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Le flou artistique
Les Tunisiens -sans papiers- et l'émigration choisie
Publié dans Le Temps le 20 - 04 - 2009

La Mondialisation a engendré de nouvelles tendances dans le Monde ayant pour maître mot la libre circulation notamment pour les marchandises mais, également, pour les personnes. Ce vaste mouvement a été accompagné par l'instauration de nouvelles mesures réglementant le passage des frontières ayant théoriquement disparu.
Mais qui sont là sous forme de respect des normes pour les marchandises et d'émigration choisie pour les personnes. Les pays du Nord filtrent cette libre circulation à leur manière pour essayer d'éviter les flux migratoires sauvages qui risquent de poser plusieurs problèmes aussi bien pour les émigrés, eux-mêmes, que pour les sociétés d'accueil. Du coup, le Nord façonne l'émigration des personnes selon ses besoins et définit les normes de production des marchandises dans les pays du Sud selon ses critères de telle manière que le Sud demeure dépendant du Nord et tributaire de leur étroite collaboration, faute de réseau Sud-Sud pouvant être une alternative intéressante.
La Tunisie n'a pas échappé à ce constat. L'accord signé lors de la visite d'Etat en Avril 2008 du Président Sarkozy en Tunisie a confirmé cette tendance générale de la politique des pays de l'UE en matière d'émigration. Cet accord rejette la régularisation massive et annonce des critères pour la régularisation de certains cas d'émigrés clandestins qui doivent, toutefois, rentrer en Tunisie pour obtenir un nouveau visa d'émigration. Son dossier doit répondre aux conditions de l'émigration choisie, c'est-à-dire qu'il dispose d'un contrat de travail dans l'une des 77 activités citées en annexe du protocole signé. Le côté français insiste à ce que cette émigration se fasse dans le cadre de la loi et réponde aux priorités du marché français de l'emploi. En fait, il s'agit d'une régularisation « voilée », faite dans le cadre de la politique européenne en matière d'émigration.
* Mais, ces mesures n'ont pas trouvé l'écho voulu chez la population cible qui demeure sceptique quant à l'intention de la partie française et a peur de se faire avoir. Elle demande la parution de textes clairs expliquant les nouvelles réglementations. D'autres échos apportent des témoignages sur la manipulation de certains textes réglementant les cas sociaux d'émigration pour les appliquer à des situations inappropriées. Certaines régularisations auraient été faites sur la base d'une assistance à des réfugiés politiques, etc. Or, la situation ne méritait pas de se faire opérer avec une telle opacité. Les Tunisiens de France exigent de la transparence dans le traitement de ces cas.

Belgacem, émigré clandetin : -Les clandestins vivent sous la hantise de se faire expulser alors qu'ils paient leurs impôts !-
-Je suis arrivé en France avec un visa touristique, il y a une dizaine d'années, venant du Sud-Ouest tunisien et croyant obtenir en France, m'avait- on dit, ce que je ne parvenais pas à avoir là-bas pour faire vivre ma famille. Depuis cette date, il est vrai que je parviens à gagner honnêtement ma vie. Mais, je cours quotidiennement les risques de licenciement, mes employeurs m'offrent de trop petits salaires comparativement à ce que je devrais toucher légalement et, surtout, je vis une peur quasi-quotidienne d'être découvert sans papiers m'autorisant à travailler. Marié et père de 2 enfants, j'espérais que ma situation administrative serait régularisée, suite à la scolarisation du plus grand de mes enfants. Or, aujourd'hui, j'ai même peur d'aller chercher le plus jeune à l'école, à cause des "rafles" organisées par le ministère de l'Intérieur devant les établissements scolaires et qui conduisent de plus en plus à l'expulsion et à la séparation au sein des familles. Heureusement qu'il y a des gens de bonne volonté, des parents d'élèves et des associations qui sont solidaires avec nous et qui organisent une vigilance pour nous protéger. Par ailleurs, à chaque fois je dépose un dossier de régularisation, mais en vain. Aujourd'hui nous avons entendu parler d'un accord franco-tunisien censé faciliter la circulation des personnes et accorder des autorisations de travail. Mais que dit-il en fait pour les milliers de gens dans ma situation ? Que nous retournions en Tunisie, en mettant femme et enfants dans nos valises ! Et au bout d'un certain temps, nous re-déposions une demande de séjour et de travail, provisoire auprès du consulat français ! Et, en plus, soit dans l'hôtellerie, l'agriculture ou le bâtiment! Pourquoi faire aussi compliqué quand on peut faire simple ! Avec quelle garantie ? Et alors que les dispositifs ne manquent pas pour nous mettre dans nos droits de travailleurs, de pères de famille et de citoyens payant leurs impôts! Dans ces conditions, ma famille et moi, comme beaucoup d'autres, n'avons guère de choix que de rester « clandestins » et d'espérer que de vraies solutions, des propositions dignes, finiront par l'emporter »

