Deux vagues de perturbations attendues en Afrique du Nord d'ici la fin mars    Après des années de service, un joueur quitte l'équipe nationale    Pokémon Pokopia : le jeu-vidéo qui cartonne et fait monter les actions de Nintendo en flèche    Concours L'apprenant entrepreneur : lancement de la première édition    Bayer réaffirme son engagement aux côtés des agriculteurs tunisiens pour une agriculture durable et performante    Décès du professeur Ahmed Gherab : la médecine tunisienne en deuil    Le Galaxy S26 Ultra reçoit le prix 'Best in Show' lors des Global Mobile Awards au MWC 2026    Zaghouan : Le centre Amal pour le traitement des addictions à Jebel Oust rouvre ses portes après rénovation    Tunisiens : bientôt le croissant de l'Aïd, tout ce qu'il faut savoir    Météo en Tunisie: températures en légère baisse, pluies attendues    Le poulpe: Un plat raffiné et une ressource sous pression    Iran: scénarios possibles et analyse stratégique    OMS Tunisie : attention aux risques de la déshydratation et aux boissons riches en caféine    La RSE dans les pays en développement: la pyramide de Carrollà l'envers!    Mohamed Soudani: Le gouverneur et le consul général    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Ooredoo met à l'honneur la star de sa publicité ramadanesque, Yaakob    Livre 'Si Le Kef m'était Conté' de Najet Ghariani : un livre de contes pour redécouvrir Le Kef et son imaginaire    Gaz et pétrole de schiste: extraire l'enfoui, assumer les dégâts    Femmes & Tech: comment Epson fait de la parité un moteur de performance    Mongi Chemli: Mélanges à lire    Citoyens tunisiens aux Emirats : voici comment obtenir un visa de transit d'urgence    Le film À voix basse de la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid sélectionné au PCMMO 2026, après la Berlinale    Festival de la chanson tunisienne 2026 : Palmarès de la 24ème édition    Le général Abdel Rahman Suwar al-Dahab: une exception    Croissant lunaire visible : vendredi 20 mars pour la majorité des pays    Le président Kaïs Saïed présente ses condoléances à la famille du doyen Sadok Belaïd    Obsèques du doyen Sadok Belaïd: Dans l'émotion et le recueillement (Album photos)    Trois parcours, une même excellence : le CNOT rend hommage aux femmes du sport    62 cellules terroristes démantelées et des milliers d'éléments arrêtés en 2025 !    Suspension de tous les vols d'Emirates vers et depuis Dubaï    Salah Bourjini, un diplomate tout terrain    Coup de tonnerre : Youcef Belaïli suspendu un an pour falsification de documents    Tahar Bekri: Liban ma rose noire    Alerte Sécuritaire : Le Ministère de l'Intérieur Qatari relève le niveau de menace et appelle au confinement    Souad Guellouz: Née pour être écrivaine, romancière et poétesse    Kaïs Saïed sonne l'alarme: réformes structurelles imminentes pour les caisses sociales    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



150 millions d'années
Rédécouvertes: Les Monts des Ksour
Publié dans Le Temps le 01 - 05 - 2012


