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«Il n'est pas nécessaire que la future Constitution stipule que la Chariaâ soit la source de la législation»
Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahdha, au «Temps»:
Publié dans Le Temps le 19 - 02 - 2012

«L'article I de la Constitution suspendue qui définit la Tunisie comme étant un Etat musulman dont la religion est l'islam est suffisant, à condition qu'on l'applique»
«Les prédicateurs du Moyen-Orient sont en train de combler le vide laissé par la destruction de nos prestigieuses institutions religieuses »
«Les salafistes rejettent la démocratie en raison de la faiblesse de leurs connaissances religieuses»
«Je suis contre les peines corporelles à l'endroit des journalistes»
Après plusieurs décennies passées dans l'opposition intraitable à Bourguiba et à Ben Ali, le mouvement islamiste Ennahdha s'est retrouvé, par la grâce des urnes, aux prises avec les dures réalités du pouvoir dans un pays où le processus révolutionnaire est loin d'être achevé. Le parti, qui assure encore et toujours que l'Islam est soluble dans la démocratie et invoque à tout bout de champ le modèle turc, est aujourd'hui soupçonné de tenir un double discours et de cacher un agenda radical auquel il n'aurait jamais renoncé. Ses pourfendeurs croient avoir déjà décelé des signes d'un probable retournement de veste à l'instar des attaques répétées des dirigeants nahdhaouis contre les médias, d'une certaine inertie face au regain d'activisme salafiste ou encore de l'attachement de certaines figures du mouvement à inscrire la Charia dans la future Constitution.
Dans cet entretien, le président d'Ennahdha Rached Ghannouchi évoque sa vision de la place de la Charia dans la Constitution, le rôle des médias, les rapports avec les salafistes et les raisons du succès que rencontrent les prédicateurs radicaux venus du Moyen-Orient en Tunisie. Entretien…
Le Temps: Vous avez déclaré récemment que les médias qui étaient naguère des flagorneurs de Ben Ali se sont transformés en détracteurs du mouvement Ennahdha. Le rôle des médias dans une démocratie n'est-il pas d'attirer l'attention sur les aspects négatifs et de ne pas mettre l'accent sur les trains qui arrivent à l'heure ?
Rached Ghannouchi: Nous reprochons, en effet, aux médias qui ont longtemps chanté les louanges de la dictature de Ben Ali de diaboliser Ennahdha et le gouvernement actuel. Ce jugement s'applique à la majorité de nos médias et plus particulièrement à ceux financés par le gouvernement. Cela ne veut aucunement dire, cependant, que nous voulons que les médias soient des outils de propagande et des flagorneurs zélés de notre parti. Nous demandons tout simplement aux médias d'appeler les choses par leurs noms et de respecter la déontologie journalistique. Nous souhaitons voir nos médias parler des aspects négatifs et sans exagération et évoquer les points positifs sans les gonfler. Il faudrait également faire la distinction entre l'information qui a un caractère sacré et le commentaire, lequel est libre. Bref, nos médias sont appelés à être le miroir de la société.
Comment réagissez-vous à l'incarcération du directeur du quotidien «Attounsia» pour la publication d'une photo de femme nue en couverture ?
Je crois qu'il aurait fallu se limiter à sanctionner le support médiatique qui a publié cette photo et non pas le directeur du quotidien ou le journaliste. Je suis contre les peines corporelles et les mesures privatives de liberté à l'endroit des journalistes.
Que pensez-vous du communiqué publié récemment par l'ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi qui a brossé un tableau sombre de la situation actuelle du pays et appelé au rassemblement des forces progressistes ?
Caïd Essebsi a le droit d'exprimer son point de vue concernant la situation du pays et d'appeler à la constitution d'un parti. Il a, néanmoins, manqué de sagesse en ce qui concerne le timing choisi pour la publication de son communiqué. Dans le monde entier, l'évaluation de l'action des gouvernements se fait après 100 jours de leur entrée en fonction. Caïd Essebsi lui-même a estimé dans une autre déclaration qu'il est encore très tôt pour faire le bilan.
