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Et si le langage contraignant avait supplée le langage double?
Controverses
Publié dans Le Temps le 14 - 08 - 2012

L'opinion publique nationale est bien renseignée sur tout ce qui se passe dans l'arène politique et surtout dans les domaines économique et social qui l'intéressent au premier chef.
Le mérite dans tout cela revient certes aux médias, mais également à la « Troïka » ou plutôt au gouvernement de « Ennahdha » qui joue à découvert. Nous nous rappelons tous comment, au départ, elle usait du double langage et de la diversion en vue de faire passer ses projets, et pour garantir le succès à ces manœuvres, elle a même chargé l'un de ses ministres d'infirmer ce que ses confrères et ses partisans affirmaient. Grâce à cette mission qui lui a été dévolue pour son savoir-faire en la matière et qu'il a accomplie avec brio, la rue lui a accordé le titre honorifique de « ministre de démenti ».

La chute du rideau

Mais, cette période n'a pas duré longtemps pour deux raisons, estimons-nous, la première s'impose par les règles du temps et de l'espace de l'art dramatique où les meilleurs des comédiens sont incapables de poursuivre le rôle au-delà de la représentation où ils sont épuisés. La comédie est donc, limitée dans le temps et ne dépasse pas l'espace de la pièce ou du film, les cadres dans lesquels elle s'exprime et les canaux à travers lesquels elle transmet des messages aux récepteurs. Les messages à l'adresse des différentes catégories sociales, qui étaient clairs et rapides exactement comme les sms, ont été bien résumés et bien formulés par son président du gouvernement quand il a dit: « nous devons avancer dans le sens des résultats des élections et la volonté populaire ».

La divulgation des vraies intentions

Comme on l'a tous remarqué, le « ministre de démenti » s'est éclipsé depuis quelque temps et ne nous réjouit plus avec ses acrobaties verbales qui changent la réalité de fond en comble, transformant les sitinners en saboteurs et les victimes en bourreaux. On regrette vraiment cette époque-là où on vivait au rythme des affirmations et des infirmations auxquelles nous y apportions notre contribution par nos discussions, nos interprétations et nos paris qui nous divisaient en deux parties. C'est dommage que ce climat de suspens soit révolu pour des nécessités stratégiques évidentes, il ne faut pas oublier que les moyens s'effacent devant les buts et qu'ils changent donc en fonction de ce qu'exigent ceux-ci à chaque étape. A ce stade avancé de son exercice du pouvoir et après qu'elle ait gagné du temps et calmé les esprits, on est passée à la phase et vitesse supérieures, dorénavant, on joue carte sur table sans s'embarrasser le moins du monde en se passant de l'apport de son « ministre de démenti » et en affichant ses vraies intentions en plein jour étant persuadée que plus personne n'est capable de se mettre sur son chemin et de lui contester quoique ce soit.

Les atteintes au CSP

Cette confiance en soi gonflée outre mesure a même permis de toucher au CSP et de subtiliser à la femme ses acquis, c'est-à-dire tous ses droits gagnés de haute lutte par les nombreuses générations successives. Le cadre de cette manœuvre c'est la « commission des droits et libertés » issue du ANC, et ce par le biais du fameux article 28 dont le texte final exprimant et imposant sa conception rétrograde est voté par 12 voix contre 8 et dans lequel elle use du terme « complémentarité » pour faire de la femme un être subalterne et soumis à la toute puissance de l'homme, et évite de condamner la violence morale exercée à son encontre.

Le déploiement de la force

Le théâtre des premières démonstrations de force était les gouvernorats et les délégations où on a placé les siens à la tête de la majorité d'entre eux, puis, on a procédé de la même manière dans les 216 délégations spéciales des communes reconstituées dont elle s'est adjugée la part du lion et elle s'apprête à mettre la main sur les 48 restantes. Le parti au pouvoir applique la même méthode dans l'administration en y nommant dans les postes clés ses partisans qui, à leur tour, recrutent les fonctionnaires parmi les leurs, à preuve ce qui s'est passé dernièrement au concours de la fonction publique où les « Nahdhaouis » ont bénéficié d'une priorité absolue, ce qui a fait dire à certains que ces privilégiés se sont contentés de glisser leur carte d'adhésion au parti dans le dossier de candidature pour assurer leur admission.

Le secteur rebelle

L'invasion du secteur de l'information était sans aucun doute l'entreprise la plus difficile et l'acte le plus délicat dans le processus de cette série de « coups d'état », vu l'intransigeance, la coriacité et la grande détermination des sentinelles qui en assurent la garde. En effet, les journalistes se sont positionnés derrière leur forteresse imprenable, le « Syndicat National de Journalistes Tunisiens », qui a repoussé l'incursion gouvernementale et a obligé les responsables à consentir des concessions en faveur de ses protégés en se retirant des services de rédaction des médias publics où ils se sont trouvés contraints de retirer leurs candidats et de se contenter de nominations strictement administratives, prérogative qu'ils ont utilisée à bon escient en plaçant les leurs à la tête de presque tous les établissement publics de l'audio-visuel et de la presse écrite.

