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En compagnie du talentueux Dhahri
20ème édition de l'Octobre Musical
Publié dans Le Temps le 20 - 10 - 2013

Aimez-vous Walid Dhahri ? Si la question vous rappelle curieusement le titre du livre de Françoise Sagan, « Aimez-vous Brahms ? », nous serons unanimes à dire que nous aimons Walid Dhahri ou plutôt la musique que joue Dhahri après l'avoir vu se produire sur la scène de la 20ème édition de l'Acropolium, le vendredi 18 octobre dernier. En un peu plus d'une heure, en solo, l'artiste a envahi l'espace d'une musique douce et pénétrante s'échappant de son instrument de prédilection : la guitare.
Sous le regard attentif d'un large public, Walid Dhahri a fait son entrée sous les applaudissements. Décontracté, il a pris place et a plongé la salle de prime abord dans la profondeur et la délicatesse de la musique classique. Les pincements de cordes sur la guitare ont laissé échapper des phrasés mélodieux qui ont bercé l'oreille des mélomanes. Dès les premières notes, l'assistance était conquise par l'interprétation juste certes mais dotée d'une grande sensibilité.
Le programme riche a revisité l'œuvre de compositeurs du XIXème et du XXème siècle. L'artiste a emmené son public dans une promenade à travers le temps et l'espace. De l'Espagne au Paraguay, de l'Italie en Tchéquie, en passant par l'Autriche et La Tunisie, Walid Dhahri a offert un panel musical foisonnant. Sous ses doigts, variations et mouvements se sont succédé avec une maîtrise parfaite et une émotivité à faire chavirer les plus récalcitrants.
D'une composition à l'autre, peu à peu, un monde à l'esthétique implacable s'est profilé que les convives ont traversé au seul son de la guitare. A travers les œuvres de Sor, Guiliani, Paganini, Martz, Arcas, Barrios Rak et Dyens, le guitariste a rendu hommage à des virtuoses disparus soient-ils ou encore vivants. Dans un ordre chronologique, le récital a débuté par une introduction et variations sur un thème de Mozart de Fernando Sor et s'est achevé par un « Tango en Skai » du compositeur franco-tunisien Roland Dyens. Une procession qui permit une ballade des plus agréables entre les mouvements et une entrée plus aisée dans la visite temporelle.
Quatre années se sont écoulées depuis le dernier passage de Walid Dhahri sur la scène de l'Acropolium. Quatre années lors desquelles, l'artiste a voyagé et s'est produit essentiellement en Suisse et en France. De ces voyages, il est revenu plus confiant, jouissant d'un jeu plus affirmé et d'une aisance plaisante sur scène. Le talent n'a rien perdu de son panache, il a été renforcé au contact de guitaristes confirmés tels que Anne Gibisier.
Pour cette 20ème édition, Walid Dhahri a été le virtuose en solo qui a su maintenir en haleine les dizaines de personnes venues se délecter de grande musique dans le cadre de l'Octobre Musical. Son interprétation juste et sa sensibilité à l'égard de la partition (les mimiques qui accompagnaient son jeu montraient sa totale immersion dans la musique) font de lui un artiste confirmé, l'espoir de l'avenir dans la sphère classique en Tunisie. Habité par la musique, il a su en transmettre les nuances et les couleurs pour le plus grand plaisir des curieux et des mélomanes, des professionnels et des profanes…


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