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Les clubs refusent de reprendre la compétition
Publié dans Le Temps le 13 - 03 - 2011

Depuis un certain et non lointain 9 janvier 2011, date de déroulement de la première journée retour, notre compétition est en hibernation. La Révolution bénie en est la raison avec des normes de sécurité jugées encore peu ou prou propices à la reprise des activités sportives sur tout le territoire. Soit, mais ces derniers jours, les choses ont eu l'air d'aller nettement mieux et la situation sécuritaire a enregistré une amélioration sensible grâce aux efforts fournis par toutes les parties prenantes impliquées dans le maintien de l'ordre mais également au sens hautement civique de nos citoyens conscients que l'heure est désormais au travail et à la construction de notre jeune Tunisie.
Suffisant pour que la tutelle, forte de l'aval du ministère de l'Intérieur donne son feu vert pour la reprise de la compétition ce week-end au grand bonheur de tous les mordus du football, des staffs techniques se morfondant dans la crainte de voir leurs joueurs manquer de compétitivité. Une ombre au tableau cependant dans l'affaire et qui mit un bémol à cette liesse frénétique : les présidents des clubs réunis en conclave émirent des réserves et refusèrent net cette approche. Attitude jugée de premier abord contradictoire par le plus clair des observateurs car d'une part ces présidents ne cessent de souffrir du manque à gagner, des caisses vides, des joueurs en grève, etc, et d'autre part ils adoptent une position incompréhensible avec ce refus. Pour tenter de clarifier la situation, nous avons pris donc attache avec eux et aussi avec quelques responsables pour connaître exactement les motifs et les dessous de pareille décision. Cédons-leur la parole :

Kamel Bouhaouala( EST): « Problème majeur de sécurité »
Nonobstant le problème financier très lourd grevant pratiquement toutes les caisses avec fermeture des vannes des organismes habitués à nous subventionner tels les droits TV, le Promosport, le sponsoring, la municipalité, etc, nous avons été confrontés à une gageure monstre qui n'est guère de nos habitudes, de nos prérogatives. Assurer la sécurité par nous-mêmes à l'intérieur des stades. Questions : notre public est-il habitué à être canalisé et dirigé par des civils ? A-t-il la culture d'obéir aux injonctions de ces stadiers ? Qui nous garantit que des intrus ne se mêleraient pas sciemment au public pour y semer la zizanie et la discorde comme ils l'on fait à maintes reprises lors des manifestations pacifiques organisées par notre peuple lors de notre révolution salutaire et libératrice ?
Bien entendu, en cas de grabuge fort probable du reste, c'est aux présidents qui reçoivent d'en assumer l'entière responsabilité civile devant la justice. Chose qu'ils ont réfutée en bloc et à juste titre par ailleurs.

Faouzi Ktari (EGSG) : « Une situation catastrophique »
Depuis l'aube de notre révolution, je pensais que nous serions mieux compris mais malheureusement, je constate que pour certains journalistes l'affaire n'a pas changé d'un iota du moins dans leur esprit. Ils continuent à accabler les présidents de tous les maux. Nous avons hypothéqué voire vendu nos biens pour pouvoir dans la mesure du possible pourvoir aux exigences financières de nos clubs. A l'heure où je vous parle, mes joueurs sont entrés en grève depuis vendredi pour non paiement de leurs arriérés. A titre d'exemple, durant les 5 premières journées où nous reçûmes entre autre l'Espérance Sportive de Tunis et le ST, nous ne récoltâmes que 15 mille dinars ! Actuellement, aucune rentrée d'argent, toutes les ressources sont taries : Gouvernorat, Municipalité, Groupe chimique, Promosport, droits TV. Comment peut-on honorer nos engagements vis-à-vis de nos employés dans ces conditions ? Par ailleurs, on nous demande d'assurer par nous-mêmes la sécurité dans les gradins. Je n'ai ni les moyens ni la latitude de former et de payer les stadiers pour cette tâche. En plus en cas de grabuges, c'est au président qui reçoit qu'incombe l'entière responsabilité avec compte à rendre devant la justice.Nous vivons une situation catastrophique

Fateh Alouini (JSK) : « Je ne suis pas disposé à affronter la justice »
Vous savez pour les clubs du milieu du tableau ne disposant pas régulièrement de 30 mille supporters chaque semaine garnissant les travées, le problème des recettes n'est pas tellement important. Car ces dernières ne comblent en aucune manière nos dépenses réelles au quotidien. Certes elles y participent dans une certaine mesure mais nullement d'une façon efficiente. La reprise de la compétition est souhaitable même à huis clos ce qui permettrait aux joueurs de reprendre tout d'abord le rythme des matches officiels en plus des bailleurs de fonds d'ouvrir les vannes (TV, Promosport, Municipalité, etc). Faut-il souligner que les clubs en formant les jeunes et en leur évitant de basculer dans l'oisiveté et la délinquance rendent un grand service à la collectivité avec un rôle socioéducatif prépondérant. De ce fait, les municipalités en nous allouant des deniers ne font que rémunérer les efforts des clubs. Ce n'est pas un service qu'elles nous rendent. La JSK englobe 600 licenciés toutes disciplines confondues faut-il le signaler ! Mais je dis que le problème majeur ayant motivé notre décision de refus se rapporte à la sécurité au sein des stades où on tient à ce que les clubs l'assurent par leurs propres moyens. Franchement, c'est une aberration car nous ne sommes nullement formés et encore moins habilités à le faire. Avec cette précision de taille, au moindre pépin, bonjour les dégâts avec le président devant le juge d'instruction.