D'aucuns ont, par ailleurs, appelé à destituer le gouvernement de Hamadi Jebali avant même qu'il ne soit constitué. Des protestations réclamant la création d'emplois ont également eu lieu très vite comme si le fléau du chômage était un phénomène nouveau.
Les promesses électorales irréalistes du mouvement Ennahdha qui avait promis la création de 400.000 emplois durant la campagne électorale ne sont-elles pas à l'origine de cette contestation ?
Ceux qui protestent n'ont pas donné l'occasion au gouvernement pour qu'il concrétise ses promesses. Dans une certaine limite, cela est compréhensible. Nous sommes dans l'an I de la démocratie. Dans les anciennes démocraties, on dresse le bilan de l'action du gouvernement à la fin de son mandat et non pas après quelques semaines de son entrée en fonction.
Ennahdha va-t-elle respecter un mandat d'une seule année ?
Notre parti s'est engagé à respecter cette durée. Mais le dernier mot revient à l'Assemblée nationale constituante. Le mandat du gouvernement s'achèvera dès que l'Assemblée aura terminé sa mission, qui est la rédaction d'une nouvelle Constitution.
Que pensez-vous de la bipolarisation idéologique islamistes/laïcs ou encore croyants/ mécréants qui marque le paysage politique actuellement ?
Nous sommes contre cette bipolarisation idéologique qui n'est pas bénéfique pour la Tunisie.
Qui est, selon vous, responsable de cette bipolarisation idéologique ?
Les médias assument en grande partie la responsabilité de cette bipolarisation. D'autant plus que ces médias ont continué à diaboliser les islamistes, à agiter l'épouvantail intégriste comme le faisait Ben Ali et à estimer que les acquis modernistes de la Tunisie sont menacés.
Nous pensons que la vraie bipolarisation doit se faire entre des forces qui défendent les acquis de la révolution et des forces contre-révolutionnaires. Les réseaux de l'ex Rassemblent Constitutionnel Démocratique (RCD) ne sont pas, à titre d'exemple, concernés par la pseudo-bataille entre des forces qui défendent la modernité et d'autres qui la menacent. Les réseaux survivants du RCD ne font que défendre leurs intérêts qui ont été menacés par la révolution. C'est pourquoi ils cherchent à se venger des forces révolutionnaires et à faire couler le bateau en poursuivant une stratégie du pourrissement. Ces réseaux du RCD qui tentent de bloquer la machine économique et de semer l'anarchie ont été malheureusement rejoints par certaines forces d'extrême gauche. Quand certaines forces de gauche menacent de provoquer une désobéissance civile et une séparation du pays, cela ne peut être qu'une partie d'un complot visant la révolution.
Cela veut-il dire que tous ceux qui protestent sont des comploteurs ou des ennemis du pays ?
Non, il existe des facteurs objectifs qui alimentent la contestation. Mais ces facteurs objectifs sont instrumentalisés par les forces contre-révolutionnaires et les ennemis d'Ennahdha qui souhaitent voir la situation pourrir même au prix de la destruction de la maison Tunisie. Le critère de bien et du mal chez ces forces est ce qui bénéficie à Ennahdha et ce qui lui nuit.
Comment Ennahdha peut-elle se permettre d'appeler à la légalisation de Hezb Ettahrir alors que ce parti rejette ouvertement la démocratie et le pluralisme ?
Nous sommes contre l'interdiction de tout porteur d'une idée ou d'un projet politique qu'il soit d'extrême droite ou d'extrême gauche tant qu'il ne recourt pas à la violence pour imposer ses points de vue. Le rejet de la démocratie et du pluralisme politique prôné par ce parti constitue, certes, un signe d'extrémisme mais une fois dans l'arène politique, Hezb Ettahrir sera obligé de reconnaître la démocratie, voire même de nouer des alliances avec d'autres partis. Une fois légalisé, ce parti sera également obligé de faire des concessions et de revoir sa vision idéaliste de la politique. S'il ne fera pas des concessions, il ne pourra que rester en marge de la vie politique comme c'est le cas des partis d'extrême droite ou d'extrême gauche en Europe.
