Le principe de l'intégration scolaire est énoncé par l'article 10 de la loi relative à la protection et à la promotion des handicapés ainsi libellé : «l'éducation et la rééducation se feront autant que possible dans les établissements d'éducation ordinaire». Parmi ces mesures on peut citer notamment les circulaires du ministre de l'Education n°124 (1989) et n°19 (1993) portant dispositions particulières destinées à faciliter le suivi par les handicapés de leur scolarité et le programme national d'intégration scolaire mis en œuvre en collaboration entre le ministère des Affaires Sociales (Institut de Promotion des Handicapés) et le ministère de l'Education (1990-1991) dont l'objectif consiste à mettre en place un système cohérent d'intégration scolaire des handicapés. Il est clair que cela est porteur d'espoir pour de nombreuses familles soucieuses du sort de leurs enfants handicapés. Selon les statistiques fournies par le ministère de l'Education, l'effectif total des handicapés intégrés dans les classes ordinaires durant l'année scolaire 95/96 a atteint 8350 élèves dont 6318 au niveau primaire et 2032 au niveau secondaire. Quoique ces chiffres soient relativement anciens, ils nous donnent l'idée que le nombre d'enfants handicapés intégrés dans l'éducation nationale ne cesse de croître d'une année à l'autre.

Absence de moyens
Cependant, cette politique de l'intégration, certes d'un grand apport pour certains cas, peut se révéler difficile, voire délétère, dans d'autres cas, du fait de l'absence des moyens nécessaires susceptibles d'assurer cette égalité entre élèves normaux et élèves handicapés dont les capacités et les performances physiques et/ou intellectuelles sont la plupart du temps incomparables. D'autant plus que ces handicapés ont toujours, que ce soit en classe ou dans la cour, des besoins spécifiques qui appellent des soins particuliers. Des aménagements à plusieurs niveaux doivent être effectués par l'Administration de l'école accueillant des handicapés pour que ces derniers puissent jouir d'une vie scolaire plus ou moins normale : par exemple, les heures de cours doivent se passer dans des salles de classes au rez-de-chaussée pour éviter les escaliers aux élèves handicapés moteurs, un temps supplémentaire doit leur être accordé lors des devoirs et des examens à cause de leur lenteur en écriture, une assistance spéciale et un soutien moral sont exigés de la part des camarades et des enseignants pour venir en aide à ces élèves en difficulté, une prédisposition morale à accepter ces handicapés de la part de certains élèves peu coopératifs ou même agressifs et violents et qui ne respectent pas l'infirmité de leurs camarades handicapés, des visites de médecins spécialistes (orthophoniste, psychologue, ophtalmologue...) doivent être effectuées périodiquement à l'intention de ces handicapés, tout comme il se passe dans les établissements spécialisés, et pourquoi pas une petite formation aux enseignants appelés à recevoir des handicapés dans leurs cours, qui sont totalement désemparés et souvent ignorants des méthodes adaptées à chaque handicap, étant donné que parfois la bonne volonté dont ils témoignent ne suffit pas. Toutes ces conditions, qui font souvent défaut, partiellement ou totalement, dans nos établissements scolaires, sont exigées pour que l'élève handicapé puisse tirer profit de sa présence au sein d'une école publique parmi des enfants indemnes. Les enfants peuvent également avoir besoin d'aide s'ils sont aux prises avec de graves problèmes de socialisation. Même s'il existe parmi ces handicapés des enfants doués sur le plan intellectuel, ils ont toujours des besoins particuliers à satisfaire. Car une telle intégration n'a de sens que si elle est profitable, à l'enfant concerné, à sa famille, aux enseignants, aux autres enfants !

