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Vérités et mensonges
Festival de Cannes au fil des jours : «Copie conforme» de Abbas Kiarostami (compétition officielle)
Publié dans Le Temps le 20 - 05 - 2010

En quarante ans de carrière, c'est la première fois que le maître iranien est appelé à tourner en Europe, avec des comédiens professionnels, parlant à la fois français, italien et anglais, langues qu'il ne maîtrise pas. Le risque était réel de le voir perdre son persan et son cinéma.
Diriger Binoche et William Shimmel, le grand baryton britannique, en Toscane, relevait en effet de la révolution copernicienne pour ce cinéaste dont l'œuvre d'identifie tellement à l'Iran qu'elle en devient une sorte d'incarnation. Kiarostami c'est une économie de moyens, une équipe légère, des décors naturels, des intrigues minimales et des comédiens non professionnels qu'il peut de son propre aveu plus facilement diriger du fait de sa longue expérience avec les enfants à l'institut pour le développement intellectuel des enfants, « le Kanun ». Situé entre Florence et Lucignano (dans l'arrière pays toscan) « Copie conforme » raconte l'histoire d' « Elle » et de James Miller, l'espace d'une soirée et d'un long dimanche. Une histoire d'amour comme il en existe partout. James Miller est à Florence pour présenter son livre «Copie conforme» où il défend l'idée quelque peu iconoclaste de l'égale importance de la copie par rapport à l'original en art, l'œuvre d'art n'existant pas en soi mais en tant que produit du regard qui la fonde en tant que telle. « Elle » s'invite à la présentation donnée par Miller, elle arrive en retard suivie de son fils. Devant les signes d'impatience de son fils, « Elle » est obligée de partir non sans avoir auparavant laissé un petit mot à James où elle l'invite pour la soirée . Un premier rendez-vous manqué, James est froid et distant, « Elle » est maladroite et intimidée. Ce n'est que partie remise, le couple se retrouve le lendemain pour une virée en campagne, « Elle » est au volant on parle de tout sauf de l'essentiel, James est enfermé dans sa carapace, il est pédant hautain et inélégant, « Elle » a les jambes sur terre, pragmatique passionnée et amoureuse. Une halte dans un café, James disparaît du champ pour répondre à une communication téléphonique, « Elle » est interpellée par la propriétaire du café sur les qualités de son « mari », suffisamment attentionné pour la sortir un dimanche matin. « Elle » joue le jeu et entre dans cette fiction de relation conjugale à laquelle l'invite la vieille dame pleine de sagesse quant aux hommes et à la vie. A son retour, « Elle » entraîne James dans cette histoire dont elle désire l'accomplissement. Le couple jouera à se déchirer, réglant ses comptes, s'étripant sur des détails de son quotidien. « Elle » est une femme blessée qui entreprend de reconquérir son mari, James est coincé incapable d'extérioriser son amour. Réunis, désunis, les masques finissent par tomber et le jeu de la fiction conjugale finit par se réaliser. « Elle » et James se retrouvent dans la chambre d'hôtel de leur nuit de noces dans l'histoire qu'ils s'étaient inventés.
Avec « Copie conforme » Kiarostami approfondit une réflexion fondatrice de son cinéma, celle de la ténuité des frontières entre fiction et réalité, entre la copie conforme et l'original, aidé en cela par la performance d'une grande actrice dont l'extraordinaire faculté de changer de registre entretient le doute quant à la réalité de ce qui se déroule devant nos yeux. Cette histoire qu'elle s'est inventée n'est elle pas vraie ? James et « Elle » ne sont ils pas un couple en crise qui se reconstitue l'espace d'une journée ? On en sait plus ou pas vraiment. Le basculement du scénario dans la séquence du café où sans crier gare, Kiarostami amène son film sur le territoire d'une fiction seconde est un acte de liberté dont lui seul a le secret. Plus, ce n'est qu'à cette condition, en la mimant que l'histoire d'amour devient possible.
« Copie conforme » est jusqu'à présent le seul film de la compétition qui entreprend de penser le cinéma. Un grand film fraîchement accueilli par une critique plus en phase avec un cinéma social au premier degré à la Mike Leigh et le misérabilisme racoleur d'Innaritu.


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