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Alchimie d'un gouvernement de gauche
Lettre de France: Jean-Marc Ayrault et ses ministres
Publié dans Le Temps le 17 - 05 - 2012

De notre correspondant permanent Zine Elabidine Hamda
Bien avant l'annonce de la composition du gouvernement de Jean-Marc Ayrault un coup de tonnerre a succédé à la foudre qui avait frappé l'avion du Président Hollande dans sa route vers Berlin: Martine Aubry renonce à entrer au gouvernement, faute dfavoir eu Matignon.
Elle a préféré poursuivre une trajectoire personnelle comme Jean-Luc Mélenchon qui ne se voyait pas ministre d'un gouvernement qu'il ne dirigerait pas ou, à droite, Jean-Louis Borloo qui préféra démissionner du gouvernement quand Sarkozy lui avait préféré Fillon en milieu de mandat.
Ce spectacle « à la Dallas », qui alimente les commentaires et les petites phrases du microcosme parisien, risque d'avoir des conséquences sur les évènements dans les prochaines semaines. Lors de l'investiture de François Hollande tout le monde politico-médiatique a remarqué l'absence de Jacques Delors, père de Martine Aubry. Même si ce geste n'a rien à voir avec la décision de sa fille, cela augure de développements singuliers au sein du sérail socialiste. Martine Aubry veut se consacrer entièrement à la campagne législative. Elle espère, en cas de large victoire, et de difficultés de Jean-Marc Ayrault à faire avancer les dossiers chauds du programme de François Hollande, se repositionner pour Matignon. Cependant, elle avait annoncé sa volonté d'abandonner la direction du parti Socialiste après les élections, ce qui, dans ce scénario insolite, lui ouvrirait la porte d'une… traversée du désert. Le parti au pouvoir a toujours obéi, à droite comme à gauche, à la volonté de l'hôte de l'Elysée. A moins qu'elle ne reste à la tête du parti socialiste jusqu'au prochain congrès prévu en octobre 2012 pour pouvoir peser sur les décisions gouvernementales par le biais des députés.
La liste du gouvernement annoncée pour 16 heures a été retardée pour résoudre les conséquences du désistement de Martine Aubry et la place réservée à Pierre Moscovici. Le désistement d'Aubry associé à celui de Ségolène Royal qui postule au Perchoir de l'Assemblée nationale, a dégagé de l'espace pour Jean-Marc Ayrault et François Hollande pour mettre en ouvre les principes, annoncés par le candidat Hollande, de parité et de renouvellement de générations. La composition du gouvernement devait obéir, selon les mots du président français, à des « choix de raison » et non de cour ou de proximité. C'est pourquoi certains parmi les favoris aux postes ministériels, proches de François Hollande, n'ont pas trouvé leur place dans cette quadrature du cercle qu'est la formation d'un gouvernement. Avec tant de personnes de qualités, tant de compétences issues du parti, des rouages de l'Etat et de la société civile, Jean-Marc Ayrault avait l'embarras du choix.
Place aux poids lourds
Un moment pressenti au Secrétariat général de l'Elysée, poste qu'il a refusé, Pierre Moscovici, qui voulait le Quai d'Orsay, ministère régalien, n'aurait pas été servi par sa sympathie présumée pour l'aile supposée «néoconservatrice» de la diplomatie française, largement inféodée ces dernières années aux radicaux du Likoud. Lieutenant de Dominique Strauss-Kahn dans une autre vie, favori du lobby israélien à la course à l'Elysée, il avait été repêché par Hollande dans son souci de rassembler tous les socialistes autour de sa candidature d'autant plus qu'il avait renoncé à se présenter contre lui aux primaires. Hollande ne voulait pas se priver d'un futur ministre de qualité.
Ce qui a milité en faveur de Fabius, et malgré son vote contre l'Europe en 2005, c'est son immense expérience, et paradoxalement sa connaissance parfaite des rouages de l'Europe et son art du compromis qui lui ont ouvert la porte du ministère des affaires étrangères. Avec le germanophile Ayrault et l'européen « eurosceptique » Fabius, Hollande peut aborder sa campagne européenne avec une main de fer dans un gant de velours. Fabius aura, pour le seconder, deux ministres, un pro-européen Bernard Caseneuve et Yamina Bengugui issue de la diversité, ce qui est une nouveauté. .
Les autres ministères régaliens reviennent à des personnalités fortes : la justice revient à Christiane Taubira, l'intérieur à Manuel Valls qui s'est imposé comme la personnalité qui a réconcilié la gauche avec une politique sécuritaire décomplexée ; la défense à Jean-Yves Le Drian, proche du président et spécialiste des questions de défense.
Le ministère clé dans la stratégie de François Hollande, c'est Bercy. Michel Sapin, homme d'expérience gouvernementale, qui a préparé la réforme fiscale de François Hollande, est naturellement désigné pour piloter cette réforme d'envergure, pilier de la politique du président.
Autre ministère d'importance, celui de l'éducation, qui a fait objet d'un discours en hommage à Jules Ferry lors de l'investiture, sera confié à Vincent Peillon, agrégé de philosophie qui avait planché sur une réforme d'envergure de l'école et de l'enseignement secondaire.
Equilibre et parité
L'autre principe pris en compte est celui de l'équilibre entre les tendances au sein du parti socialiste et entre les partenaires extérieurs (Europe Ecologie-les Verts et le Pari radical de gauche). La composition actuelle respecte les équilibres internes en donnant une place à la gauche du parti en la personne d'Arnaud Montebourg (le redressement productif) et de Benoit Hamon, et à sa droite en la personne de Manuel Valls (I'intérieur), mais aussi aux « hollandistes » avec Stéphane Le Foll (l'agriculture). Les partenaires de la majorité présidentielle, les écologistes représentés par Cécile Duflot, et le PRG par Christiane Taubira obtiennent une présence. Le score médiocre d'Eva Joly à la présidentielle a manifestement handicapé EE-les Verts qui n'obtiennent pas le ministère de l'écologie qui revient à la socialiste Nicole Bricq.
Enfin l'ouverture vers les femmes et la diversité. Pour la première fois dans l'histoire de la république, la parité est réalisée. Rappelons que le premier gouvernement de Sarkozy en 2007 a été marqué par l'entrée au gouvernement de ministres issus des « minorités visibles » : Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara. Hollande ne peut pas faire moins, au risque de tomber sous le coup des critiques de la droite dans la campagne des législatives qui commence. C'est ainsi que les jeunes pousses, les nouveaux visages du gouvernement, confirment l'ouverture sur les femmes et la diversité. Najat Vallaud-Belkacem (droits des femmes et Porte-parole du gouvernement), Valérie Fourneyron (aux Sports), Marisol Touraine (les affaires sociales), Aurélie Filipetti (la Culture), Delphine Batho, Fleur Pellerin, Yamina Benguigui, Kader Arif. Le grand absent du gouvernement, c'est le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui a décidé de ne pas y participer.
La composition voulue par François Hollande et Jean-Marc Ayrault respecte ainsi les équilibres internes au PS où tous les courants sont représentés. Tous les 34 membres ont rang de ministre. Pas de secrétaires d'Etat. Ce gouvernement est aussi censé imprimer la cadence des prochaines élections législatives dont les résultats devraient conforter le résultat de l'élection présidentielle. Le gouvernement actuel serait, en principe, appelé à être légèrement remanié à la lumière des résultats des législatives.


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