• Un investissement de 1532000 DT et 160 postes d'emploi risquent de partir en fumée Le centre de travail à distance, communément appelé cyberparc, est un espace aménagé, équipé de réseaux modernes d'information et de communication, destiné à offrir aux promoteurs des espaces fonctionnels à même de leur faciliter le montage de projets de services basés sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication, notamment dans les domaines du stockage et du traitement des données, du développement des logiciels, de la maintenance et la promotion des sites web, de la comptabilité et l'assistance fiscale, de la réalisation et du développement des systèmes informatiques, de la traduction, des centres d'appel, etc.... Djerba devait disposer d'un centre de travail à distance, prévu depuis de longs mois, mais au lieu d'être à l'heure actuelle opérationnel et tournant à plein régime comme ailleurs dans d'autres villes du pays, il n'a pas encore vu le jour et sa réalisation tarde à venir. Les travaux de réalisation qui devraient être presqu'à leur fin maintenant, n'ont même pas été entamés. Pourtant, tout y est, et rien normalement ne manque pour pouvoir entraver leur démarrage et justifier ce retard d'une année lourdement pénalisant: ni les fonds qui ont été depuis longtemps débloqués, moyennant une enveloppe de 1 532 000 Dt, ni le terrain devant abriter le centre, couvrant une parcelle nue de 2980 m2 située au nord du centre ville de Houmt-Souk, ni encore les autorisations d'usage. Un seul facteur est défaillant, et tout un projet porteur impatiemment attendu risque d'être compromis. C'est qu'un groupe d'exposants itinérants exerçant dans le commerce de la friperie, ayant occupé depuis quelque temps l'espace relevant du domaine public de l'Etat choisi pour abriter le projet, pour y installer leurs étals de fortune, refusent maintenant de céder la place et de décamper pour être réinstallés ailleurs et permettre aux travaux de réalisation du projet de commencer. La délégation spéciale ne sait plus à quel saint se vouer pour désamorcer la crise. Sami Ben Taher, président de la délégation spéciale de Houmt-Souk s'exprime à ce sujet : « Comme nous tenions à privilégier le dialogue, nous nous sommes réunis à deux reprises avec une délégation représentant les commerçants ambulants, cependant que nous n'avions pas à le faire, au vu de l'illégalité de l'appropriation et de l'occupation de l'espace étatique. Nous avons proposé des solutions alternatives, dont la dernière consiste à réorganiser l'espace de façon à permettre et la réalisation du projet, et la création de cinquante lots de 50 m2 à même de permettre aux 42 exposants de continuer à travailler pour gagner leur vie, en attendant la solution radicale qui n'est pas pour demain. Nous avons tenu également à associer la société civile dont quelques composantes ont pleinement adhéré à ces tentatives persuasives, mais sans trop de succès face à l'intransigeance révoltante de ces contrevenants. Nous avons prévu une autre réunion avec eux le 03 juillet dernier, en présence du délégué de la ville, mais, ironie du sort, tout le monde y était, hormis ces héros du jour. Nous avons puisé toutes nos cartes, et il ne nous reste maintenant que le recours à la force que nous exigerons auprès de qui de droit en toute âme et conscience. »
La concrétisation de ce projet constitue une aubaine pour des dizaines de jeunes diplômés de l'université qui opteraient pour le travail à distance dans les créneaux de l'économie immatérielle ; Il serait aberrant et indigne de laisser une poignée d'individus inconscients et égoïstes agir à leur guise au risque de compromettre l'éclosion d'une infrastructure de cette envergure aux incidences inéluctablement salutaires, pourvoyeuse de 160 postes d'emploi destinés aux jeunes diplômés et conçu pour travailler 18 heures par jour. Le ministère des Communications sous la tutelle duquel est placé ce projet, et le ministère de l'Equipement chargé de sa réalisation sont appelés à intervenir en pesant de tout leur poids pour aider la commune de Houmt-Souk à mettre fin à ce fâcheux statu quo qui n'a fait que trop durer.