Dans une démocratie, il existe des partis du gouvernent et qui se situent au centre-droit ou au centre-gauche et d'autres formations extrémistes qui sont condamnées à jouer le rôle d'éternels opposants et à rester en marge de la vie politique.
Un projet de Constitution attribué à Ennahdha qui a fuité récemment stipule que la Charia islamique doit être la principale source de la législation. Etes-vous favorable à l'inscription d'un tel article dans la nouvelle Constitution qui sera adoptée par l'Assemblée constituante ?
Dans les pays du Moyen-Orient, les Constitutions stipulent que la Charia est la principale source de la législation ou l'une des sources de la législation. Au Yémen, la Constitution stipule que la Charia est l'unique source de la législation. Pourtant, des révolutions ont eu lieu dans ces pays !
Dans l'ancienne Constitution tunisienne suspendue, il y avait un article qui stipulait que l'Islam est la religion de l'Etat mais personne n'en prenait compte lors de la promulgation des lois et de la détermination des politiques éducatives ou médiatiques.
Donc, vous êtes pour ou contre l'inscription d'un article stipulant que la Charia constitue une source de législation ?
Ce n'est pas très important. L'article I de la Constitution suspendue qui définit la Tunisie comme étant un Etat musulman dont la religion est l'Islam est suffisant à condition qu'on l'applique. On peut, toutefois, ajouter un autre article qui interdit la promulgation de lois qui constituent une offense pour l'Islam. Même Bourguiba a refusé de promulguer une loi qui ne respectait pas de façon incontestable les préceptes de l'Islam, à savoir la loi sur l'héritage. Il n'est pas, donc, nécessaire que la future Constitution stipule que la Charia soit la source de la législation.
Que répondez-vous à ceux qui estiment que Rached Ghannouchi est le véritable dirigeant de la Tunisie actuellement ?
Ces allégations mensongères constituent un mépris pour la révolution et pour un gouvernement issu d'un scrutin démocratique. C'est aussi un mépris pour les partis représentés au sein du gouvernement. Prétendre que je suis l'homme fort de la Tunisie revient à considérer Moncef Marzouki et Mustapaha Ben Jaâfer sont des responsables politiques potiches ou des simples figurants. Cela constitue un affront inacceptable et condamnable.
Pourquoi tenez-vous toujours à qualifier Bourguiba du « premier président déchu » ?
Le fait que Bourguiba ait été un despote est indéniable. De même Bourguiba n'a pas cédé le pouvoir dans le cadre d'une alternance pacifique et démocratique. Il a été déchu par Ben Ali. Dire donc que Bourguiba est le premier président déchu n'est pas une insulte. C'est la réalité.
Ennahdha est souvent accusé de tenir un double discours. Qu'en dites-vous ?
Notre parti ne tient pas un double discours. Ses membres avancent parfois des approches et des visions différentes pour traiter des problèmes polémiques et complexes comme celui du port du Niqab à l'Université.
Que pensez-vous de la ruée des prédicateurs du Moyen-Orient sur la Tunisie et du succès qu'ils rencontrent dans notre pays malgré les « fatwas radicales » qu'ils édictent comme le montre le cas de l'égyptien Wajdi Ghonim qui appelle à l'excision?
Il n'est pas étrange que ces prédicateurs venus du Moyen-Orient rencontrent un grand succès. Après avoir été une forteresse reconnue en matière de sciences théologiques et de la civilisation islamique, la Tunisie est devenue depuis l'indépendance une terre aride dans ce domaine. La mosquée Ezzeïtouna qui a formé jadis les élites algériennes, libyennes et africaines a cessé de jouer ce rôle. Depuis l'indépendance de la Tunisie, les pouvoirs en place ont adopté une politique de destruction systématique des instituions religieuses dans le pays, à commencer par Ezzeïtouna.
