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Freins à l'intégration culturelle et préjugés réducteurs
Emigrés des pays islamiques dans les pays occidentaux
Publié dans Le Temps le 15 - 05 - 2010

Assurer une intégration culturelle ou acculturation positive aux jeunes émigrés des pays islamiques dans les pays occidentaux d'accueil, de manière à les protéger contre l'assimilation pure ou simple ou le déracinement culturel total, tel est le thème d'une manifestation scientifique organisée, jeudi 13 mai à la Cité des sciences de Tunis, dans le cadre du Forum de Tunis pour la paix.
Ses initiateurs sont le ministère des Affaires religieuses et l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ISESCO), coadministrateurs du Forum de Tunis pour la paix, et ce à titre de contribution à la célébration de l'année internationale de la jeunesse.
Présidée par le ministre des Affaires religieuses, M. Abou Bakr Al Akhzouri, la manifestation a comporté une conférence donnée par M. Mezri Hadded, représentant permanent de la Tunisie auprès de l'UNESCO, sur ‘' les jeunes émigrés et l'acculturation en faveur des valeurs de paix et de tolérance.'
Approche réductrice
Retraçant le cadre de la rencontre, le ministre des Affaires religieuses a insisté sur la nécessité ‘' de bâtir un partenariat international efficace au service du dialogue, de la coopération, du développement et de la paix, propre à consacrer l'Union de l'ensemble des Nations, abstraction faite de la couleur, la race, la religion et la langue.''
Il a appelé à une éducation constructive des jeunes sur la base de l'attachement aux constantes culturelles nationales et l'ouverture à l'autre, dans le respect des valeurs de tolérance et de l'acceptation de la différence, en tant que préalable à la coexistence pacifique entre les hommes.
Dans cette optique, l'intégration culturelle ou acculturation positive tend à assurer une adhésion consciente et active aux attributs de la culture nationale et à ceux de la culture des pays d'accueil, en l'occurrence la culture occidentale.
Cependant, l'environnement occidental favorise-t- il une telle acculturation positive.
Universitaire connu, de formation philosophique, versé dans la pensée islamique et la théologie chrétienne, le Dr Mezri Haddad, a relevé que l'image de l'Islam et de ceux qui s'en réclament en Europe et en Occident de façon générale, est négative et se nourrit plutôt de clichés dépréciatifs, accusant une certaine approche anthropologique réductrice de l'Islam en Occident, représentée, entre autres par l'œuvre du français Maxime Rodinson et de l'américain Robert Lewis, d'être responsable de la diffusion de ces préjugés dévalorisants envers l'Islam et invoqués souvent pour justifier les nombreuses manifestations hostiles à tout ce qui est islamique.
Il s'est dit partisan de l'idée selon laquelle le fondamentalisme religieux au nom de l'Islam s'alimente en arguments principalement de cette image négative de l'Islam façonnée par les Occidentaux sur la base d'une compréhension subjective des préceptes islamiques. Cette approche anthropologique réductrice et subjective aborde et étudie l'Islam et les sociétés islamiques comme le faisaient les premiers anthropologues occidentaux de l'époque coloniale pour ‘'les peuples primitifs'' des pays colonisés.
Cela n'empêche que des esprits islamiques illustres comme Mohamed Arkoun plaident pour des approches anthropologiques similaires de la pensée et du patrimoine islamiques.
M. Mezri Haddad a signalé, à ce propos, une interview accordée par le Président Zine El Abidine Ben Ali, en août 1994 au journal français ‘'Le Figaro'', dans laquelle le Chef de l'Etat affirme à l'adresse des pays occidentaux que l'extrémisme religieux est davantage leur affaire que celle des pays émetteurs de travailleurs émigrés.
Déracinement culturel total
S'agissant plus particulièrement de l'intégration culturelle des jeunes émigrés des pays islamiques et maghrébins, entre autres, le conférencier a noté qu'une bonne partie de ces jeunes émigrés musulmans, notamment de Tunisie et des autres pays maghrébins, ont été acculés à la marginalisation et au déracinement culturel total, n'ayant pu s'intégrer ni à leur culture nationale, ni à celle des pays européens d'accueil, ni accéder, non plus, à un niveau d'instruction élevé et acquérir une culture universelle. Ils sont constitués de jeunes nés dans les pays d'accueil de parents illettrés d'origine rurale et qui ont été amenés à interrompre leurs études précocement.
Cette partie des jeunes émigrés est réfractaire à la culture de la tolérance qui est une culture nouvelle.
Pour le conférencier, la meilleure catégorie cible de l'acculturation positive est celle des jeunes émigrés qui sont arrivés dans les années 1990 en Europe par eux-mêmes. D'autant que cette catégorie est appelée à grandir.
La question de l'intégration culturelle des jeunes émigrés musulmans, et maghrébins en particulier, prend de l'importance avec l'apparition des nouvelles préoccupations et ‘'craintes'' relatives à la préservation de l'identité nationale dans les pays européens, et en France, plus spécialement, face aux apports des étrangers et ceux des communautés islamiques, en premier lieu.
Le Conférencier a recommandé l'intensification des efforts consentis en faveur des communautés tunisiennes, maghrébines et islamiques, en général, dans les pays européens, afin de sauvegarder et renforcer leurs liens avec leur culture nationale arabe et islamique dans le cadre de l'ouverture et de l'adhésion aux acquis de la civilisation universelle. Il a salué, dans ce contexte, l'expérience tunisienne dans ce domaine pour sa précocité, sa richesse et sa pertinence.


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