La suspension simultanée de Land'Or et Poulina annonce-t-elle un rachat stratégique ?    Attijari bank célèbre la transmission et les liens intergénérationnels au sein de la diaspora avec une campagne baptisée "يعيش فينا رمضان" à l'occasion du Ramadan 2026    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Afef Ben Mahmoud directrice de la 8e édition du festival Gabès Cinéma Fen    Météo en Tunisie : nuages passagers, vent fort    La Voix de Hind Rajab primé au gala Cinema for Peace à Berlin, Kaouther Ben Hania refuse la récompense    Abderrazek Kéfi, ancien ministre de l'Information, est décédé    Kaïs Saïed félicite les Tunisiens et appelle à l'unité à l'occasion du Ramadan    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Un premier jour de Ramadan marqué par une hausse des températures atteignant 28°C en Tunisie    Imsakia Ramadan 2026 : horaires et l'Imsak et l'Iftar au grand Tunis, Sousse, Sfax, Kairouan et El Kef    Samsung déploie un dispositif d'affichage 3D dans plusieurs villes à travers le monde en amont du Galaxy Unpacked 2026    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Université tunisienne: sortir du fétichisme électoral pour restaurer la compétence    20 dinars : la Banque Centrale introduit un nouveau billet pour les Tunisiens    Ramadan en Tunisie: entre spiritualité et gourmandise (Album photos)    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Lutte contre la spéculation : La viande locale disponible à 42,900 DT dans les points de vente officiels    Ramadan 2026 : Le guide complet du Ministère de la Santé pour un jeûne sans risques    Epson renforce sa gamme de projecteurs 3LCD en Tunisie : performance, innovation et polyvalence au service des professionnels et de l'éducation    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    Où et quand suivre les barrages aller de la Ligue des champions ?    40ème anniversaire du décès du Dr Slimane Ben Slimane : un livre dédié au Comité Tunisien de la Liberté et de la Paix    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    Quart de finale de la Ligue des champions : Les dates clés pour Espérance Tunis contre Al Ahly !    Météo en Tunisie : pluies éparses attendues sur le nord et localement le centre    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    OPPO A6 5G et A6x 5G lancés par OPPO en Tunisie offrant des avantages de performance, de puissance et de fluidité au quotidien    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    Dégradations du VAR : la FTF promet des poursuites et un durcissement disciplinaire    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Pour l'heure, le Pouvoir observe
Récurrences Prêcheurs virulents, radicaux, indomptables et loi du talion
Publié dans Le Temps le 13 - 09 - 2012

L'emploi, la légalité des chances, la réduction de la pauvreté, les fissures du fossé inter-régional, la lutte anti-corruption, la fin du système monocratique sont autant de revendications facteur catalyseur de forte puissance ayant enclenché le mouvement dévastateur qui a balayé sans pitié et sans retour le régime despotique de Ben Ali.
Aujourd'hui et deux ans après la Révolution, les choses prennent une autre tournure, qui faute de prise de conscience salutaire et responsable de la part des gouvernants et opposants, risquent de plonger pour longtemps le pays dans le chaos et l'anarchie.
Le Peuple tunisien a-t-il changé d'ambitions ou a-t-on changé de mue en l'espace d'un an et neuf mois ? Une chose est sûre, la Tunisie est aujourd'hui à la croisée d'une guerre idéologique grave et dangereuse et d'une bipolarisation politique mal contenue. Des sujets désuets sont déterrés dont la polygamie, la place de la femme dans la société, le port du niqab dans les établissements scolaires, la liberté de culte : tout cela refait surface pour faire de la religion et des questions d'ordre spirituel l'axe moteur de la Révolution. Les partis au pouvoir ont-ils dévié des objectifs du peuple ? Les avis se heurtent et se confondent. Et pour le parti qui détient la majorité des places au Gouvernement mais aussi au sein de l'ANC, la devise ou plutôt stratagème devient simple : l'ennemi de mon ami est mon ennemi ou encore l'ami de mon ennemi est mon ami.