Les subterfuges

Toutefois, cette résistance de la part du SNJT s'est montrée insuffisante eu égard à ce rouleau compresseur qui veut finir au plus vite avec tout esprit réfractaire, tout se soumettre et devenir ainsi le seul maître à bord qui décide de tout sans demander l'avis des rivaux de l'autre bord. La démission de Kamel Laâbidi, le président de l'instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication(INRIC) en dit long, parmi les raisons qu'il a invoquées pour expliquer son départ, il ya bien sûr la non application de la part du gouvernement des décrets lois 115 et 116 sur la presse écrite et audiovisuelle, l'impunité dont jouissent les agresseurs des journalistes et l'orchestration de campagnes contre les médias publics dont la plus célèbre reste de toute évidence celle du « sit-in » de la « Télévision Nationale ». Les radios libres, elles non plus, n'échappent pas à la tentative de récupération de la part de « Ennahdha » à travers ce qu'elle appelle la « commission de régulation de l'information » créée au sein de l'ANC. Les radios libres ont riposté à travers leur syndicat (STRL) qui vient de sortir un communiqué dans lequel il dénonce ces pratiques hégémoniques et l'immixtion politique dans le domaine journalistique et réitère son attachement au principe des droits d'opinion, d'expression et de la presse, l'indépendance des établissements de la presse et la sauvegarde des droits des journalistes garantis par les conventions internationales.

Une tactique de guerre

Comme on le voit, les dirigeants de « Ennahdha » utilisent une méthode proche des tactiques de guerre consistant à s'infiltrer dans les forteresses par l'intermédiaire de ses agents qui ouvrent ensuite les portails à leurs armées pour envahir le terrain. Tout le monde est conscient des manœuvres d'étouffement de la Révolution, la confiscation de ses acquis ainsi que la réquisition des rouages de l'Etat on nous fait revenir à la case départ.

« L'arbitrage » du CNI

On a relégué le projet principal de la constitution au dernier plan et concentré tous ses efforts et son énergie sur le pouvoir provisoire qu'elle essaye d'éterniser par tous les moyens, légaux et illégaux, ce qui importe pour elle c'est de garder le trône et de préserver la vie très confortable que les cellules humides et sombres des centres pénitenciers ne permettaient pas d'imaginer. Elle applique bien sa mainmise sur tous les rouages de l'Etat dont le plus important, en regard du rôle capital qu'il va jouer dans la prochaine échéance électorale qui, selon toute vraisemblance, serait sous le patronage des gouverneurs et non pas l'ISIE, est sans conteste le « Centre National d'Informatique », l'outil principal pour contrôler les résultats, l'institution où le gouvernement a nommé, en remplacement de Monsieur Abdelhak Kharraz, Monsieur Abdelaziz Miled, connu par sa grande hostilité envers la haute instance des élections et en particulier son président Kamel Jendoubi et ses appels réitérés de l'exclure dans les élections prochaines. L'annonce de la date de ces dernières serait le couronnement de toutes ces dispositions très rassurantes quant à l'issu des résultats finaux. Cette supposition est confortée par l'autre lapsus « divin » de Monsieur Jebali parlant d'une « majorité confortable » dans l'épreuve électorale du 20 Mars 2013.
Parallèlement à cette politique de conquête, on excelle dans l'utilisation du lexique révolutionnaire et renchérit sur tous prétendant être la plus fidèle à la voie du 14 Janvier dont elle est la grande absente. Pendant le temps qu'il réprime les libertés fondamentales au nom des ses propres lois et au moyen de sa police et sa milice, le parti Léviathan traite les fervents défenseurs de ces libertés de contre-révolutionnaires et d' « orphelins du RCD » dont elle adopte les plus fortunés et les plus compétents et influents, tels que messieurs Habib Essid et Chédly Ayari, et en exclut les autres.

L'indemnisation du « gouvernement révolutionnaire »

On continue à parler, côté « nahdhaoui », des « médias de la honte » et à débiter des propos mielleux en faisant défiler les slogans modernistes qui se bousculent tellement ils sont nombreux. Vous entendez parler des droits de la femme, des libertés personnelles, de la promotion du tourisme, du développement de la culture... on vous débite tout ce que vous avez envie d'entendre, l'essentiel c'est que vous soyez provisoirement rassuré. Dans cette gabegie où tout s'amalgame et où les esprits sont obnubilés, on fait passer furtivement le grand projet baptisé « l'indemnisation des anciens détenus politiques », une appellation juridique au moyen de laquelle on essaye de légitimer le militantisme est un acte désintéressé, son auteur défend des principes et une cause pour le succès desquels il est prêt à payer de sa vie. Et même conformément à la loi à laquelle on se réfère, l'indemnisation est soumise à des conditions, elle doit intervenir dans le cadre de la justice transitionnelle, c'est-à-dire après que les responsables des préjudices soient châtiés pour se prémunir contre d'éventuelles récidives. Légitime de réclamer des indemnisations. Mais il y a des priorités...

L'alternative révolutionnaire

Cette mesure punitive est complètement ignorée qui protège délibérément les corrompus et les tortionnaires d'hier exactement comme elle ajourne indéfiniment le jugement des assassins des martyrs, ce qui laisse assimiler l'indemnité revendiquée à un butin de guerre. Abstraction faite de toutes ces considérations, la conjoncture actuelle ne permet aucune indemnisation, les seules dépenses qu'on pourrait consentir devraient profiter aux chômeurs, aux nécessiteux et au développement des régions déshéritées. On voit mal comment ces objectifs principaux de la Révolution échappent à un parti qui prétend former un « gouvernement révolutionnaire ». Quand leur intérêt l'exige, les « Nahdhaouis » réclament l'application du droit positif laïc des impies, mais en dehors de cela, c'est la « chariâ » qu'ils prêchent, pas d'une manière explicite, il est vrai, mais ils essayent de nous y acheminer petit à petit à travers la réforme du CSP, la suppression de l'adoption, l'établissement de la polygamie.


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