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Tous les hommes sont le peuple élu
Le Bloc-notes
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 10 - 2010


Par Soufiane Ben Farhat
"Le recours à des positions théologiques et bibliques qui usent de la parole de Dieu pour justifier à tort des injustices n'est pas acceptable". De prime abord, il y a une impression de déjà vu ou entendu. On croirait avoir affaire à quelque critique laïque d'un barbu enturbanné, fou de Dieu sous les cieux ensanglantés d'Asie.
A bien y voir, non. Il s'agit plutôt de la critique d'Israël par le synode des évêques catholiques du Moyen-Orient réunis la semaine dernière au Vatican. Les évêques sont fermes: Israël n'a pas le droit d'invoquer le concept biblique de Terre promise ou de peuple élu pour justifier la colonisation à Al-Qods (Jérusalem) ou revendiquer des territoires.
A l'issue de deux semaines de conclave et de débats, le verdict est clair: "Nous avons réfléchi sur la situation de la ville sainte de Jérusalem. Nous nous inquiétons des initiatives unilatérales qui menacent sa composition et risquent de modifier son équilibre démographique". Le synode s'insurge contre l'utilisation de la Bible pour justifier la colonisation en Cisjordanie, annexée par Israël en 1967. Selon l'idéologie sioniste et les convictions des juifs orthodoxes, la Cisjordanie, qu'ils appellent Judée-Samarie, est un don biblique de Dieu aux juifs.
La position chrétienne s'inscrit en porte-à-faux de ces allégations. L'archevêque de l'Eglise grecque melchite, Cyrille Salim Bustros, est catégorique à ce propos : "Nous, chrétiens, ne pouvons parler de Terre promise pour le peuple juif. Il n'existe plus de peuple élu. Tous les hommes et les femmes sont devenus le peuple élu. Le concept de Terre promise ne peut être employé comme base de la justification du retour des Juifs en Israël et du déplacement des Palestiniens. La justification de l'occupation israélienne de la terre de Palestine ne peut se fonder sur les Saintes Ecritures" (propos rapportés par une dépêche Reuters).
Le synode prône par ailleurs l'octroi d'un statut spécial à Jérusalem, "qui respecte son caractère particulier". Tant la communauté internationale que le Vatican reconnaissent à Jérusalem son caractère fondamental de ville sainte pour les trois grandes religions monothéistes, Islam, christianisme et judaïsme.
Le constat du sort des Palestiniens est sans appel. Pour le synode des évêques catholiques du Moyen-Orient, ils "pâtissent des conséquences de l'occupation israélienne: le manque de liberté de circulation, le mur de séparation et les barrages militaires, les prisonniers politiques, la démolition de maisons, la perturbation de la vie économique et sociale et les milliers de réfugiés".
Le rafraîchissement des mémoires s'impose. Et pour cause. Tours de passe-passe des prestidigitateurs de l'illusion politique obligent. On oublie le plus souvent que de tous les Etats, entités et mouvements intégristes du Moyen-Orient compliqué, Israël est le plus redoutable.
D'étranges incantations n'en finissent guère d'empoisonner la vie des peuples de la région. Les Israéliens se sont avisés les premiers à invoquer Dieu dans une dimension utilitaire militaro-colonisatrice à souhait. Ils s'y exercent toujours avec acharnement. A telle enseigne que le parti ultra-orthodoxe du Judaïsme unifié de la Torah fait partie depuis plusieurs années des coalitions gouvernementales israéliennes aussi bien de droite que de gauche.
L'action égale la réaction. "En face", ce ne sont pas les sectateurs de Dieu qui manquent. Chacun y va de sa partition confiscatoire du Dieu unique. Pourtant, s'il y a un Dieu unique, Il ne peut l'être que pour tous, sans distinction.
Mais certains hommes n'en ont cure. Ils saisissent la formidable opportunité qu'offre l'appropriation exclusive de quelque vérité divine façonnée à l'aune de leurs ambitions et desseins politiques terre-à-terre. Et ils ne se privent pas d'en profiter, et d'en berner les multitudes. Et cela débouche toujours sur des tragédies.
Les évêques catholiques du Moyen-Orient ont le mérite de remettre les pendules à l'heure. Par-delà l'esprit de chapelle par essence réducteur et menaçant le splendide dôme sacré du Moyen-Orient de tomber tragiquement sur la tête de tous. Sans distinction de prétendu peuple élu ou présumé peuple maudit.


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