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Le roman noir des violations continue
Liberté d'expression
Publié dans Le Temps le 30 - 08 - 2013

Placés en détention depuis presque une semaine, Mourad Meherzi, caméraman du site d'information en ligne, Astrolab-TV et Nasreddine Shili, réalisateur de cinéma risquent 3 à 5 ans de prison. Ils seront jugés suite à l'affaire du jet d'œuf sur Mahdi Mabrouk, ministre de la Culture.
« L'emprisonnement de Mourad Meherzi et de Nasreddine Shili ainsi que les poursuites judiciaires engagées contre eux reposent sur un arsenal juridique répressif, monté abusivement ce qui rappelle les pratiques de la police l'ancien régime », a annoncé, hier, Ayoub Ghadamsi lors de la conférence de presse tenue au siège du Syndicat National des Journalistes Tunisiens. Assurée par Aymen Rezgui, membre du bureau exécutif du SNJT chargé des libertés et Ahmed Amin Ben Saad, le représentant d'Astrolabe Tv, qui observe une grève de la faim pour demander la libération immédiate et inconditionnelle du cameraman de la chaîne, la conférence de presse été organisée pour « répondre au procureur de la République chargé de cette affaire, lequel n'est pas indépendant », dénonce Aymen Rezgui. « Le ministère public dépend totalement du ministère de la Justice et plus particulièrement de Noureddine B'hiri, conseiller politique d'Ali Laarayedh », ajoute le syndicaliste tout en critiquant la politique adoptée par le gouvernement provisoire dans le domaine. « Répressif à la liberté d'expression, le gouvernement adopte la politique deux poids deux mesures », explique Aymen Rezgui. Et d'enchaîner : « Il réagit très rapidement quand on porte plainte contre les hommes de médias, alors qu'il garde le silence quand les journalistes font l'objet d'agression ».
Accusations montées
Par ailleurs, Aymen Rezgui évoque une autre question « bizarre ». Contrairement aux procédures qui doivent être appliquées, le procureur de la République a publié un communiqué où, il énumère les accusations contre le cameraman et le réalisateur. « Il fallait respecter les procédures et informer tout d'abord leurs avocats », proteste le syndicaliste. Ce qui est encore plus étonnant ; les accusations montées contre Shili et Meherzi. Les accusés n'ont signé aucun PV où ils avouent ce qui a été publié dans le communiqué rendu public récemment », toujours d'après la même source. « Il s'agit là d'une atteinte flagrante aux libertés et à la liberté d'expression », critique Ayoub Ghadamsi.
En fait l'affaire du jet d'œuf sur le ministre de la Culture fait couler encore de l'encre. Mahdi Mabrouk, universitaire et défenseur des droits des migrants, demande à Shili des excuses personnelles pour retirer l'affaire. Mais le réalisateur campe sur sa position. Entretemps, les deux inculpés croupissent dans la prison de Mornaguia en attentant le 5 septembre, date de la première séance, jugée « très en retard ». « Mais cela permet de dévoiler le régime provisoire et surtout d'avoir le soutien des instances nationales et internationales », signale Aymen Rezgui.
Et la société civile ?
D'ailleurs nombreuses sont les structures et les organisations qui ont dénoncé ces pratiques répressives. La Coalition civile pour la défense de la liberté d'expression (CCDFEX) a notamment réclamé « la libération immédiate et l'arrêt des poursuites judiciaires contre le caméraman d'Astrolab-TV et le réalisateur.
Elle considère par ailleurs que « la détention de Mourad Meherzi est une violation caractérisée de la liberté d'exercice de la profession journalistique, une atteinte à la liberté d'expression et une tentative d'intimidation qui vise à empêcher les journalistes d'accomplir leur devoir professionnel ». « L'emprisonnement de Mourad Meherzi et les poursuites judiciaires engagées contre lui reposent sur l'arsenal juridique répressif de l'ancien régime, à l'heure où le gouvernement provisoire continue de refuser l'application du décret-loi N°115 qui énonce, dans ses articles 12 et 13 que «les opinions émises par le journaliste et les informations qu'il est amené à publier ne peuvent constituer un prétexte pour porter atteinte à sa dignité ou à son intégrité physique ou morale » et que « le journaliste ne peut être tenu pour responsable d'une opinion, idée ou information qu'il aura publiée conformément aux usages et déontologie de la profession », attire l'attention la Coalition.
Resserrer les rangs
Ce n'est pas tout. La Coalition dénonce aussi « la volonté de dramatiser cet incident qui a conduit à l'emprisonnement du cinéaste Nasreddine Shili, auteur du jet d'œuf contre le ministre, un geste purement symbolique dont un grand nombre de responsables politiques à travers le monde ont souvent été la cible ». Face à cette situation, elle a lancé un appel à « tous les journalistes et les professionnels des médias à resserrer les rangs, en vue de réduire à néant les efforts visant à contrôler le secteur, à étouffer la liberté d'expression, et à bafouer le droit du citoyen d'accéder à l'information ».
«La Coalition appelle, également, toutes les composantes de la société civile à soutenir les efforts des professionnels des médias, et à redoubler de vigilance pour déjouer les plans dressés par l'alliance des pouvoirs de l'argent et de la politique pour mettre la main sur le secteur de l'information, ce qui risque de mettre en péril le processus de transition démocratique »


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