Leur insertion dépend du degré de l'encadrement
Il n'y a aucun doute que tous les acteurs scolaires (administration, enseignants, surveillants, élèves) n'épargnent aucun effort pour porter de l'aide aux élèves handicapés et essayent avec les moyens du bord de les faire intégrer aux conditions de la vie scolaire. Mais il arrive que certains enseignants, soumis à un rythme de travail parfois accéléré, pressés souvent par le temps, n'accordent pas le soin ou l'attention nécessaire à l'élève handicapé, ce qui rend ce dernier soumis à une surcharge de travail et de tension, ce qui nécessite souvent son recours à ces camarades pour pouvoir compléter les cours. Ce qui n'est pas toujours possible, surtout en périodes précédant les examens où tous les élèves font une course contre la montre pour être à jour lors des devoirs ou des examens. Rami : « Nous avons un camarade handicapé dans notre classe. Il se débrouille tant bien que mal. Non seulement il est myope mais il boite à cause d'une anomalie au niveau des jambes. Mais il est trop lent quand il s'agit de recopier du tableau, même en lecture, il bégaie beaucoup à cause de sa myopie et malgré le port de lunettes. On essaie toujours de l'aider à surmonter les difficultés. Mais il y a toujours des enfants méchants qui se moquent de sa démarche, de sa prononciation, de son comportement... » Heureusement que ces enfants handicapés ne sont pas nombreux à fréquenter les écoles ordinaires : en moyenne trois ou quatre élèves par établissement scolaire (école, collège, lycée). Leur insertion dépend toujours du degré de l'encadrement dont ils bénéficient au sein de l'établissement et de la part des acteurs scolaires. A. K. enseignant dans un collège: « C'est vrai que la présence d'un enfant handicapé au sein de l'établissement nécessite un soin particulier. D'abord, on évite les salles du 1er étage pour la classe où il y a un handicapé ; on doit les traiter avec souplesse selon la nature de leur handicap, pendant les devoirs et les examens, on leur accorde plus de temps ; aux heures de sport, ils peuvent aller à la bibliothèque scolaire puisqu'ils sont dispensés de l'éducation physique. Ils sont toujours prioritaires et doivent être traités avec humanité par leurs camarades ! Au début de l'année scolaire, il y a sûrement des difficultés d'adaptation pour l'élève handicapé, mais avec le temps il s'adapte de mieux en mieux... ». Si les enfants handicapés arrivent à s'intégrer parmi leurs camarades et à s'adapter à la vie scolaire avec le secours moral et matériel apporté par l'administration, le corps enseignant et les élèves, ceux de l'école primaire, en revanche, ont certainement besoin de plus de soins, d'aide et d'encadrement, vu leur jeune âge. En effet, comme nous l'a indiqué une parente d'un enfant handicapé qui vient d'être intégré dans une école primaire : « L'aide apportée à l'enfant handicapé n'est pas toujours facile. A part les gestes accomplis quotidiennement par les enseignants et les camarades de classe pour venir en aide à l'élève victime d'un handicap physique, il y a d'autres gestes qui touchent à son intimité et à sa dignité, surtout quand il a besoin d'aller aux toilettes, il faut bien qu'il soit accompagné par une personne, et surtout de la même personne durant toute l'année, et peut-être durant tout le cycle primaire. Mais on n'est pas toujours sûr que ce soit la même personne l'année suivante. Heureusement, les parents sont autorisés d'entrer pendant la récréation pour accomplir cette tâche... »
L'intégration des handicapés dans les écoles ordinaires s'inscrit dans le cadre des droits de l'enfant handicapé à l'éducation et à l'égalité des chances avec les autres enfants normaux. La nouvelle loi d'orientation de l'éducation et de l'enseignement scolaire de juillet 2003 a également insisté sur l'intégration des enfants porteurs de handicaps dans les écoles ordinaires. Toutefois, une bonne intégration demande davantage d'efforts de la part de tous les acteurs scolaires, quelle que soit leur fonction. De plus, tout établissement accueillant des handicapés doit remplir toutes les conditions particulières répondant aux besoins spécifiques de chaque élève handicapé que ce soit dans les salles de classe ou dans la cour de l'école en vue de lui faciliter l'insertion dans la vie scolaire. Le défi est sans doute grand, car il s'agit de trouver une pédagogie qui tienne compte des besoins de chacun. Selon certains enseignants, le fait d'avoir des handicapés dans des classes où il y a déjà des élèves en difficulté scolaire à cause d'importants déficits cognitifs ou de troubles de la vue, de l'ouïe et de la parole, cela pourrait rendre la tâche plus difficile. Il serait souhaitable que ces enseignants soient assistés de temps en temps par des spécialistes pour les aider à mieux accomplir leur tâche !


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