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Le diabète rampe.
Sédentarité, malbouffe, stress
Publié dans Le Temps le 02 - 06 - 2009

530 mille diabétiques en Tunisie. 30 mille insulino-dépendants. Mais ces chiffres ne reflètent pas la réalité du fait de la nature même de la pathologie : sournoise et silencieuse. De faits, des milliers de Tunisiens sont mais ne se savent pas diabétiques.
Une étude de dépistage du diabète de type 2 réalisée chez des personnes présentant au moins un facteur de risque mais qui ne se savaient pas diabétiques, a montré que le taux de prévalence de la pathologie est de l'ordre de 35,1 % sur un échantillon de 5321 Tunisiens âgés entre 35 et 98 ans, L'échantillon est représentatif et le résultat est énorme, comparativement aux moyennes des prévalences à travers le monde.
Ces résultats confirment l'appréhension des spécialistes quant à l'expansion du fléau et à la nécessité de le contrer surtout que les études et les recherches effectuées en Tunisie révèlent que plusieurs maladies telles que les cardiopathies ischémiques, l'accident vasculaire cérébral et l'artérite des membres inférieurs trouvent un champ fertile de développement chez les diabétiques tunisiens dont 30 % des décès sont dus à l'infarctus du myocarde.
Les statistiques du ministère de la Santé publique montrent, également, que la rétinopathie diabétique cause la perte de vue de 12% des adultes diabétiques. Le diabète est aussi à l'origine de l'amputation du membre inférieur chez 10% des diabétiques atteints au niveau de ce membre.
Le risque est d'autant plus grand que la prévalence chez les enfants, en particulier, et les moins de 30 ans, en général, ne cesse de croître. Les spécialistes affirment qu'environ 10% des diabétiques sont de jeunes gens.
L'obésité présente chez 16 % des enfants constitue l'une des principales raisons d'inquiétude quant aux risques encourus.
Donc, il vaudrait mieux multiplier les campagnes pour diagnostiquer prématurément le diabète et éviter ses complications.

Alimentation et sédentarité
Il va sans dire que la prévalence de cette maladie chronique est en train de gagner du terrain à une vitesse vertigineuse. Ce rythme est aussi valable pour le diabète des adultes que pour celui des jeunes. Les causes de cette recrudescence en sont multiples. Outre l'alimentation qui est de plus en plus riche en sucres et en graisses (ce qui conduit souvent à une prise de poids jusqu'à l'obésité et un accroissement du risque de diabète), les diabétologues mettent, également, en cause le phénomène de la sédentarité qui caractérise le mode de vie de la population en Tunisie.
Les différentes études montrent qu'adolescents, jeunes et moins-jeunes bougent peu et préfèrent se cloîtrer devant le petit écran, les jeux vidéo, l'ordinateur ou encore chez eux. Cette sédentarité doublée d'une alimentation non hygiénique est le mal par excellence !
Le constat n'est, certes, pas identique entre les différentes régions et il y a une grande disparité. Ainsi, les districts de Tunis et du Centre-Est enregistrent 12 à 13% de ces diabétiques contre 5% dans le district du Nord-Ouest et du Centre-Ouest. Le mode de vie est pour beaucoup dans cette différence.
Bien que tous les chiffres ne soient pas rassurants, il importe de dissocier entre le diabète de l'enfant de type 1 qui est génétique et héréditaire et le diabète de type 2 qui remet en question le mode de vie actuel.

Insuffisances " culturelles " de la prévention
Pour lutter contre cette épidémie, le ministère de la Santé publique a mis en œuvre depuis 1993 un programme national de prise en charge des diabétiques visant la promotion du dépistage précoce et la sensibilisation des personnes concernées par cette maladie quant aux meilleures méthodes de prévention. La prévention et la prise en charge qui sont deux actions complémentaires doivent être, en effet, combinées avec l'adoption des habitudes alimentaires saines.
Les diabétologues préconisent, à cet effet, d'éviter les causes du diabète et multiplier l'activité physique régulière, ne serait ce qu'une marche quotidienne, ainsi qu'une alimentation privilégiant les fruits et les légumes.
De même, il serait très utile d'encourager les diabétiques à se prendre eux-mêmes en charge et d'emmener les professionnels de la santé publique à lutter activement contre les facteurs de risque. " Il importe également de réorganiser les services de santé pour traiter les affections chroniques", révèlent les spécialistes de l'OMS.
Décidément, le diabète ronge la santé dans le silence et n'est pas en passe de perdre du terrain dans nos murs à défaut d'un effort national conséquent. Il s'agit d'une véritable cause contre laquelle doivent se mobiliser les secteurs public et privé afin de prévenir la population. Jeunes et moins jeunes sont de plus en plus concernés par cette maladie chronique dont la prévalence est accélérée par le rythme de vie actuel qui se résume au trio du mal, le stress, la sédentarité et la malbouffe.
Mourad SELLAMI

