Au-delà des slogans, où en sommes-nous des problèmes des jeunes ? «Investir dans la jeunesse», encore un autre slogan pimpant et dans l'air du temps qui montrera une fois de plus que le programme de développement des Nations –Unis nous veut du bien. Que demande le peuple ! Le programme lancera « il s'agit d'organiser des manifestations dans des pays du monde pour mettre l'accent sur la nécessité de répondre aux besoins des jeunes et leurs attentes, et les considérer comme base essentielle de tout développement global. » Voilà. On en est édifié. Le programme qui sera suivi par tous les pays du monde membres de l'ONU seront donc appelés à prendre en ligne de compte les jeunes dans leurs stratégies de développement respectives. Il est à rappeler que ce programme est célébré depuis 1989, histoire de garder dans les mémoires la date du 11 juillet 1987 lorsque le nombre de la population mondiale a atteint 5 milliards d'individus. Depuis cette date, les citoyens du monde, les jeunes notamment ont-ils vu leur situation s'améliorer ?qu'est-ce qui a été fait dans la pratique pour venir à leur aide ? Rien sinon quelques manifestations du genre ‘'Trois petits tours et puis s'en vont'' qui passent sans laisser de traces dans les esprits et sans pour autant donner de réelles solutions qui font suivre les paroles par des actes. Les manifestations en question et qui s'organisent ici et là ne traitent pas au final de la question dans sa profondeur. Car si problème des jeunes il y a, cela relève de la responsabilité de l'Etat de le résoudre selon ses propres valeurs et normes sociales. S'agissant de la jeunesse tunisienne, il y a lieu de remarquer qu'elle suit comme jamais le programme d'abrutissement des masses et d'abêtissement déjà installé depuis Ben Ali et qui aujourd'hui prend des allures révolutionnaires. Le droit de liberté donnée à la jeunesse se traduit sous nos cieux par des slogans lancés par les apôtres de l'imprudence et de la dépravation, ‘'Sayeb Zatla'', (laissez circuler le cannabis) ou encore ‘'Tayah in love'' ( jargon voulant dire tomber amoureux). On se rappelle bien de la campagne médiatique de soutien à ‘'Amina Femen'' qui au nom d'une liberté fallacieuse a posé buste nu. Pour le cas du blogueur Aziz Amami, détenu pour une affaire de drogue les médias s'en sont donné à cœur joie pour défendre l'injuste cause ! Et bien entendu, on traitera d'invectives moralisantes toutes les tribunes qui s'indignent de la couverture médiatique d'une affaire qui kiffe bien l'immoralité. La jeunesse tunisienne trouve ses faux-repères dans le confort des tribunes de la débauche, qui trouvent un écho favorable à travers des réseaux sociaux ou des médias, qui aujourd'hui valent bien l'appellation polémique d'''Ilam il ar'' (médias de la honte ). La culture du laisser faire et du laisser aller des apôtres du dévergondage a créé une jeunesse apathique, qui ne fait le héros que derrière un poste d'ordinateur et se ménage des moments de détente devant le poste de télévision à regarder des programmes de pacotille. La jeunesse tunisienne au-delà des statistiques sur le chômage, la marginalisation, le taux d'analphabétisme, est aujourd'hui vide d'esprit tant spirituellement qu'intellectuellement. La jeunesse tunisienne, pour tout dire, est sans repères, livrée à elle-même aussi bien dans le cadre familial avec des parents abonnés absents de l'éducation de leurs enfants et à l'école où l'enseignement perd de son aura. Des jeunes à qui il demeure facile de vendre des illusions et à qui la notion du gain facile d'argent trouve son compte dans des émissions de télévision et des jeux radiophoniques et de presse écrite qui vendent le simulacre de la richesse sans le travail. Dans le pire des cas la jeunesse tunisienne serait tentée par d'autres cieux, bien meilleurs des nôtres, dans l'autre rive de la Méditerranée là où des ‘'Harragas'' se lancent dans l'inconnu. La manifestation « investir dans la jeunesse » dans sa branche tunisienne est organisée par l'Office national de la famille et de la population qui prévoit des rencontres un peu partout en Tunisie pour sensibiliser les jeunes sur des problèmes pouvant les concerner comme les maladies sexuellement transmissibles, la drogue, le tabagisme et les troubles du comportement nutritionnel, sans oublier la prévention des grossesses indésirées. Les espaces ''amis des jeunes ‘' ouvriront leurs portes pour accueillir des organisations de la société civile et gouvernementales ainsi que des intellectuels, lesquels animeront des rencontres avec les jeunes tunisiens. Enjoy.