*La rubrique animée par Alix Martin revient.
Pour le moment elle paraîtra tous les dimanches
Avec Alix Martin
En exergue : ces « promenades » et celles qui vont suivre, nous venons de les faire et que nous avons été très contents de constater que le Sud tunisien était au travail, malgré son implication dans les récents problèmes en Libye. Pas un seul sac d'ordures ne traîne dans les rues de Gabès, même autour du « marché de Jara », ni à Tataouine ni à Matmata ni dans aucun village !
Nous avons été, reçus et bien accueillis, voire « gâtés » partout ! Il n'y a plus de ruines croulantes à Douiret ni à Chenini mais des murs de soutènement, des rampes d'accès pavées et même des chambres d'hôte confortables aménagées dans des maisons troglodytiques restaurées. Nous nous plaisons à écrire que Tameghza, Douz et autres lieux sont prêts à accueillir des visiteurs. En ce moment, un soleil radieux – pas encore trop chaud ! – rayonne dans un ciel d'un bleu profond. Il a plu et partout les plantes tapissent les sols d'un velours vert émaillé de mille fleurettes blanches, mauves ou jaune d'or. Ne manquez pas de visiter le musée de « La Mémoire de la Terre », aussi intéressant que pédagogique, créé par une Association dynamique. Il se trouve à quelques kilomètres au Nord-Ouest de Tataouine, au bord de la route menant à Ksar El Farch.
Cette région du Sud-Est tunisien a émergé à plusieurs reprises il y a 150 millions d'années environ. Elle en a gardé des roches ainsi que des fossiles et même des empreintes de pas de dinosaures. Les monts portent des « ksour » : greniers collectifs, souvent inhabités, des « Kalaat » : des forteresses, aujourd'hui désertes, et des villages troglodytiques dont les habitations sont creusées et étagées à flanc de collines dans les couches tendres des roches. Dans les vallées, les cultures arbustives, appuyées sur des murs de pierres : les « Jessours », les maigres champs de céréales et les élevages menés sur le Dahar : le plateau à l'Ouest des monts, nourrissent des populations de souche berbère. Ces cultures et ses habitats, ainsi que ceux des Matmata, reflètent une adaptation à un environnement que ces populations ont dû « humaniser » après avoir sans doute fui l'invasion des arabes nomades et surtout celle des tribus « hilaliennes ». Il semble bien que les plus vielles installations n'aient guère plus de mille ans d'existence. Ainsi, ces lieux peuplés depuis la préhistoire, que Carthaginois, Romains et Byzantins avaient peu pénétrés, sont devenus un habitat-refuge pour les populations autochtones.
Les Promenades
Les marcheurs et les randonneurs peuvent découper l'itinéraire en tronçons de 10 à 15 kilomètres de long. Par exemple : Ksar Ouled Debbab / Douiret, Douiret / Chenini, Chenini / Guermessa, etc., jusqu'à Matmata, par les sentiers millénaires des crêtes. Les découvertes sont fréquentes : le tombeau de Sidi Bou Ali, fondateur de Douiret, des vestiges d'époque romaine méconnus, des curiosités géologiques, la faune et la flore typiques, etc. …
Les treckistes peuvent partir de Matmata ou de Ksar Ouled Debbab, avec un guide et deux petits ânes pour porter les bagages. Ils pourront se ravitailler, tous les soirs, à la halte, dans un village. Ils peuvent s'arrêter à Ghomrassen par exemple et retourner chercher leurs véhicules confiés à un hôtel. Ils peuvent aussi continuer vers Béni Khedache et là, les nombreux ksour, le « Parc des Dinosaures et les sources blotties dans un environnement pittoresque, les retiendront fort longtemps. La montée vers Matmata par Cheguimi, Zmertèn et Toujane est un autre treck superbe.
Les automobilistes se régaleront tout le long de belles routes en très bon état. La montée de Gabès à Matmata avec la découverte des premières collines ocre et ravinées, creusées des premières maisons troglodytiques, est une approche.
Les villages de Tamazret, Zeraoua ou Téchine, proches, méritent une visite. Sinon, l'aller à Toujane, gardé par trois Kalaa perchées sur les sommets voisins est inoubliable.
Ensuite, la descente sur Ksar Hallouf, bien restauré puis, la visite des forts de la « Ligne Mareth » proches, ensuite la promenade vers le village de Zammour ainsi que la découverte du relais restaurant « Le Bédouin » occupent toute une matinée. « Le Bédouin », où l'on déjeune fort bien, est perché sur un éperon montagneux d'où l'on découvre, au Nord-Ouest les confins de Ksar Hallouf et au Sud-Est Béni Khedache et ses environs. Ses habitants sont en train d'aménager, dans des habitations traditionnelles, en particulier : les « ghar » des logements pittoresques et confortables pour les visiteurs.
Ensuite, la « grimpette » sur le Jebel Miteur, signalé par deux reproductions de dinosaures, pour aller voir des ossements fossiles du « Parc des dinosaures » imposera ensuite une halte à Ksar Haddada ou à Ghomrassen.
Il faut vite y aller voir les dernières peintures préhistoriques avant que leur support rocheux n'ait été détruit par l'érosion. On peut finir l'après-midi à Ksar El Farch, autour d'un thé ou aller se reposer un peu plus loin à l'hôtel Dakyanus, isolé dans un grand parc ou dans un des établissements de Tataouine. La visite de Guermessa, Chenini et son huilerie souterraine, Douiret et sa mosquée troglodytique et ses énormes oliviers occupera largement la journée suivante.
Nous n'avons pas écrit une ligne à propos de tous les ksour situés au Sud de Tataouine, non seulement ceux qui sont dans les collines du Jebel Abiadh : Ksar Kedim, le plus vieux des ksour des Zénètes, Ksar Ouled Soltane : superbe avec ses quatre étages de « ghorfa », « la forteresse de Tazeghdanet », à 1 kilomètre au Nord, détruite par les canons français lors de la grande révolte de 1915 mais encore ceux de la plaine ou de l'arc montagneux qui précèdent Remada. Il faudrait écrire un livre – Il y'en a un récent ! – sur la centaine et plus de ksour qui sont autant d'objectifs intéressants pour vos prochaines « promenades ».
Jacques ANTOINE
GustavPalace


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.