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Une pensée pour Mohamed Zorgati
Théâtre :
Publié dans Le Temps le 28 - 09 - 2012

Il est des hommes et des femmes qui ont marqué de leur empreinte l'histoire du quatrième art en Tunisie.
Egalement, un bon nombre de livres tunisiens et arabes, notamment ceux écrits par Moncef Charfeddine, leur ont rendu un vibrant hommage largement mérité.
Ils sont plusieurs à avoir servi le théâtre tunisien avec amour et passion .Mais il y a des artistes dramaturges qui émergent du lot. C'est dans ce cadre que nous plaçons Mohamed Abdelaziz Agrebi, Mohamed Lahbib, Brahim Lakoudi, Ali Ben Ayed, Hammouda Maali, Mohsen Ben Abdallah, Jamil El Joudi , Narjess Attia , Mouna Noureddine, Mohamed Darragi , Hamda Ben Tijani et autres Fadhel Jaibi et Jalila Baccar.
Cependant, il existe de vrais militants du théâtre qui n'ont pas eu la reconnaissance qu'ils auraient amplement méritée. Il est vrai que ces artistes ont brillé essentiellement à l'échelle régionale. Là, nous citons particulièrement Khelifa Stambouli, au nom duquel Monastir organise annuellement un festival de théâtre, et Mohamed Zorgati à qui nous consacrons cet article.

Tout d'abord, nous précisons que l'Union théâtrale de Sousse avait organisé, en juillet 2007, à son honneur, des journées des arts du spectacle, alors que la mairie de la Perle du Sahel avait mis sur pied , en décembre 2010, les premières journées Mohamed Zorgati. Or ,ces manifestations culturelles sont restées sans lendemain.

Nous tenons tout d'abord à présenter Mohamed Zorgati à nos lecteurs. Né à Sousse en 1921, il passa par l'école coranique "Trikyia" et le collège de Sousse (actuel lycée Ahmed Noureddine) avant de se retrouver, en 1936, au collège Sadiki. C'est suite à cela, et à partir de 1940, qu'il entama une carrière d'enseignant de la langue arabe dans des établissements du primaire puis dans plusieurs lycées de Tunisie dont le lycée technique de Tunis (ex-Emile Loubet).

Sa passion pour les arts, le théâtre en particulier, débuta alors qu'il avait 11 ans. Il vouait alors une admiration particulière pour le personnage du "fdaoui". Il joua son premier rôle en 1939 aux côtés de la célèbre Fadhila Khitmi. Son amour et son dévouement pour le théâtre vont durer plus d'un demi-siècle.

C'est en 1949 que Si Mohamed fonda l'Union théâtrale de Sousse qu'il a dirigée jusqu'en 1964, ce qui lui a permis de mettre en scène une belle série de pièces dont "Tahrir El Jazaier"(la libération de l'Algérie).

En compagnie de son ami Abdelhafidh Bouraoui , une autre figure emblématique de la culture à Sousse, le défunt a mis sur pied , en juillet 1958 (une année après la proclamation de la république en Tunisie), le fameux carnaval d'Aoussou et le festival de Sousse .

Au cours de la même année, il entama la production, pour la radio tunisienne, d'une émission intitulée" Dounia el masrah"(le monde du théâtre) qui s'intéressait à divers aspects relatifs au quatrième art en Tunisie et à l'étranger . Parallèlement, il enseigna l'art théâtral à plusieurs générations de comédiens et ce, à l'institut national d'arts dramatiques de 1959 à 1964. Parmi ses disciples , nous tenons à citer Moncef Souissi dont l'intervention édifiante, lors de la cérémonie organisée à l'occasion du 40ème jour du décès de M. Zorgati au centre culturel de Sousse, en dit long sur les qualités humaines et pédagogiques de notre dramaturge qui nous quitta le 26 juillet 2005.

Le 4 janvier 1960, Albert Camus, prix Nobel de littérature, meurt dans un accident de voiture. Mohamed Zorgati avait pour collègue au collège un jeune professeur de philosophie et de littérature française. Il lui demande de participer à sa chronique radiophonique et de présenter aux auditeurs le célèbre écrivain ainsi que l'une de ses œuvres théâtrales. Ce jeune collègue avait nom Mohamed Turki, celui-là même qui publiera plus tard un ouvrage à succès intitulé " Abdelaziz Laroui témoin de son temps". Il accéda volontiers au désir de Zorgati et dans trois émissions successives, il présenta l'auteur puis "Caligula » , un drame datant de 1944. Mohamed Turki nous rappelle que Zorgati , dans sa chronique à la radio, était secondé par une jeune assistante qui connaitra, quelques années plus tard, une notoriété bien méritée :nous avons nommé Mouna Noureddine.

De 1963 à 1973, on confia à Si Mohamed la tâche de conseiller théâtral dans les lycées à Tunis et à Sousse. Sur la demande d'Ali Ben Ayed , il adapta en 1963 , pour la troupe de la ville de Tunis (TVT),"L'école des femmes" de Molière .

En 1967, Mohamed Zorgati fonda la troupe théâtrale permanente de Sousse pour laquelle il a mis en scène "Assoultane el hayer"(le sultan inquiet) de Taoufik El Hakim en 1967,"Chams ennahar"(le soleil du jour) du même auteur en 1968, et "Maouta bila koubour"(morts sans sépulture) de Jean Paul Sartre en 1969.

C'est en 1970 qu'il retrouva la direction de l'Union théâtrale et y fut à l'origine de la production de nouvelles œuvres.

Il avait toujours tenu à rendre hommage à ceux et celles qui avaient servi la culture à Sousse et c'est alors qu'il y fut le fondateur et le coordinateur du festival du 20ème siècle (300 créateurs, artistes et hommes de culture avaient été honorés lors de cette manifestation).

Egalement, nous ne pouvons occulter sa participation, en tant qu'acteur, à des feuilletons télévisés et à des films étrangers ainsi que les conférences à thème qu'il avait présentées en Egypte ,en Algérie et en France. D'ailleurs, M. Zorgati avait lié, au long de sa carrière, des amitiés avec des grands noms du monde du théâtre à l'instar du Français Jean Vilar (créateur du festival d'Avignon en 1947) , l'Algérien Kateb Yassine , le Marocain Taieb Seddiki et les Egyptiens Youssef Wahbi, Amina Rizq et Zaki Toulaimet.

En dehors du théâtre, le défunt était doué pour la poésie, ce qui lui a valu le titre de "poète du Ribat".

Mohamed Zorgati était également féru de sport et il avait présidé le Stade Soussien durant une décennie. Il résulte du parcours que nous venons d'exposer, que cet artiste polyvalent a servi son pays et sa ville de la manière la plus fructueuse. Il mérite par conséquent que sa mémoire soit estimée à sa juste valeur.

Nous lançons un appel pressant à la mairie, au commissariat régional et aux associations culturelles de Sousse pour que le nom de ce grand militant de la culture retrouve la place qui lui est due.


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