La Commission d'Appel de la Fédération Tunisienne de Football a décidé mardi de maintenir quasiment toutes les sanctions prononcées à l'encontre des joueurs de l'Etoile Sportive du Sahel et du Club Sportif Sfaxien qui ont fait suite aux incidents de la finale de la Coupe de Tunisie 2013-2014. Ainsi, le joueur étoilé Issam Jebali voit sa sanction être ramenée de quatre à trois rencontres. Dans le camp sfaxien, le gardien de but remplaçant Mohamed Hedi Gaaloul a été innocenté, alors que le dirigeant Hassene Chaabane sera suspendu cinq rencontres seulement (contre 12 mois précédemment). Voici la nouvelle liste des sanctions : .ESS : Marouane Tej : 6 rencontres de suspension et 1000 Dinars d'amende Gazi Abderrazak, Alaya Brigui, Hamdi Nagguez et Aymen Trabelsi : 4 rencontres de suspension et 1000 Dinars d'amende Issam Jebali : 3 rencontres de suspension et 1000 Dinars d'amende Etoile du Sahel : 2000 Dinars d'amende à cause des fumigènes .CSS : Hassene Chaabane (dirigeant) : 5 matches de suspension et 3000 Dinars d'amende Ahmed Ammar et Wassim Kammoun : 4 rencontres de suspension et 1000 Dinars d'amende Ali Maaloul : 3 rencontres de suspension et 1000 Dinars d'amende Club Sportif Sfaxien : 1000 Dinars d'amende à cause des fumigènes L'art de transformer l'agresseur en victime ! En rendant sa décision en appel interjeté par les deux parties plaignantes (ESS & CSS) la commission d'appel de la FTF semble avoir oublié totalement les vertus de l'équité de l'impartialité voire même la raison. Ce qui est nous place déjà dans une situation de suspicion légitime passible également devant les tribunaux de l'ordre administratif .C'est dire si une fois de plus, les instances fédérales n'ont pas retenu les leçons des erreurs du passé. En effet, en revoyant à la baisse les sanctions infligées d'un seul côté (CSS) tout en prenant le soin de revoir également celle d'un seul joueur exclu entre-temps et négliger de l'autre la requête des dirigeants étoilés, la commission d'appel de la FTF a fait preuve pour le moins que l'on puisse dire d'un total manque de discernement. En effet, en répondant à un appel (celui du CSS) sans tenir compte des allégations fournies par l'autre partie (ESS) prouve au besoin l'iniquité de cette décision tant sur la forme que sur le fond. De fait comment peut-il en être autrement quand en se basant sur le film des événements fourni par la Télévision nationale (Chaîne 1), il est clair qu'il y avait un agresseur et une victime (aux juges d'identifier les deux) sauf qu'en transformant ( au vu du film) l'agresseur en victime (et inversement vrai) pour en infliger inéquitablement des sanctions, nos « doctes juristes » ont fait preuve d'une sorte de myopie intellectuelle de nature même à « dénaturer les faits » ce qui est en soi grave, car faut-il le rappeler est un moyen de cassation direct. En effet, comment oses-t-on réduire la peine d'un dirigeant qui agresse (au vu de tous) un joueur adverse d'une année de suspension à quelques cinq matches ? Et la morale dans tout cela chers doctes-juristes ? Sur quelle base s'est-elle fondée la dite commission pour réduire la peine d'un certain Issam Jebali (ESS) qui plus est inactif pour ne pas dire exclu du groupe opérationnel ? Est-ce par acquis de conscience ou simplement pour « faire bien » et exhiber son sens de l'équité ? Quant à la forme, nous ne pouvons qu'être surpris une fois de plus , qu'après maints atermoiements et hésitations, on décide de « rendre justice la veille d'un autre affrontement entre les deux plaignants ». Là aussi, on ne peut qu'être étonné du choix de date bref d'un timing suspect là encore. Bref, quand le bon sens, l'impartialité et surtout le manque de discernement et de base légale font cruellement défaut à une décision de justice cela s'identifie à un cas de suspicion légitime. Pauvre justice.