Ceux qui disent que la Tunisie n'a pas besoin de prédicateurs moyen-orientaux se trompent. Nous n'avons plus d'oulémas capables de capter l'attention des jeunes.
Voulez-vous que nos jeunes s'intéressent aux discours de Mohamed Talbi ou de Hamadi Rédissi ?
Doit-on ouvrir nos portes à ces prédicateurs venus du Moyen-Orient et appliquer leurs fatwas parfois dangereuses?
On ne peut pas fermer nos portes à ces prédicateurs qui viendront par dizaines, voire par centaines. La nouvelle Tunisie ne peut que souhaiter la bienvenue à tous ses hôtes indépendamment de leurs idéologies. Les islamistes n'ont pas après tout contesté les visites en Tunisie de milliers de porteurs d'autres idéologies et même de certains défenseurs de l'homosexualité. Allons-nous remplir le vide laissé par la destruction de nos prestigieuses institutions religieuses en interdisant les prédicateurs étrangers de fouler le sol tunisien ?
Cela ne veut aucunement dire que nous devons appliquer ou accepter tout ce que ces prédicateurs étrangers racontent.
Il faudrait dans ce cadre redonner vie à nos institutions religieuses afin qu'elles produisent de nouveau des prédicateurs qui auront par la suite pour mission de propager un message religieux purement tunisien et qui se caractérise par sa modération.
Comment expliquez-vous l'apparition de la mouvance salafiste en Tunisie ? Et comment doit-on traiter ce phénomène ?
Bourguiba et Ben Ali qui ont détruit les institutions religieuses tunisiennes et interdit le mouvement Ennahdha pendant plusieurs décennies assument la responsabilité du développement de cette mouvance qui n'est pas homogène. Il faudrait désormais dialoguer avec la frange modérée de la mouvance salafiste notamment en ce qui concerne leur refus de la démocratie. Ce rejet de la démocratie s'explique d'ailleurs par la faiblesse des connaissances religieuses des salafistes et leur lecture erronée des exigences de l'étape actuelle.
Les salafistes djihadistes qui prônent la violence tombent, quant à eux, sous le coup de la loi.
Vous avez estimé il y a quelques mois que « le français pollue la langue arabe ». Ennahdha va-t-elle s'orienter vers l'arabisation de l'enseignement et le rejet de la langue de Molière ?
Les Français sont très attentifs à la pureté de leur langue. Ils ont même promulgué des lois stipulant l'épuration de la langue française des termes anglais. C'est leur droit. Mes déclarations se situaient dans le cadre de l'épuration de la langue arabe des mots étrangers.
Par contre, nous sommes favorables à l'apprentissage du français et des autres langues étrangères qui constituent des fenêtres nous permettant d'avoir des visions sur le monde. Le musulman n'a aucun problème avec les langues étrangères.
Vous citez souvent le modèle turc de l'AKP, mais la Turquie dispose d'une Constitution laïque. Comment peut-on invoquer le modèle turc en Tunisie sans inscrire la laïcité dans la Constitution ?
L'AKP turc s'est inspiré de notre pensée réformatrice pour bâtir un modèle qui a réussi. Nous pouvons tirer profit de cette expérience, mais chaque pays doit garder ses spécificités. La Tunisie qui dispose d'un mouvement religieux réformiste depuis le 19ème siècle n'a pas besoin de la laïcité pour préserver et renforcer les valeurs de la modernité. Elle peut renforcer ces valeurs dans le cadre de l'Islam.
Que pensez-vous des appels lancés par certains activistes politiques pour la constitution d'un gouvernement d'union nationale ?
Primo, le gouvernement en place est un gouvernement d'union nationale et non pas le gouvernement d'Ennahdha. Secundo, le temps qui nous reste est insuffisant pour dissoudre l'actuel gouvernement et mettre en place un autre.
Entretien conduit par Walid KHEFIFI


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