D'ailleurs, les observateurs de par le monde se ravisent et changent leur centre d'intérêt à l'égard de la Tunisie postrévolutionnaire et au lieu de s'intéresser aux dossiers socio-économiques, à la transition démocratique et aux questions brûlantes qui touchent les citoyens tunisiens, la presse internationale aux aguets est prompte à tout ce qui touche le pays évoque la montée des mouvements religieux radicaux en Tunisie et sur la nature des relations tissées avec le parti Ennahdha. « En Tunisie, les agitateurs tolérés par le pouvoir », titre le Figaro.fr (dans son édition du samedi 08/09/2012). Et d'ajouter : « Depuis le début de l'année, les islamistes radicaux multiplient les manifestations de rue, les prêches virulents dans les mosquées, les coups de force et les appels au meurtre pour imposer leur loi à Tunis. En toute impunité à chaque fois ». Pubs qui tuent en somme!
Comment peut-on situer l'engagement et le rôle que peuvent jouer les courants politiques, la société civile, les médias et l'opposition et quelle est au juste leur force de persuasion et leur part d'influence tintamarre ?
A priori, l'opposition, n'est pas épargnée. Elle s'implique déjà dans le jeu électoral et capitalise tous ses efforts dans la course au pouvoir. La Société civile fait de son mieux, mais peut quand même s'appliquer mieux et s'impliquer plus encore que de ce qu'elle ne le fasse actuellement. Les médias, eux ils se démènent et se débrouillent comme ils peuvent hors d'un cadre juridique bien défini. D'où la confusion et la course effrénée lancée par le parti au pouvoir pour mettre sous sa coupe la presse nationale.
Or, le secteur traverse aujourd'hui une période cruciale pour son avenir et navigue à vue d'œil sans boussole, faute de cadre juridique approprié et bien défini. On dit que les révolutions fabriquent l'histoire, on dira à juste titre que les médias fabriquent l'événement, le traitent parfois de manière sophistiquée et le propulsent pour en faire un cas majeur et c'est justement à partir de cette donnée fondamentale que ce secteur appelé 4ème pouvoir représente vu son apport stratégique un centre de gravité vers lequel convergent tous les tenants du pouvoir non seulement en Tunisie mais aussi à travers toute la planète pour le soudoyer, l'appâtir et dans l'extrême des cas le domestiquer. Or nos médias sont en train de vivre leur propre révolution vers une mutation attenant à un modèle plus crédible et transparent. Un idéal tant souhaité mais difficile à réaliser dans une conjoncture mêlée d'obstacles et de blocages. Du fait les médias peinent à se relever d'une situation confuse qui ne permet pas de faire émerger des idées neuves et il semble qu'on agisse trop souvent à contrecoups.
Similairement cela s'applique aussi pour nos gouvernants ainsi que pour l'opposition qui doivent à leur tour faire leur propre révolution disons leur propre mutation vers un modèle moins idéologique moins identitaire et politique et qui tienne compte de la réalité et des spécificités du pays et des gens.
D'ailleurs, les partisans d'Ennahdha ont amenté leurs troupes vendredi à la place de la Kasba sous le mouvement informel baptisé « Ekbes » pour exprimer leur colère et jeter leur courroux contre les médias accusés en la circonstance de tous les maux et les accabler de tout le mal qui gangrène et ronge les rouages économiques et sociaux.
Certains haussent le ton tel un fauve blessé hors arène prêt à bondir pour dévorer sur tout ce qui bouge ou sur toute voix ou stylo qui osent s'opposer et dénoncer à leur diktat. Comme aux vieux « mauvais » temps ?. Et au nom de la légitimité, la troïka pense tout se permettre. Comme si le peuple tunisien avait signé un chèque en blanc au gouvernement provisoire ? A-t-on perdu de vue qu'il ya quelle que chose qui s'appelle « un contrat objectif ».
L'heure est au consensus. Il serait faux de penser qu'il existe des recettes miracles, mais faux également de croire qu'il n'y a pas d'alternatives. Il y a des alternatives à explorer, à discuter, cela s'entend démocratiquement bien entendu. Et pour construire ces alternatives il faut engager un débat sincère en se libérant de la propagande, des chamailles médiatiques et des méfiances suspectées de part et d'autre qu'elles soient émanentes du pouvoir, des médias ou de l'opposition. La priorité et l'urgence c'est de stopper cette hémorragie de déchirements et d'invectives qui ne peuvent mener qu'au cataclysme et à notre perte.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.