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Frères ennemis ou alliés inavoués?
Rapports entre Ennahdha et les salafistes

Naguère tapis dans l'ombre ou croupissant dans les geôles de Ben Ali, les salafistes tunisiens occupent de plus en plus l'espace public, où ils tentent d'imposer leurs marques à une société largement sécularisée. Ces partisans d'un Islam rigoriste paradent désormais dans les rues pour fustiger la chaîne de télévision privée Nessma TV accusée d'avoir diffusé un film blasphématoire ou pour réclamer la libération d'une « sœur» pakistanaise détenue aux Etats-Unis, multipliant au passage les agressions contre des journalistes et des militants de la société civile.
Profitant du vent de liberté qui souffle sur le pays, ils se permettent même de s'introduire dans les espaces culturels pour empêcher manu militari l'organisation de spectacles jugés religieusement incorrects comme ce fut le cas le 17 décembre dernier à Meknasssi, où une horde de fanatiques a agressé les membres de la troupe musicale «Awled El Manajem» (Enfants des mines), qui donnaient un concert à la maison de culture de la ville.
Les activistes fondamentalistes continuent également de pousser leurs pions dans les mosquées et les universités. Dans les premières, ils réussissent parfois à placer leurs imams. Dans les secondes, ils tentent d'imposer leurs conditions en réclamant l'aménagement de salles de prière et le droit des étudiantes à porter le niqab. Face à cet activisme salafiste qui heurte la pratique religieuse apaisée en vigueur depuis de longs siècles en Tunisie, le mouvement islamiste Ennahdha, qui domine le gouvernement, a longtemps tardé à prendre des positions claires. Preuve en est: les auteurs d'agressions intolérables perpétrées contre les journalistes Soufiène Ben Hamida et Zied Krichène ou encore contre l'universitaire Hamadi Rédissi courent toujours…
Les agissements des salafistes à Sejnane révélés par le quotidien Le Maghreb et confirmés par la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme (LTDH) ont été passés sous silence. Les interminables sit-in des étudiants salafistes réclamant le port du Niqab à l'université n'ont pas suscité de la part du gouvernement des réactions à la mesure de la gravité des protestations qui ont causé une interruption des cours à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba pendant plus d'un mois. Après avoir considéré le port du Niqab comme étant un «épiphénomène», le ministre de l'Enseignement supérieur et membre d'Ennahdha, Moncef Ben Salem, a justifié son refus de promulguer une circulaire interdisant le port du voile islamique intégral par la suspension de l'ancienne Constitution !

Déclarations contradictoires

Face aux accusations d'inertie et de complicité avec les salafistes qui pèsent sur lui, le gouvernement a adopté ces dernières semaines un ton plus ferme tout comme le mouvement Ennahdha qui a pris quelques positions inhabituellement claires vis-à vis du regain d'activisme salafiste. Le 23 janvier dernier, le Premier ministre Hamadi Jebali a assuré, dans un discours devant l'Assemblée nationale constituante, sa détermination «à faire appliquer la loi» et a dénoncé les agressions contre des journalistes survenues lors d'une manifestation anti-Nessma TV. Le même jour, Ennahda a publié un communiqué sans précédent pour affirmer son attachement à la liberté d'expression et se désolidariser des poursuites judiciaires contre Nessma TV dans l'affaire Persépolis.
Mieux encore, le ministre de l'Intérieur et membre d'Ennahdha, Ali Laârayedh, est allé jusqu'à se prononcer contre le port du Niqab à l'Université. «Le Niqab n'a aucun rapport avec l'Islam et il est étranger à notre société tunisienne», a-t-il affirmé lors d'un entretien diffusé le 30 janvier sur la chaîne privée Hannibal TV, tout en appelant les salafistes à «respecter les règlements internes des facultés».
Bien qu'elles soient trop timides, ces positions claires en faveur de la liberté d'expression et de l'identification des étudiants prises par des membres d'Ennahdha ont été applaudies dans le camp progressiste. Ce dernier a, toutefois, dû être très vite déchanté. Et pour cause: membre de l'Assemblée Constituante élu sous les couleurs d'Ennahdha Sadok Chourou a déclaré, début février, que son mouvement «soutient la prédication salafiste». Plus récemment, le président du groupe des élus d'Ennahdha à la Constituante, Sahbi Atig, s'est déclaré pour l'ouverture d'un dialogue avec les salafistes. «Ce sont nos enfants. Et puis nous sommes tous des salafistes dans la mesure où nous œuvrons à restaurer la pureté de l'Islam et à lutter contre les innovations dans la religion», a-t-il notamment déclaré. Retour, donc, à la case départ !

Base idéologique commune

Selon les experts, l'ambiguïté savamment entretenue qui marque les rapports entre Ennahdha et les salafistes met au grand jour les contradictions du parti de Rached Ghannouchi qui semble désormais tiraillé entre faucons et colombes. «Environ 50% des militants de base d'Ennahdha sont très proches de la mouvance salafiste conservatrice appelée également Al-salafiya Al-îlmia. C'est ce qui explique en partie les accusations de double langage qui pèsent souvent sur Ennahdha», souligne Alaya Allani, professeur d'histoire contemporaine à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba et spécialiste des mouvements islamistes dans les pays du Maghreb. Et d'ajouter: « Ennahdha et les salafistes ont, en fait, une base idéologique commune. Les deux mouvements prônent, l'application littérale des préceptes énoncés dans le Coran, la réislamisation de la société et de la lutte contre les dictateurs à la solde de l'Occident. La plateforme idéologique d'Ennahdha adoptée en 1988 est toujours la même. Seul le discours a changé».
Alaya Allani précise également qu'Ennahdha refuse pour le moment de s'engager dans une confrontation avec les courants salafistes pour préserver son fonds de commerce électoral. «La majorité des membres du courant salafiste conservateur appelé également Al-salafiya Al-îlmia, qui contrairement aux djihadistes s'oppose à la lutte armée pour changer les régimes n'appliquant pas une version rigoriste de l'Islam et se contente de tenter de restaurer la pureté de l'Islam, ont d'ailleurs voté pour Ennahdha lors des dernières élections», note-t-il.
Le chercheur estime, toutefois, qu'Ennahdha ne va plus pouvoir jouer trop longtemps sur l'ambiguïté et l'ambivalence. «Ennahdha sera obligée dans un futur proche d'entrer dans une confrontation avec les salafistes. D'autant plus que le projet politique du parti qui est désormais fondé sur l'Etat civil, la démocratie et l'Etat de droit, ne peut aucunement cadrer avec celui des salafistes qui se prononcent ouvertement contre la République et la démocratie, », indique-t-il.
Walid KHEFIFI


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