Les Anglais ont coutume de dire « Two is the company… three is the crowd » (deux c'est la compagnie… trois c'est la foule) ! L'Etat, justement, a été inventé pour gérer la « foule » et permettre la vie paisible en communauté. Les Grecs l'appelaient « Polis » parce que lié hermétiquement à la cité, d'une part, et à l'exercice du pouvoir d'autre part. Mais comme toutes les constructions et œuvres humaines, les Etats naissent, se développent… persistent et péréclitent. La bonne gouvernance c'est de faire en sorte que l'Etat puisse s'adapter en temps de crises pour survivre et durer. Pour cela le gouvernement doit savoir mobiliser ses « soutiens » et développer ses capacités immunitaires. On peut résumer les « soutiens » dans tout ce qui peut rassembler les hommes et les politiciens quelles que soient leurs différences idéologiques ou partisanes. A titre d'exemples le patriotisme, l'identité arabo-musulmane, la fierté d'appartenir à une civilisation avancée ou même une puissance leader dans le monde. Dans certains pays comme les Etats-Unis d'Amérique, l'Allemagne ou les pays scandinaves, ce sentiment de fierté nationale accompagne une certaine sacralisation de la loi, de l'ordre constitutionnel et de la liberté individuelle. Dans les salles de classe du primaire à l'Université vous verrez toujours le drapeau national accroché au tableau ou hissé chez les simples citoyens dans leurs jardins privatifs et même à l'antenne radio de leurs véhicules et bicyclettes. Je me rappelle d'une phrase restée célèbre du Président français très « populaire » Jacques Chirac qui faisait face à une crise latente des banlieues et surtout au problème d'intégration des « Beûrs » de 2e génération pour leur dire : « Ce n'est pas rien d'être français aujourd'hui… Nous sommes la 5e puissance du monde et les jeunes français de toutes les origines devraient en être fiers » ! Aujourd'hui beaucoup de Tunisiens ne semblent pas connaître leur bonheur d'appartenir à ce pays millinaire que la nature a servi généreusement de sa beauté plurielle et d'un climat si doux presque à longueur d'année. Ce pays de l'olivier, de l'abondance fruitière, de la mer, des montagnes et du Sahara, Dieu a voulu qu'il soit tolérant, attachant et accueillant pour ses enfants et l'étranger. Toutes les civilisations guerrières qui l'ont envahi y ont déposé leurs armes pour « l'habiter » avec amour et ferveur. Très peu de conquérants depuis Carthage l'ont quitté et même les exilés finissent par y revenir pour y terminer leur vie. La Tunisie n'a pas que des problèmes, certes graves structurels. Elle a aussi des atouts considérables. Un héritage culturel, industriel technique et de savoir-faire non négligeable… Bien au contraire. Beaucoup nous envient ce que les civilisations ont accompli sur cette terre bénie. Un de mes étudiants africains du Sud du Sahara et fonctionnaire à la Bad me disait sa fierté de voir un pays comme la Tunisie si prospère et avancée. Cela donne de l'espoir à certains autres pays africains qui manquent de tout surtout au niveau de l'infrastructure de l'éducation de la santé, de l'eau, des routes, des ports et aéroports etc… Eh oui nous devons tous savoir et dire à nos enfants à nos parents, voisins et amis dans toutes les régions tunisiennes sans exception : « Ce n'est pas rien d'être Tunisien aujourd'hui ». Ne laissons pas notre Etat se décomposer et notre économie pas notre économie se ruiner parce que certains « rêveurs » aux longs couteaux ont des ambitions personnelles et des comptes à régler ! On ne peut vouloir se présenter aux suffrages populaires et jouer les « candidats » aux magistratures suprêmes avec tant d'arrogance et de violence dans le verbe et le comportement. Appeler à la révolte permanente et à la destruction même des acquis que le peuple a bâtis patiemment de génération en génération depuis des siècles et tout simplement criminel. Le devoir patriotique des tunisiens « silencieux » mais honnêtes, travailleurs et unis par l'amour de ce pays et son mode de vie unique en méditerranée et dans le monde est de veiller à la défense de leur pays en s'engageant dans la société civile massivement et élever la voix. Alors certaines « grandes gueules » se feront un peu plus modestes et seront ramenées à leurs véritables dimensions ! K.G