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"Un nouvel apartheid au Moyen-Orient ".
Un rapport français explosif :
Publié dans Le Temps le 06 - 03 - 2012

De notre correspondant particulier à Paris : Zine Elabidine HAMDA - Un rapport d'information pour la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française présenté par le député socialiste Jean Glavany, ancien ministre du gouvernement Jospin, décrit la question de l'eau dans les Territoires occupés par Israël comme « révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen-Orient ».
Le rapport est le résultat d'une mission d'observation d'une semaine durant laquelle un groupe d'élus français s'est rendu dans la région – Liban, Jordanie, Israël, territoires palestiniens occupés – et a rencontré les ministres israélien et palestinien de l'eau, des diplomates et des ONG, selon les déclarations du député Glavany.
Le gouvernement israélien a vivement réagi par la voix d'Ygal Palmor, le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, qui a dénoncé un rapport « rempli d'un verbe emprunt de propagande vicieuse, bien éloignée de l'esprit critique professionnel ». Le gouvernement palestinien, quant à lui, a accueilli favorablement le rapport sur « le contrôle israélien des ressources palestiniennes en eau et leur utilisation dans l'intérêt des colons et des Israéliens ».
Le rapport Glavany parle d'un fonctionnement du système de partage de l'eau «sur le mode du consensus, ce qui donne de facto un pouvoir de veto à Israël ». Dans la zone de Cisjordanie contrôlée par Israël, les autorisations doivent être approuvées par l'armée israélienne. « Il faut savoir, par exemple, que les 450 000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d'eau que 2,3 millions de Palestiniens », note encore le rapport de M. Glavany. Selon des statistiques indépendantes, chaque année, les Palestiniens utilisent environ 70 millions de m3 d'eau contre 222 millions de m3 pour les colons Israéliens.
Dans son rapport, M. Glavany, ancien ministre de l'Agriculture, souligne que « la priorité est donnée aux colons en cas de sécheresse, en infraction au droit international ». Il note que « les puits forés spontanément par les Palestiniens en Cisjordanie sont systématiquement détruits par l'armée israélienne » et qu' « à Gaza, les réserves d'eau ont été prises pour cible en 2008-2009 par les bombardements ». Mais les bombardements ont épargné la digue de Betlaya qui retient un vaste lac d'eaux usées.
Origine du conflit
Le partage des eaux en Cisjordanie est fixé par les accords d'Oslo II de 1995. Accords considérés comme asymétriques par les experts. Le texte des accords devait être « temporaire », mais n'a jamais été renégocié comme prévu en 2000. En Cisjordanie, tout forage doit faire l'objet d'une autorisation du Joint Water Committee, un comité mixte, composé d'Israéliens et de Palestiniens. Mais, en réalité, ce sont les Israéliens qui décident en général en faveur des demandes israéliennes. L'accord ne tient pas compte des besoins en eau d'une population qui a doublé depuis 1995, selon les estimations de la Banque mondiale. Des experts et ONG s'accordent pour considérer l'eau comme « un outil militaire » qui fait partie d'une stratégie globale de colonisation.
La question de l'eau a été à l'origine de la guerre des six jours de 1967. Après l'invasion israélienne, l'Etat hébreu a détourné le Jourdain qui constitue sa source principale en eau. En quadruplant les territoires qu'il contrôle, Israël a mis la main sur leurs rivières et leurs sources d'eau. Ce qui lui donne environ 60% de son eau potable. Israël et les colons israéliens implantés en Cisjordanie prélèvent 80% de l'eau, laissant les Palestinien avec 20% seulement.
Mais cette volonté de contrôler les flux d'eau remonte à 1919. La délégation sioniste à la Conférence de Paix de Paris soutenait déjà que les hauteurs du Golan, la vallée du Jourdain et la rivière Litani du Liban sont « essentielles pour la fondation économique du pays. La Palestine doit avoir le contrôle de ses rivières et de ses sources ».
Rapport de 2009 de la Banque mondiale
Selon un rapport de la Banque mondiale, intitulé « Restrictions sur le développement du secteur de l'eau palestinien », fait à la demande de l'Autorité palestinienne, Israël utilise quatre fois la quantité d'eau allouée à la Cisjordanie et à Gaza. Les Palestiniens se battent pour avoir le minimum d'infrastructure d'exploitation de l'eau. Ils sont obligés, devant cette situation, d'acheter l'eau auprès des Israéliens. 45% de l'eau de Cisjordanie est achetée à Israeli Water Authority. Environ 10% de la population de cette zone souffre du manque d'infrastructure d'eau. Le coût par famille est le double de ce que dépense une famille israélienne. A Gaza, la situation s'est détériorée depuis 2005, avec des coupures d'eau fréquentes, qui atteint souvent des seuils critiques.
Cette situation de déséquilibre systématique fait que des piscines et des jardins sont arrosés du côté des colons, tandis qu'à côté, les Palestiniens se rendent au puits avec un seau.
Corollaire de la question de l'eau, celle de l'assainissement. Les eaux de Cisjordanie s'écoulent en effet vers Israël, or il n'existe qu'une seule station d'assainissement, en Cisjordanie, à Ramallah, et les besoins sont considérables. Des eaux usées s'écoulent ainsi vers Israël, qui accuse les Palestiniens de ne pas agir contre la pollution de l'eau. D'autre part, pour l'eau non municipale, il n'existe pas de contrôle. L'eau peut être contaminée, avec des conséquences sanitaires dangereuses.
Durant les négociations avec Israël, dans les années 1990, la question de l'eau est devenue une des matières à controverse. Elle fut rapidement reléguée au stade de la négociation sur le « statut final » qui n'a jamais été conclu.
Les techniciens et les spécialistes de l'hydrologie soutiennent qu'une solution doit être trouvée parce que les besoins d'eau sont interdépendants et que cette question traverse les frontières politiques du conflit. Une nouvelle guerre sur la question de l'eau n'est pas inenvisageable.


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