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La bombe démographique juive
Colloque international de l'ALECSO à l'IMA (II) : " Jérusalem : une cité, une culture, un destin "
Publié dans Le Temps le 06 - 03 - 2010


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Obsession et impératif géographique
Paris - Le colloque de l'ALECSO se veut conceptuel loin des gradations doctrinales et des incantations nationalistes. Car la réalité de Jérusalem n'est même plus dans ce champ sémantique. Il y a d'une part un Etat surarmé, usurpateur, appuyé par l'Amérique et qui ne s'est jamais plié à une quelconque résolution onusienne et de l'autre, un peuple qui souffre dépossédé de son patrimoine, de son histoire et de son identité.
Yves-Aubin de la Messuzière, ambassadeur, président de la Mission Laïque Française ose un néologisme " On parle de processus de paix. Je suis sceptique. Un processus ça avance, ça évolue. Or là, nous sommes dans une phase de recul. Un " recessus ", je dirais ". Il remonte ainsi jusqu'au partage de 47, jusqu'au " Corpus Separatum " selon la résolution 180 de l'ONU et qui devait être régi par une autorité internationale. Tout est resté lettre morte. Ainsi de la résolution 242 après la guerre des six jours qui reconnaît l'illégalité des occupations israéliennes mais, dont les textes en français et en anglais ne mentionnaient pas stratégiquement la ville de Jérusalem.
En fait " la loi fondamentale " de la Knessett proclamant Jérusalem " capitale éternelle d'Israël " se basait sur une lecture erronée du Coran : pour les sionistes le Coran ne fait pas mention de Jérusalem. Une ritournelle depuis 48, tournant autour d'une " Terre promise " (peut être à tous trop promise !) et partant (comme l'ont expliqué les intervenants lors de la première journée du colloque) sur les strates de la divinité. Pour les Israéliens, il s'agit de l'absolu, de l'éternel. " Dieu leur aurait donné cette terre et c'est pour cela qu'ils prétendent à l'éternité d'une Jérusalem juive. Après la proclamation de l'Etat d'Israël par Ben Gourion en 48, un comité a été installé pour hébraïser les appellations des sites et des villes. Elias Sanbar, directeur, Revue des Etudes Palestiniennes, représentant de la Palestine auprès de l'UNESCO précise bien " que cette histoire de " La Porte des Maghrébins " dont l'accès au Haram a mystérieusement disparu ne sont pas une affaire d'archéologie. Les Israéliens ont fouillé, ils ont trouvé une zaouia et ce sera leur accès au Haram. Ils se l'approprient puis daigneront autoriser les Palestiniens à y accéder à leur tour ! " " En fait, déplore Elias Sanbar, l'erreur des Palestiniens a été d'accepter les négociations sur la souveraineté selon le modèle proposé par Clinton, très pressé de quitter la Maison Blanche sur un coup d'éclat et qui avait lui aussi dessiné sa propre carte de la ville, comme l'avaient fait les Britanniques, après la chute de l'Empire ottoman ".
Jérusalem et les 30%
Trois religions monothéistes à Jérusalem. Or c'est Israël qui amalgame sainteté et souveraineté excluant ainsi la pluralité. " Dieu nous a donné cette terre affirment les Sionistes ". Et cela va à l'encontre de la quintessence même de Jérusalem et de la Palestine.
Auparavant, Youssef Combage, directeur de recherches, INED, Institut National des Etudes Démographiques avait pertinemment expliqué et disséqué même l'obsession constante d'Israël : le mouvement démographique. " A Jérusalem, cette obsession est bien plus manifeste qu'ailleurs, précise-t-il "...
Aujourd'hui (début 2010) le district de Jérusalem compte 931 mille habitants dont 630 mille sont juifs, soit 67%, contre 301 mille non juifs, principalement palestiniens (34%). Ehud Olmert, alors maire de Jérusalem, trouvait que la croissance naturelle des Palestiniens était " une mauvaise nouvelle ".
Or, ils étaient 57 mille colons à Jérusalem - est en 1972 : ils sont 200 mille aujourd'hui. " Israël a élargi le territoire municipal à l'Est au Nord et au Sud en truffant des colonies dissimulées dans la plupart des statistiques. On ne parle pas de " Settlements " mais de " neighborhoods ".
Entre 1967-1968 et aujourd'hui, les colonies de Jérusalem-Est ont été le principal réceptacle de la croissance démographique juive. En 2004-2005, la croissance a été négative à l'Ouest alors qu'elle a dépassé 6 mille dans les colonies de Jérusalem-Est. Le trop-plein de la population juive, en difficulté dans le cadre des frontières d'avant 1967, se trouve dès lors en exutoire dans les banlieues du territoire palestinien annexé. Et c'est finalement par Jérusalem qu'a commencé la colonisation de la Cisjordanie.
En fait aujourd'hui la proportion est lourdement inversée ; la population juive de Jérusalem (dont les religieux et les ultra-orthodoxes) effectue des migrations du centre vers l'Est. En parallèle, les Palestiniens vivent un mouvement de repli vers l'extérieur de la ville.
Propagande
Pour justifier son obsession démographique et son impératif géographique - le fameux " fait accompli israélien " - les Sionistes ont distillé une savante propagande autour d'une prétendue poussée démographique palestinienne au-delà de " leur cauchemar : les 30%... Or à Jérusalem, tous secteurs confondus, chez les juifs (Ouest et Est confondus séculiers et religieux compris) la fécondité atteint les 4,07 enfants par femme (l'un des taux les plus élevés au monde).
Encore une bombe finalement aux mains d'Israël. Celle-ci est une " bombe démographique ". En moins d'un demi-siècle, Israël aura instrumentalisé la mythologie, la divinité, déplacé des sites, syndrome de l'imaginaire du " peuple élu "... Mais, plus que tout, ces procédés tendent tous, au final, à un nettoyage ethnique et dans les règles des Palestiniens ".
Or cette thématique soulevée avec habileté par ce colloque, met à nu ces subterfuges, méconnus des médias et des défenseurs de la cause palestinienne.
Il serait peut être temps, pour nous autres arabes, de les attaquer dans leur fibre sensible et stratégique : la mythologie, la lecture surannée de la Torah etc... Jérusalem ne sera jamais leur " Capitale Eternelle ".
Cela, Dieu ne l'a dit nulle part.


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