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Controverses
La date des élections en question
Publié dans Le Temps le 19 - 03 - 2013

«Mustapha Ben Jaâfar a fait avorter le consensus», affirme Issam Chebbi, porte-parole d'Al-Joumhouri
«Seule une loi pourra résoudre les problèmes», prévient Mohamed Hamdi, coordinateur de l'Alliance démocratique
Lors de la dernière session plénière de l'Assemblée Nationale Constituante (ANC), Mustapha Ben Jaâfar, président de la Constituante a pu faire voter une motion fixant le calendrier de l'ANC pour la prochaine période. Elle a été votée par 81 constituants sur les 140 présents. Chose que l'opposition a qualifié de coup de force. Qu'en est-il au juste?
Trois dates de calendrier ont été retenues à savoir le 27 avril 2013 comme date limite pour la préparation du projet de Constitution. Le 8 juillet prochain serait le dernier délai pour la première lecture de la Constitution. Quant aux élections, elles devront se tenir entre le 15 septembre et le 15 décembre prochain. L'opposition a refusé de voter le calendrier argumentant le fait qu'il n'a pas fait l'objet d'un consensus et n'ayant pas fixé une date exacte et précise pour les élections.
Issam Chebbi, porte-parole du parti Républicain (Al-Joumhouri) a déclaré au Temps que « Mustapha Ben Jaâfar a essayé de vider de son sens la revendication de fixer la date des élections de façon précise et par le biais du consensus. De la sorte, il outrepasse les obligations d'un dialogue national nécessaire et pressant revendiqué depuis longtemps. Il a essayé de faire croire aux Tunisiens l'existence d'un consensus sur un calendrier non obligatoire ». Cette position rappelle celle prise avant les élections du 23 octobre lorsque dix partis s'étaient engagés sur une année et au moment de la discussion du projet de loi fondamentale d'organisation provisoire des pouvoirs, il y a eu machine arrière. L'engagement moral et politique avait été occulté. Issam Chebbi, ajoute : « chaque fois qu'il y a une crise on nous avance une date. Hamadi Jebali, avait proposé par écrit dans son programme de Gouvernement la date du 20 mars courant pour les élections. Par la suite, il a parlé du printemps 2013. Mustapha Ben Jaâfar avait parlé de la fin de la préparation du projet de Constitution le 23 Octobre. Une autre date a été avancée, celle de Juin 2013, sans omettre plusieurs autres dates avancées au sein de la Constituante. Ce sont des dates déclarées dans le but d'apaiser les inquiétudes manifestées par l'opinion publique ». Après la formation du Gouvernement, l'opposition s'attendait à ce qu'un accord soit conclu sur une loi fixant la date des élections. Mustapha Ben Jaâfar avait essayé un «premier passage en force ». Les différents groupes s'y sont opposés. « Il a pris de court tout le monde pour annoncer aux médias son calendrier avant de le présenter aux membres de l'ANC », rappelle le porte-parole d'Al-Joumhouri. Après le vote de confiance du Gouvernement, les débats ont repris sur le Règlement intérieur de l'ANC. Les membres de la Constituante ont été hors circuit par la proposition de Ben Jaâfar de voter le calendrier. Issam Chebbi, avait demandé un point d'ordre pour rappeler au président de l'ANC la nécessité d'un engagement officiel par une loi contraignante, avec une date précise qui pourrait être révisée par une majorité des deux tiers. Le bloc démocrate avait présenté un projet de loi dans ce sens. Les choses auraient pu être réglées en une semaine. Le président du groupe Ennahdha avait pris la parole pour dire qu'on ne pouvait pas fixer de façon précise la date des élections et qu'il suffirait tout juste d'envoyer un message à l'opinion publique. Mustapha Ben Jaâfar a pris l'intervention de Sahbi Atig pour un bon signal. Il est passé au vote. Son projet a été approuvé par 81 membres de la Constituante. « Ainsi donc, Mustapha Ben Jaâfar a fait avorter le consensus. La Troïka continue à jongler avec le calendrier. Mustapha Ben Jaâfar assume la responsabilité de la poursuite de la confusion », dit-il. « Le calendrier doit avoir une force de loi».
Mohamed Hamdi, coordinateur de l'Alliance Démocratique et président du bloc démocrate, ne mâche pas ses mots en affirmant au Temps : « nous aurons préféré qu'il s'agisse d'une loi. Il ne faut pas oublier l'engagement moral et politique pris avant les élections du 23 octobre et qui n'a pas été respecté. Seule une loi peut résoudre les problèmes ».
Pourquoi, ne pas attendre la tenue du débat national proposé par l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) pour trouver un consensus sur la date des élections ? Pourquoi ne pas impliquer la prochaine Instance des Elections dans la fixation des échéances électorales ? Ces échéances vont-elles être un objet d'entente ou un sujet de divergences sinon de discorde ?


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