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Les chiffres du diabète
- 10 % de la population âgée de plus de 30 ans, soit près de 530.000 patients, sont atteints de diabète.
- Plus de 30.000 insulino-dépendants âgés de moins de 30 ans.
- 30 % des décès chez les diabétiques sont dus à l'Infarctus du myocarde.
- la rétinopathie diabétique cause la perte de vue de 12% des adultes diabétiques. - Le diabète est à l'origine de l'amputation du membre inférieur chez 10% des diabétiques atteints au niveau de ce membre.
- 10% des diabétiques sont de jeunes.
- les districts de Tunis et du Centre-Est enregistrent 12 à 13% des cas de diabètes contre 5% dans le district du Nord-Ouest et du Centre-Ouest.

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Hygiène de vie
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), " le diabète est une maladie chronique qui apparaît quand le pancréas ne sécrète pas assez d'insuline ou quand l'organisme utilise mal l'insuline qu'il produit. L'insuline est une hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang".
Il apparaît de cette définition que la prévention du diabète et la lutte contre les complications qui lui sont associées doit impérativement passer par un contrôle régulier et précis du taux de glycémie dans le sang.
L'autocontrôle par une glycémie à jeun met en évidence les situations d'équilibre, d'hyperglycémie ou d'hypoglycémie au moment où le patient mesure sa glycémie et permet donc de gérer le diabète. Cependant, quoique nécessaire, le contrôle de glycémie n'est pas suffisant. Des patients peu ou pas du tout disciplinés en matière d'hygiène de vie et de régime alimentaire peuvent afficher des taux équilibrés pour avoir observé strictement le régime la veille de la prise de sang. Il faudrait donc un contrôle qui permette de rendre compte des taux de glycémie dans le sang sur une assez longue période avant le prélèvement.

Hémoglobine glyquée
Le test d'hémoglobine glyquée (HbA1c) est un examen de laboratoire essentiel et précis qui permet d'évaluer l'équilibre glycémique sur les trois mois qui ont précédé le prélèvement sanguin. Ce test devrait être effectué 2 à 4 fois par an ou plus fréquemment lors de déséquilibre glycémique ou en cas de changements thérapeutiques. Dés la connaissance du résultat, le traitement peut être modifié ou non, suivant la valeur. Pour comprendre l'efficacité de ce test, il faudrait comprendre le fonctionnement de la glycation.
L'hémoglobine est une protéine qui fait partie du globule rouge. Elle est responsable du transport d'oxygène dans le sang. C'est sur cette protéine que le glucose assimilé par l'organisme se fixe. Cette fixation est irréversible puisque le glucose ne disparaîtra qu'avec la fin de vie du globule rouge, c'est-à-dire au bout de 120 jours environ. Plus le taux de glycémie est élevé, plus la quantité de glucose liée aux globules rouges augmente. Le test d'HbA1c mesure la quantité de glucose fixée à l'hémoglobine des globules rouges. Le résultat est exprimé en pourcentage.
Le test d'HbA1c est proche de la norme lorsqu'il est inférieur à 7%. Autrement dit, le diabétique devrait avoir un résultat d'HbA1c compris entre 6 et 7 %, voire moins pour espérer retarder ou éviter les complications liées au diabète, au niveau des yeux, des reins, des nerfs, contrairement à des patients dont les taux sont supérieurs à 8%.
La connaissance du taux de l'hémoglobine A1c peut faire acquérir aux patients une attitude positive et active leur permettant d'assumer un rôle responsable et conscient dans la prise en charge de la maladie. Maintenir son hémoglobine glyquée inférieure à 7% devient alors un objectif personnel à atteindre, un défi à relever.
Sensibilisation
Pour sensibiliser à la réalisation de cet objectif, une course a été organisée dimanche dernier à 11 heures du matin sur les berges du Lac de Tunis. Des trophées ont été distribués aux gagnants et des médecins étaient présents pour réaliser gratuitement des mesures de glycémie au doigt et pour répondre aux interrogations.
Malgré une présence limitée au niveau du public et qui serait probablement due à une sensibilisation insuffisante à l'importance d'un tel sujet ou aux horaires probablement " trop matinaux " pour un dimanche, des campagnes de ce genre demeurent louables dans le cadre de la lutte contre le diabète et les complications qui lui sont associées. Elles devraient toutefois être plus ciblées dorénavant pour leur assurer une meilleure efficacité.
D'autres campagnes de sensibilisation devraient également porter sur l'hygiène de vie et les habitudes alimentaires. Avoir une activité physique régulière et une alimentation équilibrée pourrait aider à prévenir la maladie, à la gérer et à contrôler ses complications. Ces campagnes deviennent quasiment une urgence pour contrecarrer le phénomène d'une publicité à visée purement commerciale qui encourage jeunes et moins jeunes à la consommation de produits gras et sucrés fortement et irrémédiablement nuisibles à la santé.


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