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Le Maghreb, laissé pour compte
Le cinéma sur les chaînes de TV arabes
Publié dans Le Temps le 07 - 01 - 2011

Le paysage audiovisuel arabe compte aujourd'hui une dizaine de chaînes de télévision spécialisées dans la diffusion de films. La plupart d'entre elles se trouvent sur un seul satellite, connu de tous et capté par tous nos foyers. A longueur de journée, ces chaînes diffusent donc des longs-métrages arabes dont l'écrasante majorité est égyptienne. Il est vrai que de temps à autre, on a le droit sur une chaîne ou deux, à un navet hindou ou à un polar de seconde catégorie interprété par Jackie Chan ; mais ce sont là des exemples rares, donc deux exceptions qui ne font que confirmer la règle générale, à savoir une overdose de films égyptiens, comme si le monde arabe s'arrêtait aux rives cairotes du Nil.
Les habitués de ces canaux ont en effet désespéré de les voir programmer un film tunisien, algérien ou marocain ; et Dieu sait qu'il en existe en abondance et parmi les meilleurs produits cinématographiques du monde arabe. Les films libanais subissent la même exclusion, alors que depuis les années 60 et 70 jusqu'aujourd'hui, et malgré les secousses tragiques successives subies par le pays du Cèdre, le 7ème Art continue d'y exister et d'améliorer la qualité de ses productions. On aurait pu à tout le moins programmer de tels films à l'occasion de certains événements marquants dans l'actualité des pays qui les ont produits, ou bien dans le cadre d'hommages circonstanciels dédiés à tel ou tel acteur ou à tel ou tel réalisateur. Ou bien tout juste pour varier la programmation et nous sortir des rengaines habituelles. Mais non, les chaînes arabes persistent et signent et cela dure depuis près de deux décennies !
Ratatouille
Si au moins la diffusion des films obéissait à des choix clairs et à une logique quelconque de programmation, on aurait tout compris et tout pardonné. Mais ce n'est presque jamais le cas : le menu proposé comporte pour la même journée des films de n'importe quelle année, de n'importe quelle génération, de n'importe quel genre, des films en noir et blanc et en couleurs, des nullités suivies ou précédées de chefs-d'œuvre ; bref une ratatouille d'ingrédients composites qui plus est constituée de longs-métrages vus mille et une fois sur la même chaîne ou sur l'ensemble des chaînes disponibles. Que de reprises « reprisées », en effet ! On en arrive à apprendre par cœur les répliques de chaque acteur tant ces films passent et repassent à tour de rôle sur nos petits écrans arabes qui se relaient admirablement pour passer le même jour, la même semaine et le même mois, la même série de longs-métrages, avec une application et une persévérance qui rappellent les échanges de balles quasi mécaniques entre les joueurs du F.C.Barcelone !
Certains spectateurs testent désormais la fiabilité de leur mémoire en visionnant à souhait les films diffusés sur ces chaînes et ils se laissent aller à des jeux de questions-réponses et de devinettes sur une séquence, un nom d'acteur, une réplique, une chanson, etc. Nos pédagogues doivent peut-être s'inspirer de cette méthode de mémorisation qui a permis à des centaines de millions de téléspectateurs arabes de stocker des archives filmiques que certains ministères de la culture n'ont pu collecter. Mais le comble du ridicule c'est lorsqu'on annonce à cor et à cri la diffusion « en exclusivité » ou « en 1ère vision » d'un film passé déjà sur tous les écrans et que seuls les bébés qui attendent de naître n'ont pas encore vus. Autre aberration très fréquente sur la plupart des chaînes : il s'agit du « charcutage » systématique de chaque film pendant sa diffusion. Toutes les cinq minutes, on interrompt le spectacle pour céder l'écran aux spots publicitaires qui prennent le double ou le triple du temps imparti aux séquences du film. Si bien que le long-métrage en devient un très, très-long-métrage qui dure tout l'après-midi ou la soirée entière. Pour ce qui est de nos chaînes tunisiennes, il n'y en a aucune qui se soit spécialisée dans la diffusion des films ; et c'est heureux ainsi ! Mais quand l'une d'elles daigne en passer un -cela n'arrive qu'une fois le mois ou le trimestre- c'est comme sur les autres chaînes arabes : du n'importe quoi qui ne réponde à aucun choix étudié, à aucune thématique pertinente ou opportune, ni à aucune logique particulière en fait, excepté peut-être celle de meubler une plage horaire libre entre deux émissions aussi indigestes que le film diffusé !


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