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Béja et sa métamorphose industrielle
Reportage - Jadis grenier de Rome, ville essentiellement agricole et éternelle vache laitière
Publié dans Le Temps le 03 - 01 - 2007

Ce n'est pas par ce qu'elle est ma ville natale ni par ce qu'elle porte le même nom qu'une ville portugaise, que je dis « Belle...Belle », comme l'a chanté Charles Aznavour. Béja l'une des régions les plus verdoyantes du pays. Ses richesses naturelles et son paysage varié (forêts, barrages, collines, périmètres irrigués, vestiges archéologiques, réserves naturelles,...) s'étendent sur une superficie de près de 374 mille hectares, soit 2,2 % de la superficie totale de la Tunisie.
Béja, qui tire son nom de celui Romain Vaga (vache laitière), engrange tous ses atouts pour devenir un pôle économique et s'adapter aux mutations à l'échelle régionale et internationale, fort qu'il est d'une population de près de 318000 dont 52% ne dépassent pas les 25 ans, un réseau routier composé d'une autoroute et 4 routes nationales reliant le gouvernorat à la capitale, le Centre et l'Ouest, un réseau ferroviaire allant jusqu'à la frontière algérienne, un réseau de télécommunications moderne et des zones industrielles aménagées.

Forte contribution à la production nationale
Située à 105 kilomètres de la capitale, Béja compte 9 délégations, 8 municipalités, 8 conseils ruraux et 101 imadas.
Avec ses 24 mille hectares de périmètres irrigués, Béja est une terre fertile. Elle produit, chaque année, un volume moyen de 270 mille tonnes de céréales, 11 mille tonnes de légumineuses, 103 mille tonnes de cultures maraîchères, 4.350 tonnes de cultures industrielles, 420 mille tonnes de fourrages, 48.500 d'arboriculture et olives, 125 mille tonnes de lait et 11670 tonnes de viandes rouges.
Le potentiel halieutique de la région, estimé à 800 tonnes, de poissons de passage, demeure sous exploité. Toutefois, l'aquaculture dans les barrages a permis le développement de plusieurs espèces principalement le barbeau, l'anguille, la carpe, le mulet et le silure.
Ce gouvernorat, qui a soufflé cette année sa cinquantième bougie, compte également un important potentiel industriel et technologique : 54 unités industrielles (huileries, unités de transformation de tomates, de sucrerie, de semoulerie, de boissons gazeuses, des centrales laitières,....) dont 20 entreprises à participation.
Cinq zones industrielles, d'une superficie totale de 72 hectares, ont été récemment aménagées, tandis que 22 nouveaux hectares, situés à Béja Nord, sont en cours de réalisation. Ils seront destinés aux projets à forte composante de savoir. L'activité minière à Béja est également en développement, après la découverte récente de 3 nouveaux sites (Djebba pour le plomb et le zinc, Nefza pour les minerais ferreux et Dhouahria pour le fer), portant ainsi le total de ces sites à plus de 36.

Harmonie
Prenant l'autoroute Tunis-Medjez-El-Bab-Oued-Zarga, un projet présidentiel, long de 67 Km, destiné à impulser la dynamique économique et sociale et à promouvoir l'investissement dans le Nord-Ouest, nous voici, en une demi-heure, à Goubellat, une délégation de 17 mille habitants avec une superficie totale de 40,5 mille hectares.
A Goubellat, l'Etat a aménagé, en 2004, des petites exploitations agricoles, d'une superficie totale de 3000 hectares, pour encourager les fils et filles de la région (diplômés du supérieur, fils d'agriculteurs, ingénieurs agricoles, petits promoteurs,...) à investir dans les activités agricoles à haute valeur ajoutée, l'ultime but étant de promouvoir le développement socioéconomique et créer des emplois dans cette délégation.
On trouve, également, à Goubellat, une usine pour la production de jus de tomates, un aéroport agricole destiné aux petits avions utilisés dans les opérations de fertilisation et de désherbage, ainsi que des périmètres irrigués plantés en artichauts et en pommes de terre destinés à l'exportation vers l'Italie, selon des contrats de production. Ces acquis industriels et agricoles sont aussi importants que variés.

Tourisme : nouveau créneau porteur pour la région
Cette ambition se nourrit de plusieurs facteurs : l'existence de circuits touristiques et de sites archéologiques célèbres, à revaloriser.
Il s'agit notamment des "Ruines de Dougga", "Kantert (pont) El Khamsa", "Kantert Medjez-El-Bab" et "Chott Zouaraâ (littoral de 26 km)". Des Potentialités auxquelles s'ajoutent une faune et une flore riches et diversifiées (forêts, barrages, cours d'eau, nombreuses espèces animales et végétales,...).
Ces richesses naturelles peuvent être observées dans la délégation de Nefza, plus particulièrement dans les forets et Djebels (montages) de Khroufa, couverts de (chêne-liège, cyprès, frêne, genévrier, caroubier, achillée, armoise, asperge,...).
Dans cette région, une réserve naturelle et un écomusée sont en cours d'aménagement aux fins d'attirer les touristes et les familles tunisiennes. Ces sites disposent d'aires de pique-nique et de récréation, d'espaces de loisirs, de sentiers équestres et pédestres.
Des enclos de Poneys de Mogods, de cerfs de Berbérie et de porcs-épics, outre des variétés de plantes aromatiques et médecines rares à l'instar du "linch (Arbousier)" et "Farch Bent Soltane" (l'Anis vert) sont également à découvrir dans cette région.

Sidi El Barrak : nouveau né de l'ingénierie hydraulique
De ces collines, et même si la température tendait à la baisse et la brume à s'intensifier, le paysage est sublime caractérisé notamment par une végétation en train de s'approprier l'espace et des oiseaux migrateurs (flamant-rose et cigognes) découvrant ce plan d'eau permanent.
Il s'agit bel et bien du barrage de Sidi El Barrak, l'un des récents nés de l'ingénierie hydraulique (entré en exploitation en 1999). Cet ouvrage, dont le coût s'élève à 287 MD, constitue le second plus important barrage en Tunisie, après celui de Sidi Salem, de par son volume de mobilisation des eaux (264,5 millions m3 d'eau) et sa profondeur (29 mètres).
Autres spécificités du Barrage Sidi El Barrak : son interconnexion, d'une part, au barrage de Sejnène (principal approvisionneur du Grand-Tunis en eau potable) pour l'alimenter en cas de besoin, et à la mer pour dégager l'eau en cas de débordement, d'autre part.

Nouvelles cultures : la mangue et le kaki
De retour à la capitale, nous nous sommes arrêtés à Ouchtata, région réputée, aux cotés de Zagua et Zouaraa (délégation de Nefza), par ses agrumes mais également par l'introduction de nouvelles cultures agricoles telles que la mangue, le kaki et le tournesol, conformément aux recommandations de la carte agricole spécifique au gouvernorat de Béja.
Les agricultures de la région se réjouissent des dernières pluies qui ont arrosé le pays. Ces précipitations sont, en fait, bénéfiques pour les différentes cultures dans le gouvernorat de Béja, notamment pour la céréaliculture et l'arboriculture, quelle que soit la nature du sol des plaines de Béja, à savoir des terres-glaises (forte teneur en argile), des terres de sables et des terres-sèches.
A rappeler que la pluviométrie dans le gouvernorat de Béja varie entre 600 et 1200 millimètres par an, ce qui porte le volume des ressources hydrauliques mobilisées dans les différents ouvrages hydrauliques de la région (3 grands barrages, 22 barrages collinaires et 50 lacs collinaires) à 563 millions m3.


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