Fathi Tlili, président de l'Union des travailleurs immigrés Tunisiens UTIT : -indépendants mais pas isolés-

Le Temps : si vous présentez les principes de l'action de l'UTIT ?
Fathi Tlili : Par ces temps de féroce tempête sociale, politique en France ou en Tunisie, les forces syndicales et associatives ont bien du mal à rayonner, tout en restant vigilantes quant à leur indépendance de pensée, d'organisation et d'action. C'est en tout cas le cap à maintenir et sans doute n'est-il pas inutile de préciser ce que nous entendons par là. Il faudrait bien préciser « Indépendance envers quoi, qui...? Indépendance ou
apolitisme...? Compromis ou Compromission... ? »
Pour une association telle que l'UTIT il convient d'abord de réaffirmer clairement notre attachement aux valeurs de liberté, d'égalité réelle, laïcité et émancipation sociale, notamment pour les peuples des deux rives, français et tunisien. Notre association, l'une des plus anciennes pour l'immigration, se veut solidaire pour dénoncer la régression sociale sous toutes ses formes. Nous ne nous mettons pas hors du temps et des luttes sous prétexte que nous n'aurions pas vocation à réagir parce que nous ne sommes ni parti, ni organisation, politique. Si nous sommes résolument attachés à notre indépendance, si nous ne confondons pas association socioculturelle et organisation politique, nous nous réservons le droit d'interpeller les autorités et les forces agissantes susceptibles d'être utiles pour que la société se développe. Dans nos actions ponctuelles avec les syndicats, l'UGTT en Tunisie, les centrales françaises ou autres, nous gardons les repères qui balisent nos objectifs. Sans compromission mais sans négliger les mises en commun qui permettent de construire plus d'émancipation sociale et culturelle, plus de libertés fondamentales. C'est le principe qui guide l'UTIT dans sa dynamique d'action. Pour être clair, en tant qu'organisation de l'immigration, quand nous adressons nos revendications aux autorités françaises ou Tunisiennes, en conjuguant nos forces avec d'autres, nous avons la conviction d'agir efficacement pour la démocratie en Tunisie et la citoyenneté solidaire sur les deux rives de la Méditerranée.

. Et quels sont les principes qui vous distinguent des autres aux yeux des immigrés ?
- Nous essayons de nous inscrire pleinement dans une dynamique de politique de société, au plan local ou même international. Lorsque nous tissons des liens avec telle ou telle force agissante au sein du Maghreb, de la Méditerranée ou de l'Europe, nous nous efforçons, bien qu'à notre tout petit niveau, de consolider, de démultiplier toutes les initiatives productives. Les positionnements politiciens ne concernent pas une association comme la notre, soucieuse de son indépendance et désireuse de respecter sa nature associative. Rappeler ces principes n'est jamais inutile, d'autant plus que l'on considère que leur mise en pratique est chose facile. La vigilance et le regard autocritique sont des outils que personne n'a intérêt à laisser rouiller, pour qui se veut vraiment progressiste. L'UTIT entend poursuivre ce chemin difficile mais porteur d'espérances populaires et solidaires. Par ailleurs, si nous nous efforçons de contribuer à toutes les avancées, si modestes soient-elles, pour les peuples et pays de la Méditerranée, nous tenons à dénoncer toutes les pratiques porteuses d'un néo colonialisme plus au moins ouvert. Dans ce sens nous condamnons les pressions exercés par le gouvernement Français pour obliger les pays du Sud à passer de nouveaux accords sur le dos des Immigrés ; Et même s'il arrive que le paternalisme semble prendre le pas dans les relations Nord/Sud entre syndicats ou autres organisations il n'est pas question non plus pour l'UTIT de se taire.


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