Mongi Bhar (CSHL) « Trois points d'achoppement »
Nous sommes les premiers concernés et motivés par le retour immédiat de la compétition. N'oubliez pas que chaque fin de mois est un véritable calvaire pour nous où nous devons assurer tant bien que mal à nos employés leurs indemnités intégrales qu'il vente ou qu'il pleuve. Cependant, comment voulez-vous que pareille entreprise soit réussie si d'emblée, on nous met devant le fait accompli avec trois entraves de taille à réduire considérablement pour ne pas dire à néant notre champ d'action ? Tout d'abord le huis clos avec des entrées d'argent nulles. Ensuite le promosport qui se défile et ne veut nullement nous avancer nos dus. Pis encore, on nous « lègue » la sécurité à l'intérieur des travées. Trois conditions que nous avons refusées en bloc car vous concevez qu'elles ne sont nullement réalisables. Car en cas du moindre problème sécuritaire, c'est au président d'en assumer l'entière responsabilité. Une aberration en somme !

Mokhtar Nefzi (OB) : « C'est du non sens »
Trois composantes sont impliquées dans cette affaire : la Tutelle, la FTF et les clubs. Avec cette précision de taille, les deux premières veulent se défiler de la responsabilité en jetant le ballon dans notre camp, les clubs. Comment voulez-vous qu'on travaille quand par exemple la TV sur un budget de 7 millions de dinars ne nous a déjà alloués que 2 jusque là ? Personnellement à Béja, 200 mille dinars de la municipalité sont encore aux abonnés absents.
Par ailleurs comment peut-on nous imposer d'assurer la sécurité dans les stades dans ces conditions ? 11000 détenus sont en fuite des prisons, des armes sont encore en circulation et pas totalement récupérées par les autorités. Vous pensez qu'à Béja on peut canaliser un flux de 5000 spectateurs avec quelques stadiers ? A titre d'exemple, 1000 policiers étaient mobilisés pour chaque match choc au Bou Jomäa kmiti (EST, CA, ESS, etc). Et puis quel statut, quelle assurance, quelle couverture, quelles garanties pour ces stadiers ? Ne risquent-ils pas d'avoir maille à partir avec le public avec risque de blessure voire de mort chez l'une ou l'autre des deux parties ? Dans tous les cas de figure, c'est au président du club qui reçoit de se présenter devant la justice et de répondre de ces « accidents ». Quant au huis clos, il est hors de question de l'adopter car un match de football est avant tout une fête, et l'absence du public ne cadre guère avec cette appellation. Autant célébrer un gala d'Om Kalthoum devant les travées du théâtre romain de Carthage complètement vides !
Sami Gendouz (ESHS) : « On veut nous acculer dans nos derniers retranchements »
Je ne comprends vraiment pas l'attitude de nos décideurs à un moment où nous avons rompu définitivement avec les anciennes pratiques peu orthodoxes avec cette ère nouvelle que nous bénissons. Le promosport nous ferme ses portes alors qu'on nous avait promis le double de la subvention jusque là allouée passant de 250 à 500 mille dinars. Pareil pour les droits TV passés aux pertes et profits avec un déficit de 36 millions de dinars. A Hammam-Sousse, tout s'est jusque là déroulé dans les normes avec mes employés payés à temps. Maintenant, je n'arrive plus à honorer mes engagements. Cerise sur le gâteau, les présidents des clubs doivent assurer par eux-mêmes la sécurité à l'intérieur des stades. Je me contente de vous citer un seul exemple et à vos lecteurs d'en tirer les conclusions qui s'imposent : l'ESS et le CA ont convenu de disputer ce dimanche un match amical à l'olympique de Sousse. En dernière minute, ils en ont été interdits. Pis encore, même à huis clos cette rencontre ne devait pas avoir lieu selon les responsables ! Voilà bientôt presque 5 mois d'inactivité depuis le coup d'envoi de la compétition où les joueurs sont à l'arrêt. Par quels moyens pourrions-nous subsister dans ces conditions ? Nous réclamons avec force que nos droits soient préservés et surtout respectés par qui de droit. Et s'il faut avoir recours à une saison blanche dans le dessein de ne pas compromettre la saison touristique à nos portes, je dirais pourquoi pas. Inutile de montrer au monde entier que nous ne maitrisons pas la situation avec des stades en ébullition et hors de contrôle !


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